Google édite des livres interactifs

Écran Kiss the screen

Le Google Creative Lab s’est allié à la maison anglaise Visual Editions

visual-editions.com

pour créer Editions at Play,

https://editionsatplay.withgoogle.com/#!

une boite qui conçoit et produit de véritables livres interactifs en format applicatif.

Dont la dernière mouture, Kiss The Screen, vient de sortir. Les livres de Editions at Play ont pour ambition de relever le défi de la littérature interactive dans la fiction pour adulte : est-elle possible ou pas? Un énorme défi et aux lecteurs / usagers de juger des résultats. Une dizaine de livres pour iPhone sont déjà sortis. Comme on peut le voir ici, le modèle de Kiss The Screen offre le schéma le plus fréquent pour un concept interactif : l’usager choisit de manière aléatoire ce qu’il va lire.

Pour épicer la chose Kiss The Screen lui offre par la suite d’imprimer la version qu’il a lue. Un même usager peut donc « produire » plusieurs versions différentes du même contenu selon le parcours choisi. Le temps approximatif de lecture est indiqué pour chaque livre. Pour rassurer l‘usager peut-être?

écran Editions at Play

 

Les gains des auteurs : en baisse historique ou en hausse???

Encore un exemple de situation où les chiffres abondent sans qu’il soit possible de savoir quel est le portrait réel. Une étude (écho à plusieurs autres) démontre que les revenus des auteurs sont apparemment en baisse historique.

https://www.theguardian.com/books/2019/jan/08/crashing-author-earnings-threaten-future-of-american-literature

Pourtant une autrice et fine analyste du milieu de l’édition indépendante avance exactement le contraire à partir des mêmes chiffres :

https://www.janefriedman.com/author-income-surveys

1024px-Petty1648DoubleWritingTitlePage

Double Writing by William Petty (1648)

 

Qu’en est-il a juste?

En début d’année The Guardian, qui suit de près l’évolution de l’édition, rapporte les conclusions catastrophistes, d’une enquête en profondeur menée par la Authors Guilde américaine auprès de ses membres durant l’année 2018. On peut trouver cette enquête ici : https://bit.ly/2HuzlKK

Pour citer The Guardian, les conclusions de l’étude offrent un portrait global described as “a crisis of epic proportions” – particularly for full-time literary writers, who are “on the verge of extinction”.

De 2009 à 2017, les revenus des auteurs auraient subi une baisse de 42% pour atteindre le plancher de 6,080,00 $ US (5 400,00 euros). Les auteurs de fiction littéraire seraient plus sévèrement touchés encore durant la même période avec une baisse de plus de 50% du revenu médian situé désormais à 3 100,00 $ US (2 753,00 euros) en 2017.

Les seuls à profiter d’un succès relatif : les auteurs autopubliés qui de 2013 à 2017 voient leurs revenus augmenter de 98% mais obtiennent toujours 58% de moins que leurs collègues publiés par des maisons d’édition.

On peut difficilement brosser un tableau plus sombre. L’étude semble rigoureuse et plus de 5 000 auteurs y ont participé.

Jane Friedman conteste les conclusions de l’étude néanmoins. En y mettant les détails.

Pour notre propos, l’intérêt de sa démonstration repose sur ce qu’il n’y a pas dans l’enquête de l’Authors Guild. Par exemple des catégories clairement définies comme :

– Les auteurs dont 50% et + du revenu provient de l’écriture

– Les auteurs professionnels dont plus de 50% du temps est dédié à l’écriture.

Jane Friedman souligne que les enquêtes sur les revenus des auteurs peuvent inclure n’importe quelle personne qui se définit comme auteur. Elle cite une étude similaire où les répondants appartiennent à des catégories professionnelles aussi variées que : teachers, journalists, author-illustrators, poets, translators, scriptwriters, academics, playwrights, and comedians.

L’absence de catégories ou le manque de clarté dans la définition de catégories nuisent évidemment à la validité de résultats, quels qu’ils soient. Reprenant les conclusions de l’étude, Jane Friedman précise : Median income for full-time published authors, once you remove the people reporting nothing at all, was $20,857. In fact, despite the focus of the study conclusions, full-time authors saw their median income rise 13 percent since 2013, and romance/romantic suspense authors also saw gains.

Friedman livre enfin un plaidoyer pour la création d’une méthodologie structurée, transparente et employée par tous les intervenants en vue de réaliser des enquêtes sur l’état réel de l’édition. Dans un milieu aussi sensible aux changements apportés par le numérique, nous ne pouvons que soutenir l’idée.

