Parution prochaine de l’entrevue avec Maia Sylba, éditrice de Musetouch

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Le 7 avril à 7 heures du matin (13 heures à Paris) pour être précis.

Madame Sylba nous a accordé une entrevue sur le fonctionnement de son magazine numérique qui a comme particularités sa dévotion à l’art, sa beauté, sa longévité, et ses très nombreux fans.

Elle nous parle notamment de son  dernier numéro exceptionnel qui réunit les oeuvres de pas moins de vingt artistes.

À découvrir et à lire le 7 avril!

 

Écrire devient un luxe

Dirty Secret

Nous avons récemment publié un article sur les coûts imposés aux auteurs par certaines activités pourtant indispensables comme participer à des conférences.

 

Un article publié fin février dans The Guardian et repris en français par ActuaLitté, intitulé: ‘A dirty secret: you can only be a writer if you can afford itpose sans ambages que l’écriture est dorénavant un luxe réservé à ceux qui peuvent se le payer. L’autrice, Lynn Steger Strong mentionne que le revenu médian des auteurs/trices américain(e)s; 6, 080,00 $ US (5449.50 euros ou 8 229,00 $ Can.) en 2017 représentait une baisse considérable par rapport aux 10 500,00 $ US (9411.14 euros ou 14 211,00 $ Can.) de 2009 (et ce, sans tenir compte de l’inflation).

Madame Steger Strong souligne dans son analyse que pour écrire l’auteur ou l’autrice doit disposer de revenus confortables, d’un héritage ou du support financier indéfectible de ses proches, en particulier si l’auteur a aussi des enfants. Écrire coûte très cher parce que ça demande du temps. Faute de support financier extérieur, il faut pouvoir profiter d’un emploi à horaire flexible suffisamment rémunérateur pour laisser à la création deux jours par semaine du lundi au vendredi, afin de travailler à l’écriture.

Ce qui nous amène à nous demander; dans une industrie le livre, où absolument tout se calcule du coût d’impression du livre et du graphisme, au coût la distribution et de la publicité en passant par le coût de l’espace occupé par un titre sur les étagères des librairies, etc.; pourquoi les auteurs et les autrices n’évaluent pas le coût de leurs efforts?

Pourquoi doivent-ils toujours penser en terme de gratuité et d’amour de l’art alors qu’ils sont les seuls à le faire? Le salaire horaire moyen en France, selon l’INSEE et tel que rapporté par Articque s’établit à 12,8 euros (soit 19,32 $ Can.).

Supposons un auteur qui travaille trois jours semaine, juste assez pour se maintenir à flot vis-à-vis le paiement du loyer, l’épicerie, les charges. Bref, le créateur en question réussit dans une année à consacrer 350 heures à son travail d’écrivain.

Ce qui fait un investissement de 4 480 euros (6 765 $ Can.) dans son projet de livre. Au tarif horaire médian bien sûr. Maintenant, quelles sont les chances de cet auteur de récupérer les coûts de son investissement? Ou même la moitié?

À peu près nulles. Ce tableau infographique publié par ActuaLitté en 2016 montre qu’en 2013, 101 600 auteurs avaient reçu une forme de rémunération pour leur travail d’écrivains. Le chiffre n’inclut évidemment pas les auteurs n’ayant rien reçu. Parmi les 101 600, 5 000 d’entre eux ( un peu moins de 5%) avaient gagné suffisamment; 8 649 euros (13,060,00 $ Can.) et plus, pour devenir affiliés à l’Agessa qui gère le volet sécurité sociale des auteurs.

Est-ce que l’effort littéraire devrait se limiter à la comptabilité? Non bien sûr, mais il devrait l’inclure. L’écriture est un travail à très haut risque sur le plan financier et il n’est pas certain que la satisfaction de créer quelque chose compense pour les déceptions de ne pas voir son livre publié, ou de le savoir négligé par son éditeur, de savoir qu’à peine deux ou trois douzaines de copies se sont vendues ou que le livre créé avec tant de peines a eu droit de cité sur les rayons des librairies pendant 10 jours avant d’être remplacé par un autre. Pour que son existence soit justifiée, le livre demande le regard des autres, le regard des lecteurs. Nous voulons dire par là, plus que deux ou trois douzaines de ces lecteurs. Et trop souvent les publications passent de l’imprimerie au pilon sans ce regard.

