La liberté numérique des pirates de livres


Source : Wikimedia Commons The Pirate Publisher
Auteur: Joseph Ferdinand Keppler 1886

Le webzine d’information spécialisé Torrent Freak publiait fin décembre le résultat d’un procès intenté par Amazon et des auteurs comme John Grisham contre Kiss Library, un site ukrainien qui à travers ses nombreux avatars numériques, piratait des livres et les revendait à bas prix. Le jugement accorde 7,8 millions de dollars US aux plaignants.

Maintenant la question qui se pose en relation avec la piraterie numérique est de savoir quels effets pratiques ce jugement peut avoir sur les coupables. Le juge émet une injonction contre les propriétaires, interdit aux organismes qui pivotent autour de n’importe quel site de vente de collaborer avec les pirates. Ce qui veut dire par exemple : les firmes de gestion de paiement en ligne, les moteurs de recherche, les registraires de noms de domaines, les hébergeurs, etc. Cela fait beaucoup. Sauf qu’une caractéristique du numérique, c’est de favoriser l’opacité en tentant de protéger l’anonymat et par là la liberté individuelle. Prêtes-noms (ou faux noms), nouveaux noms de domaine et c’est reparti. Les auteurs et les maisons d’édition entrent ainsi dans un cercle sans fin de poursuites.

Ironiquement l’image qui accompagne le texte évoque une situation similaire. En 1886, Joseph Ferdinand Keppler publie cette caricature de « l’éditeur pirate ». Les lois de l’époque en effet permettent à n’importe quel éditeur de publier dans un autre pays, sans aucune redevance, les œuvres d’un auteur. Par exemple, les livres de Jules Verne pouvaient, une fois traduits, être publiés aux États-Unis par un autre éditeur sans qu’il ne doive verser un sou à l’auteur et à l’éditeur d’origine. Un traité international sur le copyright intervenu en 1911 est venu mettre fin à cette iniquité.

Combien de temps nous faudra-t-il attendre avant que les États de la planète ne s’assoient ensemble pour intervenir? Le piratage n’est qu’un symptôme d’un problème plus vaste : nos sociétés sont inféodées à des barons numériques laissés sans aucun contrôle.

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