Ce qu’Amazon sait de ses lecteurs

Amazon

 

Le superbe The Guardian, journal anglais qui porte une attention soutenu au livre numérique, publiait récemment un article de l’un de ses collaborateurs spécialisés en technologie à propos de toutes les données qu’Amazon amasse sur ses lecteurs.

Kari Paul profitant d’une toute nouvelle loi californienne protégeant la vie privée a demandé à Amazon de lui donner accès à toutes les données que l’entreprise avait accumulées sur lui.

En dehors des fichiers attendus : historique d’achats, adresses de facturation et d’envoi, etc., il a également déniché deux fichiers Excels de 20 000 lignes chacun, détaillant avec minutie ses habitudes de lecture sur l’application Kindle installée sur son iPhone.

Par exemple le moment exact où il a commencé à lire un livre précis et celui où il s’est arrêté. Chaque période de lecture sur chaque livre est ainsi soigneusement consignée de même que les passages soulignés et ceux copiés sur le clipboard du iPhone ou même les recours au dictionnaire de Kindle.

Inutile pour le fonctionnement de l’application, cette masse de données, additionnée à celles d’autres lecteurs et soumise à des algorithmes de corrélation peut donner des résultats que l’individu normal est incapable de prévoir et comprendre souligne Kari Paul. D’où le danger à laisser aller ce type de pratique sans l’encadrer peut-on conclure.

Entrevue avec Maia Sylba, éditrice de Musetouch

Musetouch 1

 

Musetouch, webzine sophistiqué d’arts visuels existe depuis 10 ans. Nous y avons consacré un article récemment.

À chaque édition Musetouch trouve le moyen de surprendre avec des images d’une extraordinaire beauté créées par des artistes hors du commun. Après un hiatus de quatre ans, le webzine redémarre et son éditrice, Maia Sylba, nous a gentiment expliqué le fonctionnement de sa publication qui se distingue dans l’univers des magazines numérique par sa longévité, son élégance et ses nombreux fans.

 

Mammouth numérique (MN) : Quand avez-vous publié Musetouch pour la première fois?

Maia Sylba (MS) : la première édition est parue en 2010, le 22 août pour être précis. C’était une sorte de publication expérimentale, je n’étais pas certaine moi-même de ce que je voulais faire ni de quelle manière présenter mes objectifs et mes rêves aux usagers. Au final tout s’est bien passé. Les usagers étaient ravis.

MN : D’où est venue l’idée de créer un magazine sur les arts visuels?

MS : Je ne l’ai pas planifié du tout. Ça s’est produit d’une façon un peu étrange, sans réelle intervention de ma part. Un jour sur Internet, j’ai rencontré un peintre et artiste qui semblait attiré par mon prénom. Il disait le trouver à la fois simple et court, mais également signifiant. Il m’a demandé mon autorisation pour lancer des groupes d’arts sur Facebook en usant de mon prénom. La démarche paraissait intéressante, j’ai dit oui. Il a lancé une ‘Art Gallery Maia’, ’Maia In The World’, ’Maia Art Community’ et d’autres encore. Il m’a confié un rôle d’administrateur dans chacune de ces nouvelles communautés. Je n’y prêtais pas une attention particulière, mais les usagers ont commencé à m’écrire, les artistes à me demander mon opinion à propos de leurs oeuvres et de cette manière improvisée, j’ai rencontré virtuellement à travers le monde de nombreux artistes qui sont devenus des amis à travers les années. Mon frère Dejan suggéra à un moment donné que je lance une forme de magazine qui serait consacré aux arts; à la peinture, à la sculpture à la photographie et à l’illustration avant tout. J’ai demandé à certains de mes amis s’ils souhaiteraient publier les œuvres et la réception fut excellente. De cette manière, j’ai créé la première édition, rassemblant sept artistes qui étaient tous des amis.