La progression du livre audio aux États-Unis

Audiobook

Signalé en 2017 par l’excellent Lettres Numériques, un rapport de l’Audio Publishers Association sur la bonne marche des ventes de livresaudio soulignait quelques éléments-clés :

– Les ventes de 2016 ayant augmenté de 18,6% vs celles de 2015, il s’agissait de la troisième année consécutive où l’augmentation des ventes se situait près de 20%.

– Le nombre d’auditeurs progressait lui de 22% par rapport à l’année précédente pour atteindre 67 millions de personnes; un marché considérable totalement orienté vers la fiction (mystère, suspenses, science-fiction, fantasy).

L’an dernier, Publishing Perspectives analysait les chiffres sortis pour 2018. Les ventes avaient alors augmenté dans une proportion de 27,3%, rejoignant la moitié de la population américaine à partir de 12 ans et plus. Les catégories de livres vendus se situaient encore une fois dans les mêmes catégories de fiction.

Les ventes de 2019 seront probablement analysées lors de la conférence annuelle de l’Association fin mai 2020.

Ça va être à suivre!

Conférence Unesco sur l’édition et l’intelligence artificielle!

Unesco

Le 23 avril prochain à Paris, dans le cadre de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, l’UNESCO organise une conférence sur les liens et les impacts entre l’intelligence artificielle et le monde de l’édition. Le programme peut être trouvé ici : https://tinyurl.com/tbmacaw

 C’est franchement une idée aussi originale qu’utile et qui souhaitons-le, ne souffrira pas d’annulation causée par le coronavirus.

Un roman policier transmédia

Malfosse

Récemment l’excellent webzine Lettres Numériques signalait le lancement de Malfosse Piloté par Damien Maric, le projet, gigantesque, a demandé trois ans d’efforts de plus d’une centaine de collaborateurs différents incluant plusieurs auteurs de romans policiers.

Malfosse inclut notamment le site web, une série audio de 13 épisodes, une application, un documentaire, un roman papier et enfin; un jeu.

Musetouch : un webzine d’art qui renait

Musetouch 2

Musetouch, qui publiait à la fin de l’année dernière un 30e numéro titanesque de 1662 pages, est un webzine extrêmement élégant consacré à la peinture, la sculpture, la photographie et l’illustration modernes. Il s’agit également de l’un des tout premiers webzines puisque ses débuts remontent à une dizaine d’années. Son éditrice, Maia Sylba nous récemment accordé une entrevue que l’on retrouvera bientôt dans Mammouth numérique.

Et en attendant d’en découvrir les secrets de publication, le webzine, qui se distingue par le choix remarquable des artistes publiés et l’élégance de la mise en page, vaut la peine d’être exploré. L’art est probablement à l’heure actuelle le milieu qui expérimente le plus avec le webzine et les formats numériques de publication.

Un hackathon pour les auteurs Français

Hackathon

Les 13 et 14 mars derniers, le Laboratoire de l’édition de Paris organisait un hackathon tout à fait spécial, destiné à renforcer la protection dont profitent (ou ne profitent pas) les auteurs/trices.

Le terme « Hackathon » est peut-être utilisé hors contexte ici, le terme « brainstorm » s’appliquerait sans doute mieux, mais reste que le concept est on ne peut plus pertinent : «…renforcer la protection des auteurs et autrices du livre et de l’audiovisuel, en travaillant directement avec eux pour trouver des pistes, sécuriser leurs trajectoires professionnelles et défendre leur statut social.»

 Outre le Labo, les coorganisateurs regroupaient bien du monde : les Jeunes Universitaires Spécialisés en Propriété Intellectuelle (JUSPI), l’Institut des Sciences Sociales du Travail de l’Ouest (ISSTO), la Guilde française des scénaristes, la Ligue des auteurs professionnels, la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse et les États-Généraux de la BD

Vivement les résultats!

