Istanboule

Couverture d’un magazine japonais vers 1920 / Source: https://bit.ly/3iTASI4 / Autre crédit: Le Monstre de Méliès : https://archive.org/details/TheMonster1903_72

Je l’ai perdue

Après m’être

Endormi

Au coin de la rue

Je ne tenais plus sa main

Et dans Istanboule

J’ai marché

toute la nuit

Pour la retrouver

J’ai soulevé

Les trottoirs

Qui fumaient

Devant les portes

Guetté les toitures

Fuyantes

Sur un escabeau

Ouvert les murs

Pleins d’eau

Et d’insectes multicolores

Qui flambaient

En rejoignant

Des oiseaux à teinte d’os

Sur un fil de chair

On voyait le jour à travers

Des maisons muaient

En papillons

Les quartiers les attiraient

Avec des couleurs

Pour changer de nom

À chacun de mes pas

Istanbul devenait

Bucarest

Juste là et Prague

Ici

J’arrivais ainsi partout

Sans jamais la voir

J’avais au ventre

Cette peur

De ne jamais

La retrouver

Chaque décor

Mentait

Chaque moment

S’écroulait

Dans le restaurant mou

Je connaissais

le chanteur

Enfoncé dans la tuile

Sa balade gravée

Dans son dos

Je n’avais pas

De voix

Pour me rappeler

Autrefois

L’enchanter elle

L’invoquer 

Enlacée avec

Le lampadaire

La lune

Filait de l’air

d’étranges histoires

À mon propos

Aux coups de poing

De leurs échos

J’ai compris

Que j’étais celui perdu

Le rêve

Bourreau farceur

Me rappelait

Que la folie jadis

Avait collé ensemble

mon coeur

plein de couteaux

et l’envie d’embrasser.

Chaque nuit

J’emmène celle que j’aime

Pour la perdre à nouveau.


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