MN : La nouvelle parution de Musetouch en est une titanesque, et très généreuse. Pourquoi une telle ampleur?

MS : À cause de problèmes de santé dans ma famille, je n’ai rien publié durant quatre années. La nouvelle édition se nomme justement « Musetouch Resurrection ». Je crois que j’étais redevable à nos fans, à nos publics, aussi je désirais quelque chose d’énorme et ce numéro inclut 20 artistes et contiens quelque 1662 pages. Il s’agit en quelque sorte de mon cadeau à nos publics et une manière d’annoncer à tous que nous sommes de retour. À partir du mois prochain, Musetouch sera publié à chaque deux mois avec environ 500 pages par numéro.

MN : MuseTouch a d’abord été publié à l’origine sur Issuu puis en format PDF. Qu’est-ce qui a amené ce changement?

MS : Au début nous ignorions totalement sous quelle forme publier en ligne. Mon frère est un expert en ce qui concerne Internet et ses possibilités. Il a mis de l’avant l’idée de publier sur Issuu qui à l’époque était une plateforme de publication gratuite. Nous nous sommes conformés à leurs normes et avons créé ce premier numéro dont la forme première était en PDF de toute façon. Il était possible alors de lire en ligne ou de télécharger le webzine en PDF. Nous avons conservé ce même principe qui permet aux usagers de lire MuseTouch en ligne, sur leur téléphone ou sur leur ordinateur.

MN : Croyez-vous que l’EPUB offre une expérience de lecture qualitativement concurrentielle?

MS : Oui, mais nous restons quand même fidèles au PDF. Nos usagers aiment l’idée de tourner les pages en ligne. La plupart d’entre eux n’ont jamais vu quelque chose comme ça, ils apprécient beaucoup l’expérience et nous nous ajustons simplement à leurs réactions.

MN : Musetouch compte combien d’usagers en ce moment?

MS : Le site Web officiel de Musetouch reçoit environ 500 000 visites par mois. En ce qui a trait aux médias sociaux, nous avons environ 800 000 fans sur Facebook et 15 000 sur Pinterest. Je dois admettre que je n’avais jusqu’ici porté que peu d’attention à Instagram, mais j’ai commencé récemment à y publier et la réception est bonne. Cependant avoir autant de fans sur Instagram que sur Facebook va demander du temps. J’ai cependant la patience et la persistance qu’il faut.

MN : Quel est le modèle d’affaires de Musetouch?

MS : Nous n’avons jamais vraiment eu de modèle d’affaires. Je suis la créatrice de tout ce que vous voyez et entendez à propos de Musetouch et mon frère s’occupe des aspects techniques. S’il faut aborder le sujet du modèle d’affaires, je dois avouer que je n’en ai simplement aucun. Je ne suis pas une professionnelle qui calcule. Je suis une personne sensible aux émotions et ainsi, après 10 années à oeuvrer sur Musetouch, je continue à voir ce travail comme un jeu où je m’amuse comme une enfant. Je crois que cet aspect ludique est également perçu et apprécié par les lecteurs de Musetouch.

MN : Comment le webzine est-il publicisé?

MS : Je n’ai jamais publicisé Musetouch. Les gens sont simplement venus, de manière spontanée. Ils ont vu sur les réseaux sociaux des publications à propos de Musetouch de la part de leurs amis, de leurs proches, des gens en qui ils avaient confiance et qui étaient ravis de leur expérience avec le webzine. Ainsi ils se sont liés avec notre page Facebook, ils se sont mis à fréquenter le site Web et ils ont été captivés de plus en plus par l’approche globale. Ils le sont encore aujourd’hui.

 MN : À votre avis, qu’est-ce qui pourrait convaincre des usagers de payer pour un webzine d’art?

