Piraterie de livres, piraterie d’auteurs…

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L’excellent webzine ActuaLittés rapporte qu’à de nombreuses reprises en usant de courriels aux en-têtes légitimes, des pirates ont tenté de s’emparer avant publication de copies du dernier livre de Margaret Atwood. Leur but était probablement de rançonner l’éditeur en menaçant de publier le livre avant la date de parution fixée.

Le piratage de livres n’est pas une nouveauté en technologies. Mais à mesure que celles-ci évoluent et que les pirates se raffinent les arnaques deviennent plus complexes à déjouer. Bientôt nous publierons une superbe entrevue que nous a généreusement accordée Guillaume Déziel, un spécialiste de la blockchain (une problématique déjà abordée ici ) et un promoteur de la tokénisation des contenus numériques.

Usant de la blockchain, le token ou jeton, identifie et authentifie un contenu de manière permanente. Bien sûr, la technologie n’est pas en soi le problème, plutôt l’usage qu’on en fait. La technologie du jeton viendra éventuellement remplacer toute autre marque d’authentification numérique. Mais elle risque d’ajouter une couche de difficulté supplémentaire à un milieu de l’édition qui en a déjà plein les bras à gérer le changement technologique.

Qu’est-ce qui va empêcher par exemple un compte pirate de s’autoproclamer « Margaret Atwood »? Qu’est-ce qui pourrait bien empêcher une Content Farm  quelconque, en Russie ou ailleurs de s’attribuer systématiquement le contenu d’auteurs ou de petites maisons d’édition trouvé en ligne?

Bien sûr, quelqu’un qui « tokenise » un contenu volé à un autre viendrait ainsi proclamer que le voleur c’est lui. Ce qui ne veut pas dire grand-chose dans le monde merveilleux des fausses identités virtuelles. Si on peut faire quelques millions pendant quelques jours en profitant de la confusion pourquoi pas?

Surtout, l’idée que l’auteur ou la maison d’édition spoliée n’a qu’à se défendre légalement souligne un des aspects les plus dangereux des nouvelles technologies depuis leurs débuts : sous prétexte de démocratisation et d’égalité, on rend la capacité des individus à se défendre à peu près impossible. Pour le faire adéquatement en effet il faut une excellente connaissance des technologies, que cette connaissance soit constamment mise à jour, et que l’on dispose de beaucoup d’argent.

Quelle maison d’édition à ces moyens?

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