La pauvreté et le livre

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Théophile Alexandre Steinlen Poor People (Les pauvres gens), 1914, NGA_10520.jpg / Source: Wikimedia Commons

Littérature Hub publiait récemment un billet de l’autrice Alison Stine sur le fait que les coûts de participation élevés constituent une barrière à l’entrée de beaucoup d’écrivains à la conférence annuelle de l’Association of Writing Programs la plus importante conférence littéraire en Amérique du Nord.

La pauvreté des auteurs est souvent soulignée, mais la pauvreté en général est souvent oubliée lorsqu’il est question des facteurs susceptibles d’influencer ou d’entraver les progrès du livre. Les métadonnées, la chaine de blocs, les cryptomonnaies ou les formats numériques du livre sont des sujets qui apparaissent immédiatement sur le radar.

Mais la pauvreté se fond dans le paysage social, elle n’a rien de glamour et n’éveille aucun intérêt technologique. Et pourtant : une enquête nationale sur les ménages au Canada nous apprenait en 2011 que : Des 478 quartiers à faible revenu au Canada, 35,8 % sont à Montréal (comparativement à 15,7 % à Toronto et 7,1 % à Vancouver). 36% des ménages montréalais sont pauvres. Avec de pareils résultats, inutile de préciser que Montréal est de loin la ville la plus misérable du Canada et probablement de l’Amérique du Nord.

La pauvreté est bien moindre à Paris, mais elle touche néanmoins pas mal de monde. Près de 40% dans certains arrondissements. 14,7 des habitants de l’Île-de-France vivent sousle seuil de la pauvreté. Il n’y a probablement aucun facteur qui influence autant l’économie du livre que la pauvreté.

S’il lui faut soustraire au départ 15% ou même 30% de son lectorat potentiel, avant même d’enlever ceux qui ont de la difficulté à lire, ceux qui préfèrent lire en anglais, ceux qui préfèrent lire strictement des magazines ou des trucs techniques, avant même d’évaluer les effets de la compétition des autres pays, etc., un secteur éditorial national va avoir toutes les difficultés du monde à simplement surnager.

Autant de gens qui ne peuvent simplement pas acheter de livres c’est un très lourd handicap.

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