Nouveaux évènements littéraires en mode numérique

Puffin

Le coronavirus a ceci de bon qu’il force à l’innovation. Du côté des évènements littéraires, les initiatives se font de plus en plus nombreuses. Il y a les évènements traditionnels qui se virtualisent. Le Digital Publishing Summit, une création annuelle de The European Digital Reading Lab (EDRLab) et qui devait avoir lieu début les 4 et 5 juin À Madrid se tiendra finalement sur le Web du 1er au 12 juin. Et ce sera gratuit!

Dans le même ordre d’idées le webzine Livre Hebdo nous apprend que la 8e édition de la Nuit de la littérature étrangère aura bien lieu le 30 mai comme prévu, mais sera entièrement numérique.

Il y a aussi des nouveautés qui apparaissent directement enligne. Ainsi, le magazine The Bookseller annonce que la version enfant de l’éditeur Penguin, Puffin, tiendra un festival d’une semaine à partir du 8 juin avec à la clé plusieurs auteurs jeunesse.

Un livre sur la vidéopoésie

Livre videopoesie

Deux artistes canadiens vidéopoètes (c’est le terme utilisé) reconnus; Valerie LeBlanc et Daniel H. Dugas viennent de faire paraitre un livre, bilingue, sur la vidéopoésie. Publié par Small Walker Press, la maison d’édition de la Marilyn I. Walker School of Fine and Performing Arts at Brock University (Ontario, Canada), le livre intitulé Videopoetry / Vidéopoésie décrit le travail des artistes à partir du milieu des années 80.

Particularité intéressante en ces temps de confinement, le livre est d’abord diffusé, gratuitement, en mode pdf (cliquer à gauche sous l’image de la page couverture du livre), et la version écrite sera distribuée plus tard.

Mêler ensemble musique et littérature avec le numérique.

Fiction Musique

Après la multiplication des évènements de poésie en vidéos numériques et d’autres initiatives originales comme l’intégration de la poésie au mode « Comic Book »  le toujours pertinent webzine « Lettres numériques » nous signale un autre amalgame avec cette fois littérature et musique.

La chose n’est pas nouvelle, France Culture et les formations musicales de Radio-France travaillent ensemble depuis des années afin de créer des hybrides ingénieux à partir de textes littéraires. Mais en mars ils ont mis en ligne une sélection de ces créations

produites spécifiquement pour la jeunesse en s’appuyant par exemple sur les aventures de personnages fétiches comme Astérix ou Tintin.

Réjouissant!

Les évènements de poésie numérique se multiplient

Poets.org

La poésie organise des évènements numériques depuis déjà un certain temps mais le confinement a grandement amplifié le mouvement et il est difficile de croire que cette floraison numérique ne va pas laisser des traces permanentes.

Il y en a tant que le site POETS.org offre un guide des bonnes pratiques de l’organisation d’évènements et de lectures numériques!

Un exemple fascinant de la diversité de ces évènements est La poésie partout au Québec, avec son fameux calendrier qui propose des évènements numériques tous les jours et souvent, plusieurs fois par jour! Ce peut être un micro ouvert virtuel, un collectif autour d’un poète, une récitation de ses œuvres par un/e poète avec ou sans accompagnement musical ou un spectacle avec plusieurs artistes, chacun en solo bien sûr.

Aux États-Unis, avril était le mois national de la poésie et le virus ajoutait un stimulant supplémentaire à un processus numérique déjà bien engagé, surtout au niveau des écoles où les évènements poétiques s’inscrivent souvent dans le cursus.

POETS.org le site de l’Academy of American Poets offre déjà une programmation complète pour le mois de la poésie 2021! On y trouve par exemple 30 manières différentes de célébrer la poésie dans une classe virtuelle.

The Poetry Foundation à Chicago vient de tenir début mai une série d’ateliers virtuels intitulés Poetry Comics L’idée consiste à explorer une formule hybride entre la langue évocatrice de la poésie et l’illustration séquentielle du « comic book ».