 MS : L’imagination d’abord et avant tout. Les gens reconnaissent ce qui est vraiment imaginatif et c’est pour moi la recette du succès. Les usagers le sentent également lorsque le créateur s’investit profondément dans son projet, dans ce cas-ci, un webzine artistique. Les usagers sentent que j’adore l’art, que j’ai pour l’art une réelle passion que je leur communique de manière personnelle, que ce soit mes impressions à propos des artistes dont nous publions le travail ou de leurs œuvres. Ils peuvent voir et sentir que je suis absolument convaincue à propos de tout ce que je publie et partage avec eux et voilà pourquoi ils me suivent. C’est aussi simple que ça.

Quoique nous n’ayons jamais tarifé Musetouch, qui a toujours été gratuit, je suis certaine que les usagers paieraient si nous leur demandions. Mais je préfère les laisser payer ce qu’ils croient que nous méritons avec des dons, s’ils se sentent l’envie de le faire.

MN : Est-ce difficile de convaincre des annonceurs de soutenir le projet?

MS : De ce que j’ai pu entendre, ça paraît effectivement difficile. Mais je n’ai jamais essayé. Je publie un peu de publicité pour certaines galeries d’art et quelques artistes. Mais ce sont des gens qui sont des amis et qui aident Musetouch avec leur art et leur support moral. Je leur consacre donc des pages pour les aider. À ce jour nous n’avons jamais eu une publicité qui nous a été achetée. Nous avons viens sûr une section du site Web consacrée à la publicité, mais jusqu’ici, je ne me suis jamais décidé à en publier.

J’aime me consacrer à l’art et la publicité donnerait un aspect commercial au webzine ce que je tente d’éviter par tous les moyens.

 MN : Avez-vous été en mesure de conserver votre équipe créative à travers les hauts et les bas d’une entreprise d’édition numérique?

MS : Oui, j’ai réussi. Les gens croient souvent qu’il y a cent personnes derrière tout le travail fait, ce qui est habituellement le cas pour des magazines comparables. Mais en ce qui concerne Musetouch, l’équipe consiste en mon frère, qui à charge de tous les aspects techniques, et moi qui s’occupe du contenu, qui repère les artistes, et les contacte, assure les entrevues avec eux, produit la couverture et les slogans, etc. Musetouch c’est moi et je suis Musetouch.

Il y a eu bien sûr des moments très difficiles, surtout en ce qui concerne l’aspect financier puisque je paie toutes les dépenses en travaillant comme designer et développeur Web. Les choses ont été particulièrement ardues dans les dernières à cause de problèmes de santé dans ma famille. Mais avec leurs généreuses contributions, des usagers ont maintenu le webzine à flot. Pour la première fois dans ma vie, je ne me sens pas seule dans ce travail. Je peux compter sur de nombreux amis qui sont en quelque sorte des mécènes et des VIP de la famille Musetouch.

 Lorsque quelqu’un vous donne une partie de ses propres revenus pour aider à réaliser vos rêves, cette personne mérite tout et je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir afin de ne pas laisser tomber cet ami qui a donné au webzine. Peu importe le montant, grand ou petit, pour moi chaque don est une bénédiction et une grande aide à ma cause; l’existence de Musetouch magazine d’arts visuels, ma vie, mon rêve, mon tout.

MN : Croyez-vous que l’édition numérique a un futur?

MS : J’en suis certaine. Malheureusement, avec le temps, l’édition papier va disparaître. De plus en plus de magazines et journaux, même de gigantesques comme The Guardian se mettent au format numérique parce que c’est l’avenir de l’édition, soyons franc. Quoique je me fasse régulièrement questionner à propos d’une éventuelle édition papier pour Musetouch. Nous entrons dans une ère numérique, l’avenir est littéralement en ligne, mais nous demeurons nostalgiques.

 MN : Où est-ce que vous vous voyez dans cinq ans?

