Webtoon est en croissance

Nous en avons déjà parlé dans nos pages, le webtoon est un format de bande dessinée adapté pour le téléphone cellulaire : les histoires se lisent verticalement, de haut en bas, plutôt que de droite à gauche.

Originaire de Corée du Sud le webtoon est également le cheval de bataille d’une entreprise du même nom : Webtoon. Signalé par l’excellent Lettres Numériques, l’acquisition de Wattpad (éditeur numérique de fiction et de fan fiction) par le conglomérat Internet Naver, également originaire de Corée provoque un bouleversement majeur dans la bande dessinée numérique.

Naver fusionne en effet les studios créatifs de Wattpad et de Webtoon et crée en même temps un géant de l’édition du manga et de la bande dessinée numériques. Or, en parallèle, ActuaLitté nous apprend que Webtoon vient également de conclure un partenariat avec DC Comics afin de produire une ou des séries de webcomics exploitant l’univers DC.

Ce sera à surveiller!

L’Indéprimeuse: les délices numériques de la typographie

Née dans une famille d’imprimeurs depuis plusieurs générations, L’Indéprimeuse connaît sur le bout des doigts les heurs et malheurs de la typographie. Et c’est avec humour qu’elle nous entretient du sujet sur son fil Twitter, en plus de proposer sur son site une kyrielle de produits dérivés qui exploitent le sujet de la typographie avec originalité. Dans tous les cas, on apprend en souriant.

Comme quoi l’impression papier et le numérique peuvent, à l’occasion, devenir de parfaits partenaires.

Vol d’oeuvres et NFT: Deviant Art intervient

Les vols d’oeuvres d’art se multipliant via l’usage des NFTs (Non Fungible Token ou jeton non fongible), DeviantArt l’un des plus anciens médias sociaux consacrés aux arts, met en place des mesures de préventions. DeviantArt Protect est un algorithme de détection qui sur la plateforme, repère les œuvres par trop semblables et en avertit les auteurs. DA élargit désormais le service en passant en revue les différents sites de NFT destinés aux arts.

Le problème est que cette « protection » ne couvre que les trois premiers mois de la présence d’une œuvre sur la plateforme et seuls les membres payants sont protégés de manière permanente, tant qu’ils paient bien sûr. Signalons que sur DeviantArt, se trouvent également des sections dédiées à la fan fiction, à la poésie et à la littérature, même si DA est reconnu presque exclusivement pour ses artistes en illustration (fantasy et jeu vidéo), photos et cosplay.  

Un sommaire hebdomadaire des fausses nouvelles sur les médias sociaux aux États-Unis

Hercule combattant l’Hydre de Lerne / Collection du Rijksmuseum

InfoDocket, qui se veut le journal des librairies américainesvient de publier cette banque d’hyperliens

Il s’agit des relevés hebdomadaires que fait l’Associated Press de toutes les nouvelles fausses qui sont publiées sur l’ensemble des médias sociaux aux États-Unis. Intitulé Not Real News, ce relevé constitue un travail méritoire, qui devrait offrir des découvertes fascinantes aux chercheurs. Voici où l’on peut le trouver sur une base régulière.

Pourquoi les NFT et la chaine de blocs représentent-ils une menace pour les arts et le livre

Un reportage de la BBC ouvre une fenêtre sur la réponse.

Spéculation et manipulation, identité et sécurité sont les problèmes les plus criants. Attardons-nous d’abord a l’aspect spéculatif : l’usage de NFT pour l’achat d’œuvres numériques est promu en grande partie par des individus qui spéculent avec les cryptomonnaies. Le site NFTheft est on ne peut plus lumineux sur le sujet.

Ce qui est vendu avec la chaine de blocs et les NFTs c’est essentiellement un acte de foi : vous êtes propriétaires d’œuvres d’art et non pas d’une collection d’algorithmes. Cet acte de foi peut-il résister au passage du temps?  On ne parlera même pas ici de la valeur artistique des œuvres proposées/acquises. L’édifice financier sur lequel se juche le marché de l’art en mode NFT est précaire.

L’achat d’art permet également aux spéculateurs de gonfler et consolider leurs opérations financières à travers les cryptomonnaies. Mais dans un univers spéculatif, les artistes sortent rarement gagnants. Ils ne sont pas partie prenante au processus où leurs œuvres s’échangent. Or une fois l’emballement passé, il est facile de constater d’une part que la chaine de blocs est un processus encore extrêmement complexe et que les cryptomonnaies sont très volatiles. Le tout est une affaire de spécialistes.

Ensuite, ce n’est pas gratuit, loin de là. S’équiper pour réaliser des transactions avec des NFT, simplement acheter les différents portemonnaies virtuels, va coûter des centaines de dollars/euros. Complexité (ce qui demande temps et énergie à maitriser) et coûts financiers sont des obstacles que l’artiste aux revenus moyens ne peut franchir.