Tout cela sans compter que la poésie en mode vidéo numérique abonde au point où les festivals la célébrant poussent comme des champignons en même temps que les initiatives créatrices qui essaient de renouveler le genre se multiplient également.

Il suffit de consulter un site d’actualités du format comme Moving Poem pour en avoir une idée. Ce serait dommage de ne pas mentionner en passant cette idée très jolie qui nous vient de Grande-Bretagne où Poetry Generation offre une fois par jour la lecture vidéo d’un poème par une personne de l’âge d’or qui vit en confinement.

Enfin, rappelons pour les intéressés que Zebra Festival, le plus important festival de poésie vidéo numérique au monde accueille actuellement et jusqu’au début juillet les œuvres soumises parmi lesquelles seront choisies celles présentées lors du festival qui se tient cette année (exceptionnellement) en décembre.

Les Festivals littéraires numériques deviennent une réalité

MyVLF

Le confinement a donné l’impulsion qu’il fallait à la mise sur pied de véritables festivals littéraires entièrement numériques, qui reçoivent des pointures comme Neil Gaiman ou Margaret Atwood.

Il y a d’abord certains festivals connus depuis longtemps qui passent au virtuel, comme le Hay Festival en Angleterre avec pour sa première édition entièrement numérique de 2020 les mots-clés : #ImagineTheWorld. Il y a dans le même genre le Litquake Festival de San-Francisco avec Litquake On Lockdown qui se donne un visage entièrement numérique.

Mais surtout, des festivals entièrement numériques de A à Z apparaissent, soit qu’ils existaient déjà de manière confidentielle, soit qu’ils naissent poussés par la nécessité et des commanditaires avec des poches profondes.

Il y a ainsi le MyVLF pour : My Virtual Literary Festival  et aussi The LockdownLitFest

Ces festivals souhaitent offrir la rencontre entre auteurs et lecteurs et animer la conversation littéraire sur une base permanente.

 

« Poésie Partout » et la promotion numérique de la poésie

Poésie Partout

Installé au Québec, l’organisme la poésie partout (avec des minuscules) use à fond des ressources du numérique pour innover en matière de médiation et de promotion de la poésie. La poésie partout passe du Web à la rue et vice-versa avec l’organisation d’activités comme la Journée du poème à porter ou encore Dehors est un poème

L’organisme dispose d’un outil très efficace avec son calendrier en ligne. Celui-ci peut être utilisé comme agenda, un clic sur une activité permet d’en voir tous les détails et l’activité peut être intégré directement dans un agenda Google via Gmail.

Calendrier

La poésie partout utilise pour ce faire une structure informatique mise sur pied par NT2, le Laboratoire de recherche sur les œuvres hypermédiatiques créé par Bertrand Gervais dont nous parlions l’an dernier,  et qui titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les arts et les littératures numériques a également contribué à mettre sur pied Littérature québécoise mobile (Opuscules) partenaire actuel de la poésie partout.

Tenter de mettre Google au pas : l’initiative française.

Concurrence

Dans la foulée de notre article d’hier:  Éditeurs de journaux : faire payer les (très ) riches  le webzine Digital Content analyse une récente décision légale en France destinée à restreindre le comportement jugé anticoncurrentiel de Google envers les médias du pays.

Cette décision s’inscrit dans la foulée de la fameuse directive Europena Copyright Directive, définie ici par Wikipedia, alors que la Electronic frontier Foundation en explique les tenants et les aboutissants. La directive européenne imposait à Google et autres de payer qoour tout ce qui dépassait le cadre d’un « snippet » en gros; une phrase descriptive.

Une loi française de juillet 2019 imposait à Google de se conformer à cette directive européenne sur le territoire français.

Réaction de Google à ce moment-là: la multinationale a retiré les descriptions, logos des médias et photos associés à ces « snippets » e forcé ainsi les éditeurs à lui octroyer une « licence » d’utilisation absolument gratuite. C’est ce que la Justice française vient de déclarer comme un abus de position dominante.