MS : Je me vois travailler sur Musetouch. C’est mon plus grand souhait. En plus de continuer à parler à nos fans, à ceux que je considère des amis, et profiter enfin du partage avec eux de tout ce que je trouve intéressant, beau et mystérieux. Je vis au jour le jour, je tente de donner ce que j’ai de mieux afin d’inspirer, de découvrir de nouveaux talents, d’en ramener d’autres dans l’œil du public, d‘être enfin pour les usagers une Muse. Et les jours vont passer et s’en aller de cette manière. Je ne pense pas à propos de l’avenir. Je m’amuse et c’est une sensation magnifique.

 

Patreon et autres: transformer les fans en mécènes

Patreon

Patreon est loin d’être une nouveauté, mais dans le monde de l’édition, plusieurs ignorent encore ce type de plateformes qui permet aux artistes de financer leur travail créatif par les donations de leurs fans sur une base mensuelle.

Chaque créateur ménage plusieurs niveaux de donations mensuelles pour ses fidèles, chaque niveau donnant droit à des « récompenses » différentes. Il y a évidemment des auteurs sur Patreon. La plateforme a différentes sections pour les podcasters, artistes en arts visuels, écrivains et journalistes, créateurs de jeux et il y a même une section pour ceux qui créent des produits éducatifs.

Parmi le groupe des journalistes et écrivains, Gaslit Nation est sans doute la plus connue des offres actuellement existantes sur Patreon. Ce qui contribue évidemment, vu leur succès, à mettre à l’abri des pressions politiques les deux journalistes qui animent cette série de podcasts.

Mis sur pied par Jack Conte et Sam Yam, respectivement musicien et programmeur, Patreon se distingue d’autres sites de financement participatif comme Kickstarter par l’établissement d’une communauté de relations continues entre l’artiste et ses fans qu’elle transforme en autant de mécènes.

Il va de soi que pour que le processus fonctionne, il faut qu’un créateur possède au démarrage une solide base de fans. Dans la foulée de Patreon, d’autres plateformes similaires ont vu le jour, avec des variantes. Par exemple Ko-Fi où le mécène peut offrir un nombre plus ou moins grand de cafés à l’artiste qu’il supporte en échange de récompenses.

Pour l’instant et en excluant les plateformes basées sur les cryptomonnaies, Ko-Fi et Patreon demeurent de loin les propositions les plus efficaces offrent aux artistes pour espérer vivre d’une relation suivie avec ses fans devenus mécènes.

 

Parution prochaine de l’entrevue avec Maia Sylba, éditrice de Musetouch

Musetouch menu

Le 7 avril à 7 heures du matin (13 heures à Paris) pour être précis.

Madame Sylba nous a accordé une entrevue sur le fonctionnement de son magazine numérique qui a comme particularités sa dévotion à l’art, sa beauté, sa longévité, et ses très nombreux fans.

Elle nous parle notamment de son  dernier numéro exceptionnel qui réunit les oeuvres de pas moins de vingt artistes.

À découvrir et à lire le 7 avril!

L’Europe veut une plateforme de diffusion numérique pour l’édition scientifique

F1000

Souligné par le webzine InfoDocket : la Commission Européenne vient d’accorder un contrat à l’entreprise F1000, une compagnie anglaise spécialisée dans la création de solutions novatrices pour le partage de la recherche scientifique.

Le mandat accordé vise à mettre sur pied d’ici le début de 2021(!!!) une plateforme numérique de distribution et de diffusion des articles scientifiques produits par les programmes de recherches scientifiques financés par la Communauté européenne et réunis sous la bannière Horizon 2020

 

Parution prochaine de l’entrevue avec Maia Sylba, éditrice de Musetouch

https://musetouch.orgMusetouch menu

Le 7 avril à 7 heures du matin (13 heures à Paris) pour être précis.

Madame Sylba nous a accordé une entrevue sur le fonctionnement de son magazine numérique qui a comme particularités sa dévotion à l’art, sa beauté, sa longévité, et ses très nombreux fans.

Elle nous parle notamment de son  dernier numéro exceptionnel qui réunit les oeuvres de pas moins de vingt artistes.