La pauvreté et le livre

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Théophile Alexandre Steinlen Poor People (Les pauvres gens), 1914, NGA_10520.jpg / Source: Wikimedia Commons

Littérature Hub publiait récemment un billet de l’autrice Alison Stine sur le fait que les coûts de participation élevés constituent une barrière à l’entrée de beaucoup d’écrivains à la conférence annuelle de l’Association of Writing Programs la plus importante conférence littéraire en Amérique du Nord.

La pauvreté des auteurs est souvent soulignée, mais la pauvreté en général est souvent oubliée lorsqu’il est question des facteurs susceptibles d’influencer ou d’entraver les progrès du livre. Les métadonnées, la chaine de blocs, les cryptomonnaies ou les formats numériques du livre sont des sujets qui apparaissent immédiatement sur le radar.

Mais la pauvreté se fond dans le paysage social, elle n’a rien de glamour et n’éveille aucun intérêt technologique. Et pourtant : une enquête nationale sur les ménages au Canada nous apprenait en 2011 que : Des 478 quartiers à faible revenu au Canada, 35,8 % sont à Montréal (comparativement à 15,7 % à Toronto et 7,1 % à Vancouver). 36% des ménages montréalais sont pauvres. Avec de pareils résultats, inutile de préciser que Montréal est de loin la ville la plus misérable du Canada et probablement de l’Amérique du Nord.

La pauvreté est bien moindre à Paris, mais elle touche néanmoins pas mal de monde. Près de 40% dans certains arrondissements. 14,7 des habitants de l’Île-de-France vivent sousle seuil de la pauvreté. Il n’y a probablement aucun facteur qui influence autant l’économie du livre que la pauvreté.

S’il lui faut soustraire au départ 15% ou même 30% de son lectorat potentiel, avant même d’enlever ceux qui ont de la difficulté à lire, ceux qui préfèrent lire en anglais, ceux qui préfèrent lire strictement des magazines ou des trucs techniques, avant même d’évaluer les effets de la compétition des autres pays, etc., un secteur éditorial national va avoir toutes les difficultés du monde à simplement surnager.

Autant de gens qui ne peuvent simplement pas acheter de livres c’est un très lourd handicap.

Actualités : le virus

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Les acteurs Wallace Reid et Bebe Daniels dans le film Sick Abed, 1920. Par Brewster Publications – https://archive.org/stream/motionpicturecla1920broo#page/n495/mode/2up, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=43777079

Biologique de son état, le coronavirus ne prétend même pas être un algorithme, mais voilà, ces jours-ci il grippe quand même sérieusement les rouages de l’édition et on nous pardonnera les jeux de mots faciles. Le virus impie a eu raison jusqu’ici des salons du livre de Paris , de Londres, de Leipzig, décalés le Abu Dhabi International Book Fair, la Foire du livre de Bologne et sérieusement érodée l’ampleur de la conférence annuelle de lAssociation of Writing Programs aux États-Unis.

Aucune technologie n’aura réussi à embêter autant l’édition sur une aussi courte période de temps.

Ateliers de poésie interactive au Centre Turbine

Essai 8 copie

À partir de septembre prochain, avec peut-être un galop d’essai avant l’été, notre éditeur Jean Paul Thomin, va donner des ateliers et des formations de poésie interactive avec le Centre Turbine à Montréal et dans la région pour commencer. Il va y avoir quelques trucs ébouriffants comme du happening poétique à plusieurs en temps réel, du storytelling topographique poétique, de la micropoésie bien sûr, et éventuellement quelques autres trucs aussi originaux qu’intéressants.

Pour participer, contacter Martin Bonnard ateliers-formations@centreturbine.org le responsable des ateliers au Centre.

Si vous souhaitez un peu plus d’information, il y a la page des ateliers du Centre ou la description plus détaillée sur Misfits Poetry.