L’édition en mode crypto-monnaie un an plus tard

À l’automne 2019 nous avions couvert l’émergence des plateformes d’édition en mode cryptomonnaie. Où en sommes-nous un an plus tard?

Revue H, la première revue littéraire francophone appuyée sur les crypto-monnaies, continue courageusement son chemin, mais ses interrelations avec ses publics se déroulent sur le web.

Steemit, la plateforme d’édition sur laquelle Revue H s’est appuyé à l’origine semble avoir été adoptée par les asiatiques qui y créent l’essentiel du contenu en chinois et coréen notamment.

Publish Ox est devenu une sorte de méga plateforme d’évangélisation à propos des crypto-monnaies.

Minds est un repaire de Trumpistes et complotistes en tous genres, une sorte d’infection numérique que seuls les amateurs du genre peuvent fréquenter.

Le navigateur Brave offre un programme de récompense pour les créateurs, récompenses bien sûr également en cryptomonnaie. Le problème est que non seulement le système est extraordinairement complexe, mais qu’un auteur doit au départ dépenser de l’argent pour acquérir la série de « portefeuilles » ou logiciels financiers qui permettent de recueillir les récompenses et d’en faire les transferts en argent véritable.

Notable également le fait qu’ouvrir un compte sur une de ces plateformes y laisse une trace permanente. Un compte une fois ouvert ne peut être effacé. Bref; pour le moment, et peut-être pour toujours; l’édition en mode crypto-monnaie est une bonne idée de départ qui vit mal avec le passage du temps.

Un choix de podcasts littéraires :

Il y a de plus en plus de podcasts sur la littérature et nous avons pensé vous en présenté quelques-uns, en anglais et en français, qui semblent reconnus pour être parmi les meilleurs.

En français d’abord :

Pile propose des livres, ceux de l’heure, eux à lire.

La page blanche qui invite des écrivains parle du processus d’écriture

3 Petits Points prolonge la lecture d’un livre en s’intéressant à la manière dont il a été écrit et aux dessous du processus de sa création.

En anglais :

Otherppl offre des entrevues avec des écrivains; que ce soit en fiction, poésie, etc.

Lit Up interroge des auteurs sur tous les sujets possibles concernant la littérature, l’écriture et l’édition.

The Guardian (oui, le journal britannique). Le podcast du célèbre quotidien réunit des auteurs, souvent célèbres, qui parlent sur des sujets qui les intéressent et qui ne sont pas nécessairement littéraires à proprement parler.

BookFight Le bien nommé BookFight réunit des auteurs qui s’éreintent sur des sujets qui touchent la littérature et la société. Le podcast en est à son 352e épisode, la formule doit plaire.

Between The Covers interroge des écrivains sur la littérature et le processus littéraire, les livres qu’ils écrivent, etc.

La fiction interactive évolue et gagne du terrain

Nous avons parlé l’an dernier de UNRD et des fictions interactives développées pour le téléphone cellulaire. Il existe maintenant de ces fictions qui se déroulent entièrement en mode texte comme Mansion.

D’autres se concentrent sur des récits en SMS comme Addict et d’autres enfin comme Hooked se déroulent en mode chat. Il faudra voir s’il s’agit d’une mode passagère où si le genre s’incruste.

Un podcast va devenir livres papier

Signalé par l’excellent The Bookseller, le podcast érotico-féministe « Dirty Diana », va se transformer en trilogie livresque, HarperCollins en ayant acquis les droits de publication. Lancé en juillet avec des actrices connues (Demi Moore, Lena Dunham, etc.) le podcast de 6 épisodes seulement a fait un tabac aux États-Unis. Voilà une preuve de plus qu’avec la pandémie, les frontières entre l’édition numérique et l’édition papier deviennent plus floues.

Crise autour du livre scientifique numérique en Angleterre

Source : The Scholars By Ludwig Deutsch – Sotheby's Lot.84, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=82477852

Rapporté par les excellents webzines Lettres numériques et ActuaLitté, le milieu savant anglais se soulève contre les pratiques numériques des éditeurs de livres scientifiques.