 

Un exemple de livre scolaire interactif

Il y a quelques années l’entreprise montréalaise NTEO (www.nteo.ca) a produit un livre scolaire interactif pour le programme scolaire américain STEM (Science, Technology, Engineering, Mathematic) à la demande d’un éditeur spécialisé en sciences.

Le livre permettait de cueillir en temps réels les données émises par des capteurs que les étudiants plaçaient sur de petites voitures de course faites de plastique et carton. Le livre accumulait les données au fil des expérimentations avec les voitures.

Ces données pouvaient être utilisées pour créer des graphiques et des équations à même le livre. Les étudiants avaient également la possibilité d’écrire, de dessiner, de commenter, d’utiliser un bloc-notes sophistiqué capable d’intégrer de la vidéo, de remplir des formulaires, etc.

Ci-bas quelques pages du livre

Le futur du livre scolaire

Les micros processeurs sont en vogue dans les milieux scolaires, surtout aux États-Unis dans les programmes STEM (Science technology Enginnering/Environnement Maths) où Arduino et Raspberry Pi sont bien implantés.

 

Amino LabsMais les choses évoluent rapidement. La designer techno et scientifique montréalaise Julie Legault http://julielegault.com a mis sur pied Amino Labs htts://amino.bio

On peut en voir ici une brève présentation :

https://www.youtube.com/watch?v=ztMFrwg3CXs

Amino Labs produit pour les étudiants de 12 ans et plus des ensembles (kits) qui permettent aux enfants d’apprendre à programmer des bactéries. L’apprentissage mêle évidemment technologies à la Arduino/Raspberry Pi et génétique. Tout ou tard le marché du livre scolaire va devoir s’ajuster pour suivre le rythme et proposer des produits numériques qui intègrent ces expériences.

Il y a des précédents.

En 2015 la firme montréalaise NTEO www.nteo.ca avait produit pour une boite américaine en éducation un livre numérique qui intégrait les données envoyées par des capteurs lors des expériences faites par les étudiants de secondaire. Grâce au recueil des données, ces derniers pouvaient créer et modifier en temps réel par un simple mouvement du doigt des graphiques et des équations.

Est-ce que ça coûte cher? Absolument, quelques dizaines de milliers d’euros. À comparer cependant avec le coût d’impression de milliers de livres scolaires papier.

Metropolis Bleu

Mercredi le 3, Metropolis Bleu https://metropolisbleu.org  lançait la programmation de son festival littéraire qui aura lieu cette année du 2 au 5 mai.Met Bleu écran.jpg

Metropolis Bleu est le seul festival littéraire bilingue et multiculturel au Canada et l’un des rares sur la planète livre. Maintenant à l’âge vénérable de 21 ans, Metropolis Bleu s’est taillé une place enviable au niveau international et reçoit chaque année les plus grands écrivains.

Mais ce qui demeure dans l’ombre médiatique est le rôle éducatif que joue l’organisation à l’année longue. Metropolis Bleu avec son équipe organise chaque année des dizaines d’ateliers éducatifs dans les écoles du Québec afin de lutter contre l’analphabétisme et l’intimidation sous toutes ses formes.

Éditeur hybride : Daata Editions

Dans le même ordre d’idée qui mêle poésie et techno

https://daata-editions.com

Le site se veut éditeur moderne. La totalité des opérations se fait sur Internet. Daata est à la fois un éditeur, un galeriste, un studio télé, etc. Les « œuvres » offertes mêlent l’écrit, l’image, la vidéo ou davantage.

Daata se définit ainsi :

Daata Editions commissions artist video, sound, poetry and web. This new and innovative way to collect art is designed specifically to be a native platform to a new generation of artists who work with moving image and sound. Limited edition artworks can be viewed and acquired as digital downloads.

Daata Editions

Un podcast de poésie peut-il contribuer à votre bien-être mental?

 “The Slowdown”

Comme vous le savez, les podcasts, ces contenus audios inspirés de l’antique radio à prennent de plus en plus de place dans la culture numérique.

Mais un podcast quotidien de poésie? Voilà un sérieux pari relevé par la poète (poétesse, poétrice???) Tracy K. Smith.

Slowdown

 

La source

https://electricliterature.com/could-a-daily-poetry-podcast-save-your-mental-health

Pour trouver le podcast en question :

https://www.apmpodcasts.org/slowdown