Aux États-Unis, l’affaissement du journalisme local favorise la désinformation

Source: Wikimedia Commons Images / Le Seattle Daily Star vers 1900

La version numérique de la Columbia Journalism Review vient de publier une étude alarmante à propos de la couverture des nouvelles locales aux États-Unis. Depuis 2004, le nombre de journalistes employés couvrir l’actualité locale a connu une baisse dramatique de 57%, passant de 71,640 à 30,820 journalistes. Comme la population elle, a crûe entretemps, la baisse de journalistes par tranche de 100 000 habitants atteint 64%.

Cette chute dramatique selon CJR s’accompagne en parallèle de la hausse de phénomènes comme la pollution, la corruption, le crime corporatif et le désintéressement face aux élections. Surtout, comme le souligne une deuxième analyse de la revue, la baisse du journalisme professionnel laisse toute la place à la désinformation et à un phénomène qualifié de « pink slime »: la pousse comme des champignons sur le web et les médias sociaux d’entités bidons qui moulinent des fausses nouvelles fabriquées par des algorithmes. Ces « nouvelles » soutiennent les thèses d’extrême-droite de la mouvance trumpiste et le nombre d’entités qui les propulsent serait passé de 450 en décembre 2019 à plus de 1200 durant les premiers mois de l’année 2020.

Cela donne froid dans le dos alors que les élections de novembre approchent à grand pas.

Un ajout à leurs sites web que les éditeurs de livres scientifiques détestent!

Le webzine spécialisé Torrent Freak qui comme son nom l’indique se consacre à promouvoir les contenus gratuits, publiait en janvier un article intéressant concernant un petit élément logiciel qui peut être ajouté par chacun à son navigateur Firefox (et bientôt Chrome) et qui intervient lorsque l’on visite les sites web d’éditeurs scientifiques.

Baptisé par son créateur ‘Sci-Hub Injector’, ce plugiciel apparaît sous forme d’un bouton lorsque l’on regarde le descriptif d’un livre et invite à voir le même livre sur Sci-Hub, où il peut alors être téléchargé gratuitement. Sci-Hub Injector marche éventuellement sur la ligne légale qui sépare le légitime de la piraterie.

Sci-Hub même se décrit comme : « The first pirate website in the world to provide mass and public access to tens of millions of research papers » Il s’agit d’un site militant qui lutte contre l’appropriation par des éditeurs de la littérature scientifique produite dans des universités et qui devrait selon eux être gratuite.

Un centre d’étude et de recherche sur le journalisme numérique

L’école de journalisme de l’université Columbia (Columbia Journalism School) dans l’État de New York a créé le Tow Center, un centre fondé en 2010 où les travaux des chercheurs se concentrent sur le journalisme numérique. Les mouvances culturelles de ce journalisme et ses paradigmes économiques et de marchés constituent le coeur des sujets de recherche du centre. parmi ses sujets de recherche actuels: les activités de Substack dont nous avons parlé récemment, pour attirer des journalistes et des médias locaux dans son giron.

Le MIT crée un cours pour aider à mieux comprendre et mieux gérer la désinformation dans les médias

La désinformation en mode numérique revêt de multiples formes et altère notre capacité individuelle et collective à obtenir une information juste. C’est le cas en particulier du deepfake; qui à l’aide d’algorithmes, truque photos et vidéos avec un réalisme de plus en plus confondant. Le MIT (Massachusetts Institute of Technology) a pris le problème de front en faisant ce qu’une institution de haut savoir peut faire de mieux: enseigner et dans ce cas-ci, enseigner comment séparer reconnaitre les technologies à l’oeuvre dans la désinformation et comment le phénomène affecte les médias de manière générale.

C’est le MIT Center for Advanced Reality qui a mis sur pied ce cours intitulé: Media Literacy In The Age of Deepfakes.

Et ce cours est gratuit!

Quand création littéraire et curation peuvent se fondre grâce au numérique!

Source: wikimedia commons / https://commons.wikimedia.org/wiki/User:Bermicourt
Tarot bavarois de la seconde moitié du XVIIIème siècle.

Le webzine littéraire Electric Literature a récemment produit un petit bijou de travail de curation qui est aussi une oeuvre en soi. Sous la plume et l’expertise de Liz DeGregorio, le webzine a produit Queer Poetry for Every Sign, un article qui réunit 12 poèmes illustrant chacun un signe astrologique. Ces 12 poèmes sont l’oeuvre d’autant d’artistes « Queer ». Et tous proviennent de la fabuleuse collection de la Poetry Foundation américaine

Le travail effectué ici par Madame DeGregorio souligne de manière exemplaire la richesse culturelle des contenus hébergés sur le Web et ce que l’imagination permet d’en faire.