Extraordinaire démonstration de journalisme numérique et interactif

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Bellingcat

Bellingcat se décrit comme un collectif de chercheurs de journalistes citoyens et d’enquêteurs. Partenaire d’organismes comme le Global Investigative Journalism Network, et collaborateur attitré de la Cour Pénale Internationale, Bellingcat a remporté au cours des dernières années une flopée de prix internationaux prestigieux en journalisme.

Les éléments d’enquête qui ont permis de déterminer comment et par qui a été abattu le vol MH17 en Ukraine en 2014, viennent de chez Bellingcat. Les faits prouvant le bombardement au gaz sarin de civils en Syrie? Bellingcat encore. Les exploits du collectif sont nombreux et même si les médias les mentionnent rarement lorsqu’ils reprennent à la une leur travail, ce sont souvent les équipiers de Bellingcat qui font le boulot dans les cas qui paraissent compliqués et insolubles.

Pourtant, leurs résultats apparaissent sans qu’aucun des journalistes ne bouge de sa chaise durant une enquête. Comment est-ce possible? En exploitant les ressources ouvertes de l’Open Source, les réseaux sociaux et l’analyse de données provenant par exemple d’une photo ou d’une vidéo partagée sur les réseaux sociaux.

Comme démonstration éclairante voici comment Bellingcat a permis de déterminer de manière irréfutable en quelques heures que le vol 752 d’Ukraine International Airlines avait bel et bien été abattu par un missile dont la provenance était géolocalisée en banlieue de Téhéran.

En souhaitant que cette approche nouvelle du journalisme se multiplie.

Un « jam session » de littérature interactive au Labo de l’édition

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Beta Book Jam

Nouvelle initiative du Labo de l’édition de Paris, une session particulière se tiendra dans ses locaux le 8 février à 18hres. En partenariat avec une nouvelle maison d’édition qui s’appelle (en français dans le texte) Beta Publisher et l’École Estienne Restitution qui enseigne la communication et les arts du livre, l’évènement rassemble des auteurs, des étudiants et des professionnels qui tenteront de créer des concepts d’histories interactives inspirés par le thème du jeu vidéo. Les résultats seront disponibles en ligne le soir même ici .

L’idée est excellente et sera à suivre.

L’intelligence artificielle et ses droits d’auteurs

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Auteur : Tamur, Wikipedia https://en.wikipedia.org/wiki/User:Tamur Image for use in basic articles dealing with parse trees, nodes, branches, X-Bar theory, linguistic theory

L’excellent webzine sur le livre et l’édition, l’ActuaLitté, souligne un débat actuellement en cours aux États-Unis: les droits d’auteurs éventuels des algorithmes d’intelligence artificielle (IA) qui écrivent des livres, des romans, des chansons, etc., bref, qui font de la « création ».

 Le regroupement national des écrivains, « The Author’s Guild » vient de produire un rapport sur le sujet qui met en lumière certains aspects ténébreux de l’intervention des AI dans la sphère de la création culturelle.

Il y a évidemment le risque que l’intelligence artificielle prenne la place de véritables auteurs en chair et en os et que la culture en général n’en soit appauvrie d’autant. Cependant l’aspect le plus troublant de l’usage de l’IA dans la création littéraire reste que les algorithmes nourrissent leurs « compétences » à partir de l’ingestion de millions de livres dont de multiples chefs-d’œuvre et « bestsellers ». Ce sont donc ces oeuvres à partir desquelles l’IA va « rédiger » et il y a là la possibilité de violer les droits de multiples auteurs.

Mammouth souligne que c’est sans compter évidemment que fondamentalement, une intelligence artificielle qui « rédige » le fait en trichant: elle construit un contenu pseudo-original en réaménageant de manière systématique à la lettre près, le travail de véritables écrivains.

Il y a également ce petit problème de la protection du consommateur : si un « livre » est rédigé par une intelligence artificielle, le lecteur devrait en être dûment avisé. On peut même se demander pourquoi il devrait payé pour un « livre » produit gratuitement.

Enfin, il existe aussi avec l’IA cette remise en cause de la notion d’éditeur, qui devient alors l’informaticien derrière l’algorithme.

En attendant « The Author’s Guild » recommande de n’accorder aucuns droits à l’IA.

 

La relation entre les auteurs et les éditeurs : ça chauffe en France

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Leonid Pasternak : « La passion de la création » Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=17996539

Le webzine l’Actualitté a mis de l’avant en 2019 et au début de cette année une série d’analyses sur les relations de moins en moins bonnes entre les auteurs et les éditeurs.

En ce mois de janvier il y a notamment ce refus du Syndicat national de l’édition (SNE) https://www.sne.fr d’accorder systématiquement 10% des revenus de ventes aux auteurs (ce qui est précisément le droit d’auteur).

