« Poésie Partout » et la promotion numérique de la poésie

Poésie Partout

Installé au Québec, l’organisme la poésie partout (avec des minuscules) use à fond des ressources du numérique pour innover en matière de médiation et de promotion de la poésie. La poésie partout passe du Web à la rue et vice-versa avec l’organisation d’activités comme la Journée du poème à porter ou encore Dehors est un poème

L’organisme dispose d’un outil très efficace avec son calendrier en ligne. Celui-ci peut être utilisé comme agenda, un clic sur une activité permet d’en voir tous les détails et l’activité peut être intégré directement dans un agenda Google via Gmail.

Calendrier

La poésie partout utilise pour ce faire une structure informatique mise sur pied par NT2, le Laboratoire de recherche sur les œuvres hypermédiatiques créé par Bertrand Gervais dont nous parlions l’an dernier,  et qui titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les arts et les littératures numériques a également contribué à mettre sur pied Littérature québécoise mobile (Opuscules) partenaire actuel de la poésie partout.

Tenter de mettre Google au pas : l’initiative française.

Concurrence

Dans la foulée de notre article d’hier:  Éditeurs de journaux : faire payer les (très ) riches  le webzine Digital Content analyse une récente décision légale en France destinée à restreindre le comportement jugé anticoncurrentiel de Google envers les médias du pays.

Cette décision s’inscrit dans la foulée de la fameuse directive Europena Copyright Directive, définie ici par Wikipedia, alors que la Electronic frontier Foundation en explique les tenants et les aboutissants. La directive européenne imposait à Google et autres de payer qoour tout ce qui dépassait le cadre d’un « snippet » en gros; une phrase descriptive.

Une loi française de juillet 2019 imposait à Google de se conformer à cette directive européenne sur le territoire français.

Réaction de Google à ce moment-là: la multinationale a retiré les descriptions, logos des médias et photos associés à ces « snippets » e forcé ainsi les éditeurs à lui octroyer une « licence » d’utilisation absolument gratuite. C’est ce que la Justice française vient de déclarer comme un abus de position dominante.

Rappelons ici quelque chose qui nous concerne tous et que souligne Digital Content. Il y a quelques années la Communauté européenne a voulu protéger avec sa GPDR ou General Protection Data Regulation les droits et la vie privée de ses citoyens contre la collecte abusive de données personnelles et leurs usages commerciaux sans consentement individuel. Google a alors conscrit toutes les entreprises qui usent l’un ou l’autre de ses produits et services en les obligeant à obtenir le consentement de leurs usagers pour la collecte de données, en les rendant justiciables pour tout manquement par Google aux règles de la GPDR et en les tenant à l’écart de l’information sur ce que Google fait avec les données recueillies, ce qui dans les faits rend le consentement individuel à peu près invalide. Quelles sont les entreprises qui n’utilisent pas l’un ou l’autre des services de Google?

Éditeurs de journaux : faire payer les (très ) riches

Victor_Hugo-Octopus

Par Victor Hugo

La récente décision de l’Australie d’imposer à Google et Facebook un partage de revenus publicitaires avec les éditeurs de journaux fait des émules. La Malaisie a annoncé son intention de faire de même

et les éditeurs canadiens exigent de leur gouvernement qu’il légifère dans le même sens. Dans le passé, lorsque Google a été menacé d’une forme obligatoire de partage quelconque, la réaction de la puissante multinationale a été de retirer les journaux locaux de ses liens. Une chose que les éditeurs ont comprise depuis c’est qu’avoir dix fois plus ou dix fois moins de visiteurs à cause de Google ne change absolument rien à leurs revenus. Et les menaces de la puissante multinationale ont évidemment d’autant moins de poids.

La crise de la Covid-19 va peut-être permettre d’ancrer dans les réflexions des différents états que la croissance de l’économie des GAFA et des places boursières de la planète n’a rien à voir avec la santé économique de nos sociétés. Or les GAFA ne paient pas d’impôt ou alors très peu. Mais ces pieuvres numériques siphonnent par contre des sommes colossales des économies nationales. Le pire, c’est que leur seule utilité est d’être omniprésentes. Elles n’ont à proprement parler, aucune fonction indispensable.

Le monde n’a tout simplement pas besoin d’un Amazon, d’un Google ou d’un Facebook. Quant à Apple, la firme américaine ne constitue pas la fin de l’innovation. Si elle n’existait pas, elle serait simplement remplacée par autre chose. Peut-être que la meilleure solution consisterait pour les différents pays à soutenir le développement coopératif de ressources numériques basées sur les besoins des communautés locales.

