USA Today et le contenu immersif pour les journaux

Le webzine Digital Content Next a récemment publié un article fascinant sur la manière dont le journal grand public USA Today intègre la réalité augmentée, la réalité virtuelle et l’utilisation de données pour créer des reportages interactifs. Selon le journal, la fréquentation de ce type de reportage a triplé l’an dernier pour atteindre 1,3 million de personnes. L’usage de données pour des enquêtes n’est pas nouveau, Bellingcat le fait régulièrement, mais ce qui intéressera les éditeurs de médias c’est de voir quels modèles économiques pourront être mis de l’avant avec succès.

Les applications de menstruations, l’espionnage des usagers et… l’édition numérique

Privacy International, un organisme sans but lucratif basé à Toronto a publié en décembre 2020 les résultats d’une enquête remarquable concernant la manière dont les applications liées aux menstruations accumulent et partagent les données de leurs utilisatrices.

Les conclusions? Non seulement les entreprises qui vendent ces applications conservent et accumulent les données les plus intimes de la vie  de leurs clientes, de manière incroyablement détaillée, mais elles les partagent aussi avec un large éventail de tierces parties parmi lesquelles : Amazon, Google, Facebook.

Quel est le lien utilitaire entre ces tierces parties et une application concernant la santé des femmes? Aucun. Mais les entreprises font du profit en revendant leurs clientes, comme des marchandises, aux géants commerciaux du Web. Est-ce que ces entreprises productrices des applications ont besoin de toutes ces données pour assurer le bon fonctionnement de leur produit? Absolument pas. 

Maintenant demanderez-vous, quel est le rapport avec le livre et l’édition numériques? Chaque livre vendu, même un PDF, peut être transformé en logiciel espion par sa tablette de lecture. À moins de vouloir tous publier le même livre, les éditeurs n’ont aucun intérêt à posséder les données, gargantuesques, qui s’accumulent sur les usages de lecture de leurs clients. Qui viennent quand même de payer le foutu livre et qui ont également payé la tablette qu’ils utilisent.

Ils n’ont aucun intérêt non plus à ce que les grandes marques qui vendent tablettes et livres, Kindle, Kobo, etc., collectionnent les données de leurs clients concernant leurs habitudes de lecture.  Il y a dans ces viols de la vie privée quelque chose d’indécent et d’immoral dont la culture et l’édition doivent s’éloigner en manifestant leur volonté ferme de protéger la vie privée de leurs usagers, lecteurs et clients. des mesures appropriées.

Encadrer la fan fiction??? Le pari du producteur d’Evangelion

L’excellent webzine Actualitté rapporte cette nouvelle fascinante sur le plan du marketing numérique des livres. Dans le cadre d’un partenariat avec Netflix afin de relancer la série Neon Genesis Evangelion, le producteur Gainax et le créateur de la série Hideaki Anno, veulent réguler la manière dont le fanart et la fanfiction peuvent s’approprier l’univers de la série et ses personnages.

La fanfiction est un domaine immense. Certains sites-répertoires comme le bien nommé FanFiction comptent des centaines de milliers de récits dans des dizaines de genres complètement différents. Les créateurs de fan fiction et leurs publics constituent un extraordinaire outil de promotion des ventes, ce que les éditeurs, notamment ceux de la série Harry Potter, ont compris depuis longtemps. Ce sont eux qui conservent un livre ou une série de livres dans la mémoire des publics en l’actualisant sans cesse à travers leur production. Ils constituent le noyau de fans le plus actif et le pus influent.

Gainax fait preuve d’audace en voulant mettre un frein à leurs activités et l’essai sera suivi de près par de nombreux éditeurs.

Jam Session de narrativité interactive

La (les???) Nuit de la culture en France a lieu du 22 au 24 janvier. Une nuit boréale donc et comme l’an dernier aura lieu le « Beta Jam Book » où des auteurs et des étudiants de jeu et de design numérique vont tenter de mettre sur pied des expériences de narration originales en croisant livre et jeu.

Le concept est décoiffant et on le doit à un partenariat entre le Labo de l’édition de Paris, la maison d’édition Beta Publisher, et l’école Estienne (École supérieure des arts et industries graphiques). Les expériences seront dévoilées ici le 24 au soir. Celles de l’an dernier peuvent être vues ici.

Digital Book World étend ses activités virtuelles

La conférence annuelle sur le livre numérique, très suivie aux États-Unis et dans le monde, vient de basculer dans le mode virtuel en élargissant ses activités sur une base mensuelle. DBW va désormais offrir des séminaires, 10 dans chaque cas sur deux thèmes précis :

  • L’actualité et l’avenir des fictions audio
  • Comment l’intelligence artificielle peut contribuer à améliorer l’industrie de l’édition et de la publication.

L’idée est brillante et semble adaptée à un univers post-pandémique. À suivre donc.

Publication de microprogrammes logiciels sur Twitter

Jean-noël Lafargue @Jean_no enseigne les nouveaux médias à l’Université Paris 8 et il publie sur Twitter des microprogrammes générateurs d’images.

Comme celui-ci : /* allez, encore un programme qui tient à l’aise dans un tweet */ size(900,900); strokeWeight(2.5); noFill(); background(255); translate(450,450); for(float t=1;t<1280;t+=2){ rotate(random(TAU)); arc(0,0,t,t,random(TAU),random(TAU)); }

C’est amusant et original. À quand la publication d’un « livre » d’art?