Le financement du petit éditeur


Légende : par C.T. Dazey. Source: Librairie du Congrès

Dans les 30 dernières années, le personnel de Mammouth a souvent été impliqué dans le financement de projets culturels. Et là, disons-le franchement, la petite boite ou la petite association/OBNL est très souvent son pire ennemi. Trois fois sur quatre le financement va échouer à cause de failles dans le processus et non parce que le financement n’est pas disponible ou que les bailleurs de fonds, quels qu’ils soient, ne sont pas intéressés.

Alors voici gratuitement quelques conseils essentiels pour lesquels vous n’aurez pas à dépenser quelques centaines d’euros ou dollars pour les apprendre dans un atelier.

Le financement est un processus permanent. Pensez agriculture ici. On travaille son lopin à chaque jour. Corollaire contre-intuitif : on ne cherche jamais de financement lorque l’on en a besoin. Parce que le contrôle de l’agenda nous échappe et le risque que le stress entraine de mauvaises décisions augmente de manière vertigineuse.

Même les organismes philanthropiques exigent des résultats! Personne ne sort un euro pour le mérite artistique de la présentation d’un projet. Pour un investisseur ou un analyste financier, tout doit être clair et cohérent. Ça commence par la mission ou l’objectif de votre projet. Évitez les trucs vagues : sensibiliser, diffuser, faire connaitre. Que voulez-vous faire exactement et pour quels publics spécifiques?

Vous voulez éditer des livres pour les vendre dans un créneau spécifique? Utilisez Boileau : « ce qui se conçoit clairement… » Vous n’avez pas idée à quel point des projets se patafiolent parce que les intentions de départ ne sont pas explicitées clairement. Les objectifs doivent se traduire par un plan d’action tout aussi facile à comprendre avec un processus opération simple et des actions précises.

Et pour finir, l’investisseur s’attend à ce que le tout s’incarne dans un budget solide et cohérent. Est-ce que votre budget peut tout prévoir? Non. Dans la majorité des cas, les plans d’affaires se modifient pour faire face aux circonstances dès les premiers mois. Tous les investisseurs savent que votre plan a les plus grandes chances de ne pas se dérouler comme vous l’avez prévu. Mais à travers la cohérence du plan et du budget, le bailleur de fonds peut reconnaitre quelqu’un qui a les capacités de s’adapter.

Vous allez vous éviter beaucoup de « shopping » d’ange financier si au départ vous avez idée avec quel type d’investisseur et de personnalité vous souhaitez travailler. De manière générale, il vaut mieux chercher des investisseurs qui proviennent du milieu. S’ils y sont actifs, c’est parce qu’ils connaissent le secteur, mais aussi parce qu’ils l’aiment!

A contrario, dans certains contextes ou dans certains domaines, l’édition en est peut-être un, mieux vaut chercher à l’extérieur, pour profiter d’une expertise différente et d’un regard neuf, surtout si votre projet est novateur.

Enfin, dans l’édition, la demande de subvention est partie incontournable de la vie d’une boite d’édition petite ou grande. Lisez soigneusement jusque dans les moindres petits détails. Ne vous contentez jamais de cette première étape! L’essentiel n’est pas de savoir ce qui est écrit, mais comment les fonctionnaires l’interprètent. Cette cueillette d’information est indispensable si vous souhaitez éviter de perdre votre temps à rédiger des demandes qui seront refusées.

Voilà donc quelques éléments de base. Il y aurait matière à faire un livre avec le sujet du financement mais ce sera pour une autre fois.

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