 

Cadavre exquis numérique au Portugal

Cadavre exquis

Pour résister à la pandémie 46 auteurs portugais se sont associés pour créer Bode Inspiratório, un cadavre exquis à plusieurs mains qui s’appelle en anglais  Escape Goat et où 22 des 46 chapitres (un par auteur) sont déjà en ligne

Le projet est rapporté par l’excellent webzine littéraire Literary Hub. On peut trouver sur le Web un reportage vidéo en portugais sur le projet ainsi que sa page Facebook

Les auteurs précisent travailler sans filet, donc ils peuvent évidemment se casser la figure, mais ils veulent offrir aux publics une évasion dans l’inspiration.

 

 

Rapport sur l’état de la culture numérique au niveau mondial

IFACCA

Le Laboratoire de l’édition de Paris se rappelle à notre souvenir en signalant la sortie récente d’un rapport de l’IFACCA (International Federation of Arts Councils and Culture Agencies) sur l’état général de la culture numérique au niveau international et comment la supporter.

L’IFACCA explique sa démarche. Rédigé par Octavio Kulesz, éditeur numérique de textes académiques en Argentine, le rapport n’apprendra rien à ceux qui sont familiers avec le domaine SAUF sur un point essentiel. L’auteur a pris au sérieux le volet « mondial » et nous présente donc la perspective de la culture numérique à partir d’exemples venus du Brésil, de la Colombie, de la Chine, de l’Afrique du Sud, etc. Une rareté rafraichissante qui élargit notre champ de vision.

Wikipedia et son réseau social

WTSocial

En début d’année, Jimmy Wales, fondateur de Wikipedia, a annoncé le lancement d’une version bêta d’un réseau social produit et géré par la célèbre encyclopédie : WT.Social

Il s’agit de la réponse, longuement méditée, aux Twitter, Facebook et autres Instagram ou Pinterest de ce monde. Avec une différence majeure : WT.Social n’est pas une société à profit, mais un organisme à but non lucratif ce qui lui permet de mieux revendiquer le terme « social ».

Le réseau n’est pas encore ouvert à tout le monde, il faut recevoir une invitation, mais pour les auteurs, les éditeurs et les autres acteurs du monde culturel il pourrait s’avérer une réponse viable et durable aux problèmes posés par les « médias sociaux » corporatifs : moins de censure, une plus grande transparence, un plus grand contrôle sur l’évolution de la page et avec moins de risque qu’un Facebook par exemple, décide de la fermer ou réduise drastiquement sa capacité à rejoindre le réseau de fidèles patiemment construit.

Il ne le sera jamais assez dit : les réseaux sociaux ne sont pas gratuits : ils demandent du temps et ce temps reste un facteur très contraignant pour de petites maisons d’édition. Aussi lorsqu’après 3 ou 4 ans d’efforts soutenus, le réseau sur lequel une maison a beaucoup investi décide de réduire à seulement 5 ou 10% des fidèles le pourcentage de ceux qui verront une publication (« post »), l’investissement fait à grande peine perd autant de sa valeur. C’est le cas depuis quelques années sur Facebook et Instagram.

L’ouverture publique de WT.Social sera à surveiller. En attendant, vous pouvez voir plus haut, avant le début du texte, la configuration du fil de notre éditeur dans le réseau.

Utiliser les bactéries pour un Internet plus efficace

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« Cell to Cell » by microbiologists Mehmet Berkmen and Maria Peñil from Massachusetts won the « People’s Choice » award in the American Society of Microbiology’s 2015 Agar Art Contest. Wikimedia Commons

Le MIT Technology Review, magazine du MIT (Massachusetts Institute of Technology) a publié en novembre dernier un article intéressant sur les perspectives offertes par l’usage de bactéries, notamment la bactérie E-Coli, dans le but de parvenir à un nouvel Internet plus efficace.

Qu’est-ce qui rend les bactéries si intéressantes pour Internet selon la science? Deux des scientifiques qui se penchent sur le sujet, Raphael Kim qui s’identifie comme un artiste et Stefan Poslad soulignent comme facteurs-clés que les bactéries communiquent de manière efficace, possèdent une énorme capacité de stockage, une architecture de traitement (dans le sens de « processing ») et des capteurs (température, lumière, etc.).

Il pourrait être ajouté que les bactéries constituent un matériau renouvelable, abondant et très peu coûteux. En 2018 des scientifiques ont réussi à programmer une bactérie afin qu’elle porte un message (le fameux « Hello World ») d’un endroit à un autre.

