Florilège : livres à colorier numériques des musées

Logo 2 léger 800 x 800 P Jamin Mammouth copie

Coloriage

 

Parfois le bonheur techno vient des choses simples.

Comme le signale l’auguste institution du Smithsonian, l’événement annuel #ColorOurCollections est en cours et plus d’une centaine de musées déjà l’ont rejoint. Ils proposent à leurs usagers sur les médias sociaux des albums à colorier numériques produits à partir de leurs collections.

Ce n’est rien de technologiquement spectaculaire, mais la quantité et la qualité des images numériques proposées par autant d’institutions variées valent largement le détour. La liste complète des propositions des musées est disponible ici

 

Remettre aux créateurs le contrôle de la distribution et des revenus de leurs créations

Logo 2 léger 800 x 800 P Jamin Mammouth copie

Tribler

Le professeur Johan Pouwelse de la Delft University of Technologie, située aux Pays-Bas travaille depuis 15 ans sur un projet particulier du nom de Tribler, la seule plateforme BitTorrent véritablement décentralisée, par où peuvent transiter de manière confidentielle et sécuritaire les fichiers de créations culturelles.

Dans le cadre de leur programme de recherche sur un « Internet de la confiance » (Internet of Trust), les universitaires de la Delft University of Technologie ont reçu 3,3 millions d’euros (environ 5 millions $ canadiens) dont une bonne partie va aller au professeur Pouwelse et Tribler.

Tout ce qui s’appelle producteur, éditeur et distributeur a en horreur le concept derrière BitTorrent système informatique d’échange privilégié par les pirates de contenus. Mais pour le Professeur Pouwelse, il s’agit plutôt d’offrir aux artistes la possibilité d’éliminer les puissants intermédiaires de l’industrie du divertissement afin de récupérer les revenus de leurs créations et de contrôler ainsi entièrement leur destinée artistique.

Le Professeur Pouwelse croit que la combinaison du format de partage BitTorrent avec la chaine de blocs (Blockchain), qu’il vient d’ajouter à son protocole, va enfin permettre aux artistes de réaliser ce vieux rêve de contrôler eux-mêmes leur distribution et leur carrière.

Il s’agit certainement d’un projet à suivre.

Un lecteur e-book en mode open source

Logo 2 léger 800 x 800 P Jamin Mammouth copie

open project

Le webzine techno Gizmodo signalait récemment l’apparition prochaine sur le marché d’un lecteur e-book en mode open source et totalement débarrassé des restrictions que les entreprises y mettent, y compris la surveillance des habitudes de lectures de leurs clients et usagers.

Le Open Book Project est apparu dans le cadre d’un hackaton mis sur pied par Hackaday une communauté de développeurs de matériel informatique et par Diki-Key, un distributeur de composantes électroniques. Diki-Key va d’ailleurs assurer la production d’une première fournée de ces lecteurs au look très dépouillé qui laisse voir la partie électronique comme la photo permet de le constater.

Construit à partir des micro-ordinateurs d’Adafruit Feather, lui-même dérivé d’Arduino, le lecteur de l’Open Book Project offre le grand avantage de pouvoir être aménagé cousu main par quelqu’un qui a un minimum de connaissances dans l’électronique de type Arduino. Les services de base comprennent un écran de 400 X 300 pixels, très modeste comparé à ses concurrents, mais consommant très peu d’énergie, une prise pour des écouteurs et un microphone avec un algorithme d’intelligence artificielle offrant la possibilité de commandes vocales. Une entrée pour une carte microSD permet à l’usager du lecteur d’y insérer tous les textes et livres numériques qu’il souhaite, sans aucune restriction.

Reste à connaître le prix, la date de sortie et la quantité de ces lecteurs qui seront disponibles.

Un « jam session » de littérature interactive au Labo de l’édition

Logo 2 léger 800 x 800 P Jamin Mammouth copie

Beta Book Jam

Nouvelle initiative du Labo de l’édition de Paris, une session particulière se tiendra dans ses locaux le 8 février à 18hres. En partenariat avec une nouvelle maison d’édition qui s’appelle (en français dans le texte) Beta Publisher et l’École Estienne Restitution qui enseigne la communication et les arts du livre, l’évènement rassemble des auteurs, des étudiants et des professionnels qui tenteront de créer des concepts d’histories interactives inspirés par le thème du jeu vidéo. Les résultats seront disponibles en ligne le soir même ici .

L’idée est excellente et sera à suivre.

La relation entre les auteurs et les éditeurs : ça chauffe en France

cropped-logo-5-b-petit-mammouth.jpg

Leonid_Pasternak_-_The_Passion_of_creation

Leonid Pasternak : « La passion de la création » Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=17996539

Le webzine l’Actualitté a mis de l’avant en 2019 et au début de cette année une série d’analyses sur les relations de moins en moins bonnes entre les auteurs et les éditeurs.

En ce mois de janvier il y a notamment ce refus du Syndicat national de l’édition (SNE) https://www.sne.fr d’accorder systématiquement 10% des revenus de ventes aux auteurs (ce qui est précisément le droit d’auteur).

Les auteurs ont eu en France une année 2019 exécrable, renforcée par des actions imprévues de certains organismes publics. Un rapport commandé par le Ministère de la Culture sur le statut du créateur en France et attendu avec espoir par les artistes et les auteurs semble avoir été « Godot-isé ». Tout le monde en parle et en discute, mais le rapport en question n’a jamais été vu.

Ce qui crée un contexte pas du tout confortable pour les auteurs et, avec nos excuses à eux et aux autres parties impliquées, un formidable laboratoire sur l’avenir de la culture française et francophone, du moins dans le domaine du livre.

Avec la présence d’Amazon, celle de plus en plus envahissante de l’intelligence artificielle dans le champ de la « rédaction », l’évolution de l’auto-édition et l’entrée en scène progressive des cryptomonnaies et des chaines de blocs qui permettent davantage d’indépendance aux auteurs, le bouillonnement actuel va s’amplifier.

La fonction d’éditeur a été créée par une sanction royale de la monarchie anglaise au XVIIIe siècle. Ce n’est pas exactement conçu pour l’économie numérique. Tout le système français du livre (calqué par le Québec) est également règlementé d’une manière aussi détaillée que systématique. C’est un modèle de forteresse qui peut rompre brutalement, mais ne peut pas plier.

Le résultat éventuel va être n’importe quoi sauf ennuyeux.

La taxe de vente sur les livres numériques en Europe

Logo 2 léger 800 x 800 P Jamin Mammouth copie

Taxe

En 2019 et au 1er janvier de cette année, la TVA sur les livres numériques a diminué dans la plupart des grands pays : Finlande, Allemagne, Belgique, Suède, etc. En France il est de 5,5%, comparable au livre papier.

Mais comme le démontre cet article de la fin octobre dernier de l’excellent The Guardian, cela fait déjà un moment que divers intervenants réclament la baisse de la TVA de 20% (!) sur les livres numériques dans le Royaume-Uni. Sans succès.

Il va être intéressant, et peut-être désolant, de suivre quels effets le Brexit produira sur le livre et la culture en général dans les pays du Royaume-Uni.