Les auteurs ont eu en France une année 2019 exécrable, renforcée par des actions imprévues de certains organismes publics. Un rapport commandé par le Ministère de la Culture sur le statut du créateur en France et attendu avec espoir par les artistes et les auteurs semble avoir été « Godot-isé ». Tout le monde en parle et en discute, mais le rapport en question n’a jamais été vu.

Ce qui crée un contexte pas du tout confortable pour les auteurs et, avec nos excuses à eux et aux autres parties impliquées, un formidable laboratoire sur l’avenir de la culture française et francophone, du moins dans le domaine du livre.

Avec la présence d’Amazon, celle de plus en plus envahissante de l’intelligence artificielle dans le champ de la « rédaction », l’évolution de l’auto-édition et l’entrée en scène progressive des cryptomonnaies et des chaines de blocs qui permettent davantage d’indépendance aux auteurs, le bouillonnement actuel va s’amplifier.

La fonction d’éditeur a été créée par une sanction royale de la monarchie anglaise au XVIIIe siècle. Ce n’est pas exactement conçu pour l’économie numérique. Tout le système français du livre (calqué par le Québec) est également règlementé d’une manière aussi détaillée que systématique. C’est un modèle de forteresse qui peut rompre brutalement, mais ne peut pas plier.

Le résultat éventuel va être n’importe quoi sauf ennuyeux.

Piraterie numérique : le cas fascinant de l’Australie

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Howard Pyle illustration de pirates séparant leur butin Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1744246

Torrent Freak a publié fin décembre une analyse très intéressante concernant la piraterie numérique en Australie.

L’article étudie un rapport publié par le Department of Communications and the Arts du gouvernement australien. Le résumé du rapport est disponible ici et le rapport lui-même à cet endroit. Il fait état d’une diminution de la piraterie en ligne et une augmentation de la consommation de contenus culturels numériques.

Torrent Freak relève autre chose dans les chiffres que ne soulignent pas les communiqués de presse et les articles des médias traditionnels. Il est vrai que depuis 2015, le nombre de pirates numériques a diminué drastiquement avec le resserrement des lois et les campagnes de sensibilisation, passant de 43 à 16%, une diminution drastique.

Cependant dans plusieurs catégories, les achats ont également diminué notablement : par exemple dans le cinéma, le jeu et la musique. Le rapport du gouvernement a démontré qu’a contrario, les pirates dépensent deux fois plus en contenus culturels que le citoyen agissant légalement. Ce qui laisse à penser qu’ils sont les consommateurs de contenus les plus enthousiastes et probablement aussi les plus actifs lorsqu’il s’agit de promouvoir un contenu.

Bref, lutter contre la piraterie en ligne pourrait demander aux conglomérats médiatiques plus de doigté que prévu à l’origine. En ce qui concerne le livre numérique, le rapport n’étudie pas l’effet de la piraterie sur le livre, mais mentionne cependant que la consommation générale (incluant la gratuité) montre une baisse de 15 à 14% entre 2018 et 2019. Le nombre des consommateurs eux-mêmes étant passé de 12 à 10%.

 

 

La taxe de vente sur les livres numériques en Europe

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Taxe

En 2019 et au 1er janvier de cette année, la TVA sur les livres numériques a diminué dans la plupart des grands pays : Finlande, Allemagne, Belgique, Suède, etc. En France il est de 5,5%, comparable au livre papier.

Mais comme le démontre cet article de la fin octobre dernier de l’excellent The Guardian, cela fait déjà un moment que divers intervenants réclament la baisse de la TVA de 20% (!) sur les livres numériques dans le Royaume-Uni. Sans succès.

Il va être intéressant, et peut-être désolant, de suivre quels effets le Brexit produira sur le livre et la culture en général dans les pays du Royaume-Uni.

La Chine serait prête à lancer des projets de cryptomonnaie

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Dans une édition récente, le MIT Review rapporte que la Chine est prête dès maintenant à lancer un projet de cryptomonnaie.

Le MIT s’appuie sur ce rapport (en chinois). En fait, la Chine comptait lancer un premier projet pilote à Shenzhen dès la fin de 2019 avant de l’élargir dans une deuxième étape à la ville de Suzhou pour ensuite étendre le projet au niveau mondial; dans le transport, l’éducation et les services médicaux.

L’un des objectifs poursuivis est de se débarrasser en Chine de la monnaie papier. Les paiements numériques y sont déjà la norme. L’article du MIT souligne les préoccupations quant à la vie privée des citoyens chinois (et de tous ceux éventuellement qui utiliseront ce moyen). Mais il se profile également la question du contrôle de ce qu’un individu pourra acheter …ou pas.

Bref, la question de la cryptomonnaie, qui triture de larges franges du milieu culturel verra peut-être bientôt son premier laboratoire à large échelle. La Chine, la Russie, les GAFA; la cryptomonnaie a d’étranges compagnons de jeux…