Évidemment, si les études en cours sont fascinantes sur le plan de la prospective, la réalité d’un Internet bactériale n’est pas pour demain. Notamment parce qu’une bactérie est trop petite pour être suivie, qu’elle peut évoluer et muter, contrairement à un processus mécanique et qu’elle peut transporter l’information n’importe où, y compris dans un être vivant, et pas nécessairement là où on le souhaite.

L’an dernier nous avions publié un article sur la possibilité d’entreposer une bibliothèque dans une bactérie et l’étude suivie par le MIT s’inscrit dans cette même mouvance du bio-hacking et du bio-engineering.

D’ici quelques années les résultats en provenance de ce secteur pourraient être bouleversants.

Quand le virus menace la petite édition

50% des éditeurs

Un reportage dePublic Sénat en France fait état du fait qu’environ la moitié des petites maisons d’édition du pays pourraient succomber aux répercussions économiques de la pandémie causée par la Covid-19.

La baisse des ventes en librairies, la fermeture des salons où ces maisons avaient l’habitude de faire une part appréciable de leur chiffre de vente, et l’incapacité de publier de nouveaux livres figurent au premier rang des facteurs négatifs.

En parallèle, c’est vrai surtout au Québec, mais aussi en France, une bonne part des éditeurs ont atteint ou dépassé l’âge de la retraite. Trouver un repreneur capable de continuer leur travail était déjà une tâche difficile dans un marché ébranlé par le numérique. Mais le contexte actuel signifie non seulement que les investisseurs possibles ont fort probablement nettement moins de possibilités ou d’appétit pour investir, mais également qu’une petite maison d’édition devient également une opération beaucoup plus à risque.

Nous ne savons pas encore exactement ce que seront à long terme les conséquences de la pandémie sur l’édition et la chaine du livre, mais nous savons déjà que de profonds changements auront lieu. Le virus risque d’avoir davantage affecté le livre que près de 30 ans de numérique.

Est-ce une mauvaise chose? Pas entièrement. Le milieu du livre a certainement besoin de renouvellement. Il y a néanmoins une quantité d’expertise considérable qui risque de disparaître.

Le Book Industry Study Group : pour soutenir le livre en temps réel

BISG

 

Le BISG pour reprendre son acronyme a été formé en 1975 aux États-Unis. L’organisme regroupe des éditeurs de tous les horizons, mais aussi les autres acteurs de la chaine du livre; libraires, imprimeurs, distributeurs, revendeurs, etc. Tous sauf les auteurs.

Le groupe constitue un exemple d’organisation concrète dont sont friands les Anglo-saxons, capable d’agir de manière ad hoc pour analyser une situation quelconque et proposer une analyse et des solutions. Il propose par exemple une série de webinaires sur des sujets pratiques pour les éditeurs.

Parmi les sujets: comment démystifier les mots-clés qu’utilise Amazon, faire le point sur les normes du W3C concernant le livre audio, gérer les métadonnées, expliquer la chaine de blocs, etc.

Le BISG n’avait pas produit d’étude majeure depuis 2014, mais tel que rapporté par l’excellent webzine Actualitté il s’est récemment penché sur les conséquences actuelles de la crise pandémique sur le livre, avec d’abord un sondage destiné aux membres, suivi d’une discussion collective enligne tenue le 9 avril dernier. Un sujet commun : comment renforcer la chaine du livre.

Dans le flux des réponses, une évidence s’est dégagée : le livre numérique constitue à l’heure actuelle un filet de protection inattendu pour les éditeurs et les libraires. Inattendu parce que le live numérique a toujours été un encombrement plus qu’une solution pour le monde du livre.

Mais la Covid-19 agit comme un révélateur : dans un monde en changement constant, le livre numérique est un produit accessible facilement et en tout temps.

Si la chaine du livre américaine décide que le livre numérique ce n’est pas seulement pour Amazon, les changements à survenir pourraient avoir de fortes répercussions sur l’univers francophone de l’édition.

Abolition de la taxe de 20% sur les livres et les médias numériques au Royaume-Uni

Guardian

Après une campagne soutenue, le gouvernement britannique va finalement abolir sa taxe de 20% sur les livres (sauf les livres audio) et les médias numériques (comme les journaux). C’est ce qu’annonçait en mars dernier The Guardian.

C’était à la mi-mars, la Grande-Bretagne n’était pas encore en mode pandémie, mais il faudra voir dans les prochaines semaines si cette abolition a pu avoir un effet bénéfique sur les ventes de livres numériques.