D‘abord il y a trop peu de publications (environ 10%), disponibles en numérique et avec la pandémie, qui rend indispensable l’accès à des versions numériques, les prix augmentent de manière déraisonnable, plus du double dans certains cas. Les associations intéressées, les universités, les étudiants chercheurs et bibliothèques réclament donc l’ouverture d’une enquête sur les pratiques des éditeurs.   

Les librairies indépendantes contre-attaquent Amazon sur le web

Le journal anglais The Guardian a récemment publié un reportage sur la réplique que les libraires indépendantes américaines ont ébauché contre Amazon

Intitulé « Bookshop », le projet est mis sur pied par Andy Hunter, fondateur de Literary Hub, un média numérique américain dédié aux nouvelles quotidiennes de la vie littéraire. Lancé d’abord aux États-Unis, Bookshop vient de débarquer au Royaume-Uni. Il réunit dans une offre commune sur le Web, l’offre des librairies indépendantes aux lecteurs.

C’est tout à fait similaire à ce que fait l’Entrepôt numérique au Québec, à ceci près que le client sur Bookshop procède directement à l’achat sans avoir à retourner ensuite sur le site de son libraire pour y acheter le livre après l’avoir trouvé sur l’entrepôt. « Bookshop » se charge de répartir les profits entre les librairies.

Nouvel outil d’exploration des publications académiques

Created with GIMP

Fondée en 1967, OCLC est une coopérative qui réunit des bibliothécaires et chercheurs de plus de 100 pays dans le but d’améliorer l’accès aux livres et notamment aux publications académiques grâce à la technologie.

L’OCLC a récemment consolidé son outil numérique principal WorldCat.org, le plus large catalogue de données de bibliothèques au monde et son complément WorldCat Discovery un engin de recherche performant qui permet de fouiller parmi les innombrables données que contient World Cat.

L’évènement virtuel « Machines à bulles » sur la BD numérique en France et au Québec

Source: Illustration par Joe Doolin [1] – Comic Book Plus, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4315753
 

Du 12 au 16 novembre, panels (4) et conférence (1) sur l’état actuel et le devenir de la BD numérique sont proposés en mode virtuel par le Labo de l’édition de Paris, le webzine littéraire Actualitté et le Consulat général de France à Québec

Côté québécois La Fabrique du numérique participe. Le programme de l’évènement peut être trouvé ici 

Telegram et le téléchargement illégal de livres

L’excellent webzine Lettres numériques fait état du piratage de livres via l’application russe Telegram. Conçue pour protéger ses utilisateurs de la surveillance de l’État, l’application peut en effet être utilisée sans vergogne pour y orchestrer le téléchargement illégal non seulement de livres, mais de toute forme de contenu numérique : photos, musique, vidéo, etc.

Mais ce n’est pas que le cas de Telegram. La piraterie de livres et de contenus touche l’ensemble des réseaux sociaux. L’an dernier nous avions écrit sur le piratage à grande échelle de textes d’auteur sur Amazon. Il y a là un problème de fond que les approches actuelles ne résolvent pas.

Voir des exemples concrets de poésie interactive

Un avantage d’avoir un éditeur qui fait une maitrise individualisée en poésie interactive c’est d’avoir droit à quelques images exclusives montrant quelques formes de cette poésie interactive.

Par exemple la géoloalisation de micro-poésie (haïku/senryu/gogyohka) avec éléments multimédias :

Le télégramme dont les phrases sont des images cliquables avec autant d’hyperliens :

La fouille de textes et l’usage du widget « nuage de mots »  (Word Cloud) pour extraire les mots les plus utilisés par un poète à l’intérieur d’un corpus et éventuellement assister à la création d’un nouveau poème avec le résultat.

L’insertion d’un quizz à l’intérieur d’un poème. Dans ce cas-ci, le quizz est en outre composé de 2 quatrains d’un sonnet.

Le poème choral ou en « écho » alors que la récitation d’un deuxième poème vient commenter et élargir le sens du premier, qui s’enrichit également de l’insertion d’hyper-liens :