En parallèle, les cryptomonnaies, et le phénomène est maintenant connu, sont le terrain de jeu des mafias de tous genres et des régimes autoritaires qui s’y livrent au blanchiment d’argent et aux manipulations financières.

Voici un article de Forbes sur le sujet et un autre (également en anglais) de La Stampa. Enfin cette analyse de CrossFire KM décortique le blanchiment d’argent grâce aux cryptomonnaies.

Les cryptomonnaies favorisent précisément ce qu’elles devaient contrecarrer : le manque de transparence. Et l’art numérique devient un vecteur de plus favorisant le blanchiment d’argent.

Enfin et surtout : parlons du vol d’œuvres et du hacking mafieux. Le raisonnement qui justifie l’usage de la chaine de blocs et des NFT en arts et en culture veut que l’algorithme soit neutre, objectif et donc idéal et parfaitement sécuritaire pour des transactions.

Si ce raisonnement vous semble familier, vous avez raison. C’est essentiellement l’argument utilisé par la NRA américaine afin de promouvoir l’usage des armes à feu aux États-Unis : le fusil d’assaut est neutre. C’est le doigt sur la gâchette qui cause le mal.

Qui applique l’algorithme à une œuvre, permettant ainsi de l’authentifier  comme étant la sienne? Pas nécessairement son créateur! Le reportage de la BBC démontre bien que déjà des créateurs en arts visuels ont été victimes de vols d’œuvres à travers la chaine de blocs. 

N’importe qui peut voler le porte-folio en ligne d’un artiste et s’approprier ses œuvres numériques comme siennes.

Plus l’accent est mis sur la pseudo-sécurité et la pseudo-authenticité de la chaine de blocs, plus le processus devient presque impossible à contrecarrer. Bien sûr, l’artiste visuel va avoir les fichiers originaux pour défendre ses droits et sa capacité à commercialiser en ligne.

Mais rien de plus facile pour des mafias numériques que de cibler les artistes qui vendent le plus, de se donner la propriété de leurs œuvres à travers la chaine de blocs et de les faire ensuite chanter en menaçant de nuire à leurs activités pour obtenir un pourcentage de leurs ventes. L’artiste a alors le choix de plier ou d’entamer de coûteuses poursuites en justice. Bonne chance pour faire ça en Russie!

En édition c’est encore plus facile. Le piratage d’œuvres littéraires sur certaines plateformes numériques est déjà endémique. Nous en avions déjà parlé à propos de Telegram et surtout d’Amazon. Avec la chaine de blocs, des catalogues d’édition en entier peuvent changer de main. En littérature, un texte exprimé numériquement n’a pas un original numérique de 500 megs en Photoshop avec des dérivés numériques de 329 k utilisés sur Twitter ou Instagram pour l’autopromotion qu’un hacker va dérober dans l’intention de nuire.

Une fois copiée, la version numérique d’un texte est intrinsèque. Toute l’œuvre d’un auteur peut être copiée et réenregistrée, légalement (!) sous le nom d’un autre grâce à la chaine de blocs. Bien sûr, des auteur(e)s comme J.K. Rowlings sont trop connus pour s’inquiéter. Mais les autres? Et leurs maisons d’édition?

Le problème fondamental est qu’à l’heure actuelle, la chaine de blocs est proposée comme une panacée universelle, sans réflexion sur ses conséquences possibles en mettant encore une fois l’ordinateur en avant comme preuve prétendue de neutralité. Comme si derrière, personne n’utilisait l’ordinateur en question!

Les médias sociaux devaient permettre de démocratiser l’information. Le bitcoin devait être la réponse démocratique citoyenne à l’emprise des grandes banques sur le système financier.

L’Histoire nous montre que le communisme est un superbe concept. Théoriquement égalitaire et juste. Le problème c’est quand un Mao, un Lénine ou un Staline gère le concept en question. Le seul contexte dans lequel la chaine de blocs peut être, éventuellement, utile c’est utilisé par un organisme à but non lucratif; Revue H étant un excellent exemple.

Nous y reviendrons dans les prochaines semaines.

Éducation et Covid : en Californie un enseignant non vacciné infecte 12 élèves

Radiographie de la poitrine : pneumonie causée par la Covid-19 / Source: Hellerhof / Licence

La Covid ne fait normalement pas partie des sujets que nous couvrons. Sauf en ce qui concerne ses répercussions, favorables et défavorables sur l’édition. Mais outre que nous avons décidé d’intégrer l’éducation à nos activités, il y a des sujets qui transcendent les barrières par leur importance ; l’ampleur de leur rayonnement, et par leur gravité ;  le sérieux de leurs conséquences. En voici un.

