Piraterie numérique : le cas fascinant de l’Australie

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Howard Pyle illustration de pirates séparant leur butin Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1744246

Torrent Freak a publié fin décembre une analyse très intéressante concernant la piraterie numérique en Australie.

L’article étudie un rapport publié par le Department of Communications and the Arts du gouvernement australien. Le résumé du rapport est disponible ici et le rapport lui-même à cet endroit. Il fait état d’une diminution de la piraterie en ligne et une augmentation de la consommation de contenus culturels numériques.

Torrent Freak relève autre chose dans les chiffres que ne soulignent pas les communiqués de presse et les articles des médias traditionnels. Il est vrai que depuis 2015, le nombre de pirates numériques a diminué drastiquement avec le resserrement des lois et les campagnes de sensibilisation, passant de 43 à 16%, une diminution drastique.

Cependant dans plusieurs catégories, les achats ont également diminué notablement : par exemple dans le cinéma, le jeu et la musique. Le rapport du gouvernement a démontré qu’a contrario, les pirates dépensent deux fois plus en contenus culturels que le citoyen agissant légalement. Ce qui laisse à penser qu’ils sont les consommateurs de contenus les plus enthousiastes et probablement aussi les plus actifs lorsqu’il s’agit de promouvoir un contenu.

Bref, lutter contre la piraterie en ligne pourrait demander aux conglomérats médiatiques plus de doigté que prévu à l’origine. En ce qui concerne le livre numérique, le rapport n’étudie pas l’effet de la piraterie sur le livre, mais mentionne cependant que la consommation générale (incluant la gratuité) montre une baisse de 15 à 14% entre 2018 et 2019. Le nombre des consommateurs eux-mêmes étant passé de 12 à 10%.

 

 

La taxe de vente sur les livres numériques en Europe

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Taxe

En 2019 et au 1er janvier de cette année, la TVA sur les livres numériques a diminué dans la plupart des grands pays : Finlande, Allemagne, Belgique, Suède, etc. En France il est de 5,5%, comparable au livre papier.

Mais comme le démontre cet article de la fin octobre dernier de l’excellent The Guardian, cela fait déjà un moment que divers intervenants réclament la baisse de la TVA de 20% (!) sur les livres numériques dans le Royaume-Uni. Sans succès.

Il va être intéressant, et peut-être désolant, de suivre quels effets le Brexit produira sur le livre et la culture en général dans les pays du Royaume-Uni.

La Chine serait prête à lancer des projets de cryptomonnaie

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Dans une édition récente, le MIT Review rapporte que la Chine est prête dès maintenant à lancer un projet de cryptomonnaie.

Le MIT s’appuie sur ce rapport (en chinois). En fait, la Chine comptait lancer un premier projet pilote à Shenzhen dès la fin de 2019 avant de l’élargir dans une deuxième étape à la ville de Suzhou pour ensuite étendre le projet au niveau mondial; dans le transport, l’éducation et les services médicaux.

L’un des objectifs poursuivis est de se débarrasser en Chine de la monnaie papier. Les paiements numériques y sont déjà la norme. L’article du MIT souligne les préoccupations quant à la vie privée des citoyens chinois (et de tous ceux éventuellement qui utiliseront ce moyen). Mais il se profile également la question du contrôle de ce qu’un individu pourra acheter …ou pas.

Bref, la question de la cryptomonnaie, qui triture de larges franges du milieu culturel verra peut-être bientôt son premier laboratoire à large échelle. La Chine, la Russie, les GAFA; la cryptomonnaie a d’étranges compagnons de jeux…

 

La fan fiction comme école d’écriture

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MIT

Un article de l’excellent webzine Actualittés nous a amenés au non moins superbe MIT Technology Review et à cet article de fondsur l’utilité des fan fictions dans le développement de l’écriture.
L’autrice de l’article, Cecilia Aragon, est à la fois professeure à l’Université de Washington et autrice de livres (ainsi que pilote acrobatique à temps perdu). Avec une petite équipe elle a étudié l’effet de l’écriture de fan fictions sur leurs créateurs/trices pour découvrir que l’aspect communautaire de ce type de création a permis aux personnes impliquées de développer leurs compétences en écriture en profitant de critiques constructives provenant d’un milieu dynamique et ouvert où règne ce que la chercheuse appelle le « distributed mentoring ». La fonction de mentor n’y appartient pas à un individu guidant un plus jeune ou un moins expérimenté, mais à toute la communauté qui communique simultanément, et de manière constante, à travers de multiples plateformes, dont Skype, et sur une large variété d’aspects de la fan fiction.

Madame Aragon et son équipe ont surtout étudié le site Fanfiction.net qui comprend 10 millions de membres où la majorité des auteurs ont 15 ans et demi. Dans le seul répertoire Harry Potter on trouve selon elle plus de 800 000 histoires et la quantité de fan fiction créée au cours des 20 dernières années équivaut aux trois-quarts de la production totale de fiction anglophone dans le monde.

Même si le milieu de la fan fiction a souvent été ridiculisé, il n’en demeure pas moins que l’empathie qui existe dans la communauté permet aux jeunes créateurs d’évoluer dans un climat favorable. Car on peut ajouter également que l’autre avantage de la fan fiction est qu’elle développe également les compétences des lecteurs et leur capacité à critiquer des textes sans agressivité.

 

 

Superbe exemple d’écriture interactive

Il faudrait peut-être parler d’écriture algorithmique ou aléatoire. L’auteur Joachim Séné @joachimsene use de ses connaissances en informatique pour créer un genre littéraire où l’algorithme va présenter les mots de manière aléatoire, comme dans un flux de transmission de données dont l’ordre précis se perdrait. Ou plutôt, en se perdant l’ordre d’origine des transmissions offrirait de nouvelles directions possibles à l’amalgame des mots.

Dans chaque cas c’est le lecteur qui déclenche le processus. Publie.net dont nous avons déjà parlé édite et diffuse le « livre » intitulé : L’Homme heureux

Incuber des pousses média afin qu’elles survivent au contexte numérique

Les gens du Laboratoire de l’édition de Paris ont eu l’excellente idée de créer le programme Mediastart, actif depuis mars 2018 et qui voit en janvier le recrutement d’une troisième cohorte.

L’objectif du programme est d’encadrer et de supporter de nouveaux projets de médias. Mediastart leur offre l’expertise de développement d’affaires et celle de l’édition médias traditionnelle et numérique, même si le numérique demeure le nœud du développement.

L’idée a d’autant plus de mérite qu’elle répond à un énorme besoin, soit la mise sur pied de projets médias conçus pour fonctionner dès leur démarrage dans un univers numérique en constant bouleversement.

Pour rappel la clôture de l’appel de candidatures est le 20 janvier.

Haïkus sur carte topographique

Un autre projet très original trouvé chez EnGadget. Inspirés par le travail de l’artiste Naho Matsuda, les ingénieurs et créatifs de Satellite Studio à New York ont réalisé un projet dont l’algorithme génère automatiquement un haïku selon votre position sur la carte de la ville.

L’algorithme de création utilise les données entrées par les usagers du projet Open Street Map Les mots du poème peuvent donc être « inspirés » par la présence d’un commerce particulier, d’un parc ou d’un édifice public, etc.