À découvrir et à lire le 7 avril!

 

Écrire devient un luxe

Dirty Secret

Nous avons récemment publié un article sur les coûts imposés aux auteurs par certaines activités pourtant indispensables comme participer à des conférences.

 

Un article publié fin février dans The Guardian et repris en français par ActuaLitté, intitulé: ‘A dirty secret: you can only be a writer if you can afford itpose sans ambages que l’écriture est dorénavant un luxe réservé à ceux qui peuvent se le payer. L’autrice, Lynn Steger Strong mentionne que le revenu médian des auteurs/trices américain(e)s; 6, 080,00 $ US (5449.50 euros ou 8 229,00 $ Can.) en 2017 représentait une baisse considérable par rapport aux 10 500,00 $ US (9411.14 euros ou 14 211,00 $ Can.) de 2009 (et ce, sans tenir compte de l’inflation).

Madame Steger Strong souligne dans son analyse que pour écrire l’auteur ou l’autrice doit disposer de revenus confortables, d’un héritage ou du support financier indéfectible de ses proches, en particulier si l’auteur a aussi des enfants. Écrire coûte très cher parce que ça demande du temps. Faute de support financier extérieur, il faut pouvoir profiter d’un emploi à horaire flexible suffisamment rémunérateur pour laisser à la création deux jours par semaine du lundi au vendredi, afin de travailler à l’écriture.

Ce qui nous amène à nous demander; dans une industrie le livre, où absolument tout se calcule du coût d’impression du livre et du graphisme, au coût la distribution et de la publicité en passant par le coût de l’espace occupé par un titre sur les étagères des librairies, etc.; pourquoi les auteurs et les autrices n’évaluent pas le coût de leurs efforts?

Pourquoi doivent-ils toujours penser en terme de gratuité et d’amour de l’art alors qu’ils sont les seuls à le faire? Le salaire horaire moyen en France, selon l’INSEE et tel que rapporté par Articque s’établit à 12,8 euros (soit 19,32 $ Can.).

Supposons un auteur qui travaille trois jours semaine, juste assez pour se maintenir à flot vis-à-vis le paiement du loyer, l’épicerie, les charges. Bref, le créateur en question réussit dans une année à consacrer 350 heures à son travail d’écrivain.

Ce qui fait un investissement de 4 480 euros (6 765 $ Can.) dans son projet de livre. Au tarif horaire médian bien sûr. Maintenant, quelles sont les chances de cet auteur de récupérer les coûts de son investissement? Ou même la moitié?

À peu près nulles. Ce tableau infographique publié par ActuaLitté en 2016 montre qu’en 2013, 101 600 auteurs avaient reçu une forme de rémunération pour leur travail d’écrivains. Le chiffre n’inclut évidemment pas les auteurs n’ayant rien reçu. Parmi les 101 600, 5 000 d’entre eux ( un peu moins de 5%) avaient gagné suffisamment; 8 649 euros (13,060,00 $ Can.) et plus, pour devenir affiliés à l’Agessa qui gère le volet sécurité sociale des auteurs.

Est-ce que l’effort littéraire devrait se limiter à la comptabilité? Non bien sûr, mais il devrait l’inclure. L’écriture est un travail à très haut risque sur le plan financier et il n’est pas certain que la satisfaction de créer quelque chose compense pour les déceptions de ne pas voir son livre publié, ou de le savoir négligé par son éditeur, de savoir qu’à peine deux ou trois douzaines de copies se sont vendues ou que le livre créé avec tant de peines a eu droit de cité sur les rayons des librairies pendant 10 jours avant d’être remplacé par un autre. Pour que son existence soit justifiée, le livre demande le regard des autres, le regard des lecteurs. Nous voulons dire par là, plus que deux ou trois douzaines de ces lecteurs. Et trop souvent les publications passent de l’imprimerie au pilon sans ce regard.