Cet enseignant californien, outre ses élèves, a infecté au total 27 personnes. Covid, vaccination et passeport vaccinal créent un tourbillon argumentaire, mais en ce qui nous concerne, le débat s’arrête ici. Lorsque la liberté de ne pas être vacciné devient la liberté d’infecter.

N’allez pas croire qu’aux États-Unis les antivaccins sont repentants. Le journaliste Tim Wise a fait début août une analyse glaçante de leur idéologie.

Ce n’est pas que les antivaccins ne craignent pas la mort. C’est qu’ils sont convaincus qu’ils n’attraperont pas la maladie et qu’ils se fichent que les autres en meurent. Suivant leur logique particulière, leurs responsabilités face au collectif doivent être assumées par… les vaccinés. Ils ont tous les droits. Les autres ont toutes les responsabilités.

La culture est moins touchée, mais des débats dans des maisons d’édition il y en a. Dans le secteur de l’éducation et dans les écoles; il y en a bien davantage. Dans de telles circonstances, il peut y avoir de l’éducation et de la culture. Mais un système d’éducation ? Une organisation à l’échelle sociale de la culture ? Non.

Ce qui nous fascine au final c’est que nous disposons d’algorithmes et d’outils d’intelligence artificielle capables de découper un être humain en mille segments quand il s’agit de lui faire acheter une marque de savon ou de téléphone intelligent en particulier. Nous sommes cependant dépourvus pour expliquer et comprendre la hargne médiévale qui assaille nos sociétés.

À défaut d’autre chose, l’automne promet d’être instructif.

Un jugement qui pourrait causer des problèmes à Facebook et aux médias sociaux

Le magazine Forbes rapportait fin juin ce jugement de la cour suprême du Texas aux États-Unis : bien que Facebook ne puisse être tenu responsable des propos tenus sur sa plateforme, l’entreprise peut être poursuivie pour les activités criminelles auxquelles se livrent les prédateurs sexuels qui y sévissent.

Et Facebook devra prochainement faire face à plusieurs de ces poursuites par des victimes. Aux États-Unis, les montants des poursuites peuvent avoir des conséquences financières sérieuses même pour des titans du 2.0 comme Facebook.

Évidemment, ce jugement sera porté devant la cour suprême du pays, mais c’est peut-être un premier pas pour mettre fin au règne du laissez-faire et amener les pays à contrôler les aspects toxiques des réseaux sociaux.  

Original : Cette plume « spirale » fusionne la plume antique et le crayon moderne!

Une trouvaille de Colossal qui fait état de cette innovation.

Drillogest une création de l’agence japonaise Shion, qui oeuvre dans la fabrication de pièces métalliques pour…l’aviation.

Ses designers ont créé un concept qui réinvente la plume. Une tête métallique spiralée, dont le design est interchangeable, trempée dans l’encre, retient suffisamment de cette encre pour couvrir une feuille (format A4).

Le projet est en mode financement participatif sur KickStarter

Pourquoi les spéculateurs s’intéressent tout à coup aux œuvres numériques vendues à travers la chaine de blocs

Derrière la fièvre actuelle de ventes d’oeuvres grâce aux NFTs, il y a l’intérêt d’investisseurs et de spéculateurs qui achètent ou enchérissent.

Comme nous l’avons vu dans l’article précédent, le NFT confère une valeur à une œuvre numérique en l’identifiant comme étant unique. Cette authenticité est évidemment entièrement virtuelle. Le propriétaire d’un tableau l’a à son mur. Cette réalité est indéniable. Le propriétaire d’une œuvre numérique ne peut s’appuyer que sur le NFT pour affirmer sa propriété et l’unicité de l’œuvre. Ceux qui investissent à travers les NFT ont donc un intérêt évident à mousser le concept afin de consolider la valeur de leur(s) propriété(s) par l’adhésion d’un plus grand nombre au phénomène. Plus il y a de joueurs, plus le jeu prend de la valeur, même si à la base, tout l’édifice repose sur ce qui est un acte de foi : accorder de la valeur financière à quelque chose qui n’existe pas concrètement.

En parallèle au contexte spéculatif prévalent, les NFT s’appuient généralement sur l’Ethereum, la cryptomonnaie la plus forte derrière le Bitcoin. Les possesseurs d’Ethereum veulent les utiliser et une manière utile de le faire d’un point de vue marketing est d’encourager les arts : on peut ainsi contribuer à valoriser financièrement et ses Ethereum et les œuvres achetées.

De plus, la chaine de bloc, qui enregistre chaque transaction, favorise la revente des œuvres, ce qui alimente l’effet spéculatif. Comme les œuvres sont souvent vendues sous forme d’enchères, l’attrait de la spéculation prend de l’ampleur.

La BBC a produit un excellent reportage sur le phénomène.

The Guardian a également pondu une analyse éclairante sur le sujet.

Wired de son côté a tenté de déchiffrer les aspects monétaires de ces transactions de NFT liées aux arts.