Les gains des auteurs : en baisse historique ou en hausse???

Encore un exemple de situation où les chiffres abondent sans qu’il soit possible de savoir quel est le portrait réel. Une étude (écho à plusieurs autres) démontre que les revenus des auteurs sont apparemment en baisse historique.

https://www.theguardian.com/books/2019/jan/08/crashing-author-earnings-threaten-future-of-american-literature

Pourtant une autrice et fine analyste du milieu de l’édition indépendante avance exactement le contraire à partir des mêmes chiffres :

https://www.janefriedman.com/author-income-surveys

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Double Writing by William Petty (1648)

 

Qu’en est-il a juste?

En début d’année The Guardian, qui suit de près l’évolution de l’édition, rapporte les conclusions catastrophistes, d’une enquête en profondeur menée par la Authors Guilde américaine auprès de ses membres durant l’année 2018. On peut trouver cette enquête ici : https://bit.ly/2HuzlKK

Pour citer The Guardian, les conclusions de l’étude offrent un portrait global described as “a crisis of epic proportions” – particularly for full-time literary writers, who are “on the verge of extinction”.

De 2009 à 2017, les revenus des auteurs auraient subi une baisse de 42% pour atteindre le plancher de 6,080,00 $ US (5 400,00 euros). Les auteurs de fiction littéraire seraient plus sévèrement touchés encore durant la même période avec une baisse de plus de 50% du revenu médian situé désormais à 3 100,00 $ US (2 753,00 euros) en 2017.

Les seuls à profiter d’un succès relatif : les auteurs autopubliés qui de 2013 à 2017 voient leurs revenus augmenter de 98% mais obtiennent toujours 58% de moins que leurs collègues publiés par des maisons d’édition.

On peut difficilement brosser un tableau plus sombre. L’étude semble rigoureuse et plus de 5 000 auteurs y ont participé.

Jane Friedman conteste les conclusions de l’étude néanmoins. En y mettant les détails.

Pour notre propos, l’intérêt de sa démonstration repose sur ce qu’il n’y a pas dans l’enquête de l’Authors Guild. Par exemple des catégories clairement définies comme :

– Les auteurs dont 50% et + du revenu provient de l’écriture

– Les auteurs professionnels dont plus de 50% du temps est dédié à l’écriture.

Jane Friedman souligne que les enquêtes sur les revenus des auteurs peuvent inclure n’importe quelle personne qui se définit comme auteur. Elle cite une étude similaire où les répondants appartiennent à des catégories professionnelles aussi variées que : teachers, journalists, author-illustrators, poets, translators, scriptwriters, academics, playwrights, and comedians.

L’absence de catégories ou le manque de clarté dans la définition de catégories nuisent évidemment à la validité de résultats, quels qu’ils soient. Reprenant les conclusions de l’étude, Jane Friedman précise : Median income for full-time published authors, once you remove the people reporting nothing at all, was $20,857. In fact, despite the focus of the study conclusions, full-time authors saw their median income rise 13 percent since 2013, and romance/romantic suspense authors also saw gains.

Friedman livre enfin un plaidoyer pour la création d’une méthodologie structurée, transparente et employée par tous les intervenants en vue de réaliser des enquêtes sur l’état réel de l’édition. Dans un milieu aussi sensible aux changements apportés par le numérique, nous ne pouvons que soutenir l’idée.

 

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