Les sujets abordés au dernier International Journalism Festival

Hé oui, le journalisme a maintenant son festival international, celui-ci lourdement financé par Meta (Facebook) et Google. Ça n’a pas empêché le festival, qui s’est déroulé à Pérouse en Italie du 6 au 10 avril, de porter son attention sur des sujets numériques préoccupants. Par exemple comment le téléphone mobile change l’approche du journalisme, (ce que l’agression russe en Ukraine démontre chaque jour), l’usage des outils de surveillance de masse déployés par des entreprises, ce que Google News Initiative propose aux journalistes ou l’émergence du journalisme de données.

Bien d’autres sujets y sont, tous illustrés par des vidéos encore disponibles sur le site du Festival.

Quand des journaux numériques publient à partir…des médias sociaux

Le Nieman Lab faisait état récemment de nouveaux projets de journaux qui usent des médias sociaux pour publier et s’implanter en ligne. Le journal mexicain Archivero est un excellent exemple. Ses deux fondateurs, Dardo Neubaer et Laura Sanchez Ley ont d’abord publié les articles du journal sur Instagram, TikTok et Twitter.

Comme son nom l’indique Archivero construit ses enquêtes en réexaminant des évènements du passé, meurtres non résolus notamment, à l’aide des archives qui existent.

Un autre cas similaire est celui de la journaliste Kazakhe Jamilya Mariceva qui a fondé sur Instagram son média ProTenge, lequel révèle les diverses manifestations de la corruption au Kazakhstan. ProTenge compte plus de 87 000 abonnés et le Global Investigative Journalism Network consacre un article à ProTenge et à sa courageuse animatrice.

Un magazine scientifique numérique pour contrer la désinformation

Signalé par Nieman Lab et supporté financièrement par la Science Literacy Foundation, Open Mind est un nouveau magazine numérique américain qui tente de cerner la désinformation d’un point de vue scientifique et bien sûr la désinformation qui survient dans le domaine de la science; que ce soit une conception populaire erronée d’un phénomène scientifique important ou de la désinformation à propos de faits scientifiques.

Un projet courageux qui devrait occuper intensément l’équipe éditoriale.

Craignant la pression de l’extrême-droite, les bibliothèques scolaires américaines retirent des livres de leurs tablettes

Source: wikimedia commons: Saint Paul and the burning of pagan books at Ephesus.png par Lucio Massari

L’excellent webzine InfoDocket sur les bibliothèques américaines a fait écho récemment a une enquête du Washington Post: par crainte d’être ciblés par le Parti Républicain et les autres composantes de l’extrême-droite américaine, les gestionnaires de bibliothèques scolaires retirent discrètement, sans en aviser leur personnel, les livres qu’ils jugent problématiques.

Même si ces livres n’ont pas encore été ciblé par le fanatisme. Il s’agit bien sûr d’ouvrages qui font la promotion de l’égalité raciale ou dont le sujet touche l’univers LGBTQ.

Où l’on apprend que finalement, suivre les internautes à la trace n’est peut-être pas nécessaire pour la publicité

Source : wikimedia commons
Halftoning introduction.png: Slippens / derivative work: McSush

Depuis que Apple exigeait de ses fournisseurs d’application qu’ils permettent à leurs usagers de choisir de ne pas être suivi à la trace par les fameux cookies (le fameux « opt-out »), il y avait un vent de panique chez les publicitaires, les annonceurs et bien sûr, tous les éditeurs qui vivent de la publicité. Ça veut dire en particulier les journaux dont les sections marketing se demandaient comment faire pour maintenir la valeur de l’inventaire publicitaire. Maintenant que le temps a passé et que la Californie vient de claironner son intention de légiférer dans le même sens restrictif, le discours change. Finalement, tout le monde semble réaliser que le suivi invasif des usagers n’est pas nécessaire pour assurer le succès des publicités. Un excellent article sur le sujet a été récemment publié par Digital Content Next et la lecture en vaut la peine. Reste à voir comment les Kobo et Kindle de ce monde vont réagir.

Le festival littéraire Metropolis Bleu a dévoilé sa programmation

Plus important festival littéraire multilingue international, Metropolis Bleu a lieu tous les ans à Montréal. Cette année le festival se tient en deux temps. D’abord en ligne du 28 avril au 4 mai puis en salle du 5 au 8 mai. La riche programmation offre plus d’une douzaine de catégories en plus de la bibliothèque du festival.

Sous le thème Sciences, planète, sociétés, une catégorie du festival est consacré au dialogue entre sciences, écologie et littérature, un concept original.

Tout cela est à découvrir à partir du 28 avril

Le MIT crée un cours pour aider à mieux comprendre et mieux gérer la désinformation dans les médias

La désinformation en mode numérique revêt de multiples formes et altère notre capacité individuelle et collective à obtenir une information juste. C’est le cas en particulier du deepfake; qui à l’aide d’algorithmes, truque photos et vidéos avec un réalisme de plus en plus confondant. Le MIT (Massachusetts Institute of Technology) a pris le problème de front en faisant ce qu’une institution de haut savoir peut faire de mieux: enseigner et dans ce cas-ci, enseigner comment séparer reconnaitre les technologies à l’oeuvre dans la désinformation et comment le phénomène affecte les médias de manière générale.

C’est le MIT Center for Advanced Reality qui a mis sur pied ce cours intitulé: Media Literacy In The Age of Deepfakes.

Et ce cours est gratuit!

Metropolis Bleu tient son festival littéraire en 2022

L’an dernier des trésors d’imagination avaient été nécessaires pour que Metropolis Bleu puisse tenir son festival littéraire international et il en sera de même cette année encore. Covid ou non, le festival aura lieu du 28 avril au 8 mai. L’an dernier, malgré les embûches et le virtuel, le Festival avec ses 230 évènements et 65 balados avait quand même réussi à rejoindre en ligne 220 146 personnes.

Voici la programmation du Festival.