Tendance : lire et écouter en même temps?


1909 Library of Congress

Harris Interactive fait paraître les conclusions d’une enquête réalisée pour The Bookseller et dont l’ensemble des résultats sera publié lors du FutureBook Conference du 25 novembre prochain.

Le quart des amateurs de livres audio lisent en même temps le texte écrit alors qu’ils écoutent. Un résultat assez surprenant. C’est justement ce qu’Audible de Amazon veut (théoriquement) permettre : lire le texte du livre tout en l’écoutant. À suivre le 25.

Un outil de financement pour les journalistes et les éditeurs indépendants

Un jour cinq journalistes slovaques s’unissent, quittent leur journal et fondent Dennik N : Dennik signifie journal quotidien et le N Nezavislost: indépendance.

Le quintette a la volonté d’œuvre à un journalisme objectif et de haut niveau. Comment le financer?  En essayant comme d’autres journalistes de faire appel directement aux lecteurs. Mais Dennik N, avec l’aide du Digital News Innovation Fund (DNI) fait appel à la technologie pour mettre au point un outil capable d’être efficace le REMP pour Readers’ Engagement and Monetization Platform partie marketing, partie module d’abonnement, REMP permet aux éditeurs de sonder et tester leur lectorat pour savoir ce pour quoi les lecteurs sont prêts à payer.

Les outils sont en mode open source et offerts gratuitement. Dennik N a plus de 27 000 abonnés et 75% de ses revenus proviennent de l’utilisation de REMP.

Mammouth numérique se promet d’essayer à la première occasion.

Le Digital News Innovation Fund

également appelé DNIet partiellement créé à l’origine par un autre programme, de Google cette fois; le Google News Initiative, le DNI supporte la mise au point de concepts technologiques susceptibles de contribuer au maintien d’un journalisme de qualité. Plusieurs des projets ont vu le jour et au moins un que nous verrons plus tard s’annonce comme un outil de financement crédible pour les journalistes et les auteurs.

Quand la poésie vend sur Instagram

Le très sérieux Booknet Canada vient tout juste de publier une analyse sur le succès des ventes de poésie sur Instagram. Même Mammouth a dû essuyer plusieurs fois ses lunettes avec sa trompe pour s’assurer d’avoir bien lu.

Booknet s’est d’abord aperçu que les « Instapoets » au Canada s’étaient emparés des premières places sur Instagram devant les sommités comme Pablo Neruda ou Leonard Cohen. Une des poètes mentionnées par l’étude a 3,8 millions de fans sur le réseau…

Booknet a délibérément paramétré son analyse de manière à comparer les ventes des poètes ayant plus de 50 000 fans sur Instagram avec les ventes générales de livres de poésie à travers le pays dans les librairies.

Selon Booknet en 2014 les Instapoètes comptent pour 12% seulement des ventes. Deux ans en plus tard en 2016 leurs livres comptent pour la moitié des ventes et un an plus tard en 2017 elles atteignent 80%. Lorsque l’on regarde les livres avec un ISBN, les Instapoètes ne comptent que 1% des ventes, mais représentent 70% des exemplaires vendus.

Ceux qui ont suivi Authors Earnings à l’époque savent que la manière traditionnelle de compter les ventes, notamment avec l’ISBN et ne suivant que les éditeurs reconnus ne rend pas compte de l’état réel des ventes sur le terrain. Voilà une preuve de plus.

Des innovations au labo de l’édition de Paris

Nous avions interviewé son directeur Nicolas Rodelet en mai dernier et le Labo continue d’innover. Deux projets retiennent l’attention de Mammouth ces jours-ci, car ils rejoignent une tendance, la bande dessinée numérique, qui prend de plus en plus de place dans l’édition numérique en raison de sa popularité croissante.

Le premier est un projet de Philippe Roland qui se spécialise dans la BB numérique. Il propose deux choses : d’abord un format horizontal plutôt que le webtoon actuel qui se déroule verticalement. Pour la commercialisation et la diffusion, le concept repose sur une carte ouvrant un accès à un hébergement sécurisé. Une approche qui va rappeler plein de souvenirs à tous ceux qui ont déjà eu la mission d’acheter des cartes de Club Pingouin.

En parallèle, un autre créateur de BD, Edward Scott, développe un outil de production numérique, Prototool pour les artistes de la BD. Il devra peut-être changer le nom, car GitHub, le repaire des développeurs informatiques, utilise déjà le terme.

Les ventes de livres numériques exploseraient au Royaume-Uni

L’éminent journal  The Guardian rapporte que les ventes de livres numériques auraient augmenté de 43% en 2018 alors que le livre papier aurait connu lui une baisse de 5,4%. Le livre audio serait le grand responsable de cette hausse. Le livre papier conserve cependant la part belle des ventes avec 80% du marché.

Il demeure très difficile de se faire une idée claire de l’influence qu’exerce le livre numérique sur l’évolution de l’édition dans la mesure où Amazon constitue un bloc à part et que l’on arrive difficilement à connaitre l’ampleur et le détail de ses activités dans la vente de livres; papier, audio et numérique.

Le 25 octobre dernier, Publishing Perspectives a publié une fascinante entrevue avec Hiroshi Sogo, directeur de la distribution de la chaine internationale de librairies  Kinokuniya.

Ce dernier souligne que le numérique représente 14% du total des ventes de livres au Japon et que le manga (avec le « comic ebook ») pèse 90% de ce total. Ce n’est pas anecdotique quand on sait que le webtoon monte très rapidement dans le monde.

Il faudra éventuellement que Mammouth numérique rassemble les indices qui existent ici et là pour tenter un portrait global de l’évolution économique du livre numérique.