Rappelons ici quelque chose qui nous concerne tous et que souligne Digital Content. Il y a quelques années la Communauté européenne a voulu protéger avec sa GPDR ou General Protection Data Regulation les droits et la vie privée de ses citoyens contre la collecte abusive de données personnelles et leurs usages commerciaux sans consentement individuel. Google a alors conscrit toutes les entreprises qui usent l’un ou l’autre de ses produits et services en les obligeant à obtenir le consentement de leurs usagers pour la collecte de données, en les rendant justiciables pour tout manquement par Google aux règles de la GPDR et en les tenant à l’écart de l’information sur ce que Google fait avec les données recueillies, ce qui dans les faits rend le consentement individuel à peu près invalide. Quelles sont les entreprises qui n’utilisent pas l’un ou l’autre des services de Google?

Éditeurs de journaux : faire payer les (très ) riches

Victor_Hugo-Octopus

Par Victor Hugo

La récente décision de l’Australie d’imposer à Google et Facebook un partage de revenus publicitaires avec les éditeurs de journaux fait des émules. La Malaisie a annoncé son intention de faire de même

et les éditeurs canadiens exigent de leur gouvernement qu’il légifère dans le même sens. Dans le passé, lorsque Google a été menacé d’une forme obligatoire de partage quelconque, la réaction de la puissante multinationale a été de retirer les journaux locaux de ses liens. Une chose que les éditeurs ont comprise depuis c’est qu’avoir dix fois plus ou dix fois moins de visiteurs à cause de Google ne change absolument rien à leurs revenus. Et les menaces de la puissante multinationale ont évidemment d’autant moins de poids.

La crise de la Covid-19 va peut-être permettre d’ancrer dans les réflexions des différents états que la croissance de l’économie des GAFA et des places boursières de la planète n’a rien à voir avec la santé économique de nos sociétés. Or les GAFA ne paient pas d’impôt ou alors très peu. Mais ces pieuvres numériques siphonnent par contre des sommes colossales des économies nationales. Le pire, c’est que leur seule utilité est d’être omniprésentes. Elles n’ont à proprement parler, aucune fonction indispensable.

Le monde n’a tout simplement pas besoin d’un Amazon, d’un Google ou d’un Facebook. Quant à Apple, la firme américaine ne constitue pas la fin de l’innovation. Si elle n’existait pas, elle serait simplement remplacée par autre chose. Peut-être que la meilleure solution consisterait pour les différents pays à soutenir le développement coopératif de ressources numériques basées sur les besoins des communautés locales.

 

Cadavre exquis numérique au Portugal

Cadavre exquis

Pour résister à la pandémie 46 auteurs portugais se sont associés pour créer Bode Inspiratório, un cadavre exquis à plusieurs mains qui s’appelle en anglais  Escape Goat et où 22 des 46 chapitres (un par auteur) sont déjà en ligne

Le projet est rapporté par l’excellent webzine littéraire Literary Hub. On peut trouver sur le Web un reportage vidéo en portugais sur le projet ainsi que sa page Facebook

Les auteurs précisent travailler sans filet, donc ils peuvent évidemment se casser la figure, mais ils veulent offrir aux publics une évasion dans l’inspiration.

 

 

Rapport sur l’état de la culture numérique au niveau mondial

IFACCA

Le Laboratoire de l’édition de Paris se rappelle à notre souvenir en signalant la sortie récente d’un rapport de l’IFACCA (International Federation of Arts Councils and Culture Agencies) sur l’état général de la culture numérique au niveau international et comment la supporter.

L’IFACCA explique sa démarche. Rédigé par Octavio Kulesz, éditeur numérique de textes académiques en Argentine, le rapport n’apprendra rien à ceux qui sont familiers avec le domaine SAUF sur un point essentiel. L’auteur a pris au sérieux le volet « mondial » et nous présente donc la perspective de la culture numérique à partir d’exemples venus du Brésil, de la Colombie, de la Chine, de l’Afrique du Sud, etc. Une rareté rafraichissante qui élargit notre champ de vision.