4400 exposants numériques à Francfort

C’est le chiffre que nous retenons pour l’instant de la Foire de Francfort en mouture Covid. Même si près de 1300 de ces exposants viennent d’Allemagne, cela fait non seulement beaucoup de participants, mais surtout beaucoup d’argent investi dans un mode, le numérique, qui laissait jusque là l’édition plutôt froide.

Publishing Perspectives présente quelques statistiques préliminaires sur la Foire, mais en attendant de connaitre l’état de la participation, le nombre d’exposants impressionne. Là où va l’argent s’inscrit la volonté stratégique et celle de l’édition donne un sérieux coup de barre du côté du numérique.

Fournir les chiffres de vente aux auteurs devrait être une obligation

L’excellent webzine Actualittés, encore lui, publiait récemment une nouvelle intéressante.

Les maisons d’édition de l’empire Hachette fourniront dorénavant aux auteurs un espace numérique où ils pourront trouver les chiffres; tirages, ventes, etc., qui les concernent.

Cela amène deux réflexions :

D’abord, qu’il ait fallu attendre 2020 pour que quelque chose d’aussi fondamental se fasse, c’est proprement stupéfiant.

Ensuite, les maisons d’édition de la francophonie sont lourdement subventionnées par l’État, c’est-à-dire vous et moi. La transparence avec les auteurs ne devrait pas être une option. Cela devrait être obligatoire!

Le livre numérique et le livre audio poursuivent leur montée.

« The phonograph at home reading out a novel. » From ‘The Papa of the Phonograph,’ Daily Graphic (New York), April 2, 1878, 1 (The Western Reserve Historical Society, Cleveland, Ohio)./ Wikipedia

La pandémie favorise le virtuel. Livres numériques et livres audio semblent en profiter. L’excellent webzine Lettres numériques publie un article sur le sujet

On peut y trouver un lien vers une étude gratuite (en anglais cependant)

sur la hausse des ventes du livre numérique et du livre audio dans la zone Allemagne, Autriche et Suisse germanophone.

La tendance déjà observée ailleurs se poursuit donc.

Accumulation de données et vie privée des lecteurs : ce qui concerne l’édition

Avec l’Intelligence artificielle (IA), la collecte de données à tout vent par ceux qui diffusent sur le web une forme quelconque de contenu devient absolument toxique pour la démocratie.

Avec le livre numérique qui prend davantage d’importance économique en période de pandémie, les éditeurs ne sont pas à l’écart des soucis concernant la vie privée. Les liseuses amassent des tonnes de données sur les usagers de livres numériques.

Un livre papier ça n’espionne pas. Un lecteur qui se sent épié en usant de sa tablette de lecture ne sera pas enclin à acheter souvent! Payer pour être espionné c’est quand même un comble. Les éditeurs ont tout intérêt à mettre de l’avant des mesures pour s’assurer que leurs produits numériques et les liseuses qui les diffusent respectent la vie privée de leurs clients.

Les excuses sur les besoins en marketing afin de connaitre l’usager pour mieux offrir un service qui lui convienne ne tiennent pas.

Avez-vous déjà vu plus idiot comme publicité que ce dont nous bombardent Facebook ou YouTube?

La réalité c’est que d‘un point de vue de promotion et de mise en marché, il est besoin de très peu de données.

Quant à l’idée d’industrialiser la rédaction pour n’offrir que des textes ayant un maximum de chances de se vendre en plus grande quantité, c’est un désastre assuré pour l’édition. Parce qu’un algorithme de rédaction n’a pas besoin d’eux. Et son propriétaire va s’appeler Google ou Amazon ou Apple…

Bref, il est temps que les éditeurs se positionnent sur ce sujet incontournable : le respect de la vie privée.

Récemment, Privacy International, une organisation britannique charitable dont le but est précisément de militer pour la protection des droits individuels en matière de vie privée a interpellé Google l’an dernier au sujet des applications préinstallées et impossibles à déloger vendues avec les téléphones qui utilisent Androïd. Ces applications sont généralement mises en place par le fournisseur du service téléphonique, qui vend aussi le téléphone.

Récemment, Privacy International a publié la liste de tout ce que ces applications amassent comme données sur l’utilisateur, en résumé : absolument tout. Incluant les empreintes digitales de ceux qui utilisent cette méthode pour ouvrir leur téléphone.

Crucial : La Foire de Francfort publie une étude – gratuite – sur l’intelligence artificielle et l’édition!

La célébrissime Foire, en mode COVID, met à disposition des éditeurs des études (« White Papers ») gratuites. La dernière, produite par la firme de gestion Gould Finch s’intitule : The Future Impact of Artificial Intelligence on the Publishing Industry

Si vous croyez que le numérique a modifié/transformé/bouleversé votre travail d’éditeur ou d’auteur, nous ne saurions trop vous recommander de jeter un œil sur l’étude, et sur toutes celles qui sortent gratuitement. L’Intelligence artificielle (IA) promet de bien plus grands bouleversements.

Avec 27 ans de recul et après avoir participé ou assisté nous-mêmes à des tonnes de célébrations quasi mystiques à propos des effets bénéfiques extraordinaires pour les entreprises de telle ou telle technologie, permettez-nous de prendre le contrepied des propos de Gould Finch et de vous expliquer pourquoi éditeurs et auteurs doivent se méfier de l’Intelligence artificielle (IA).

D’abord parce que l’IA risque d’accentuer le clivage économique entre les grandes maisons d’édition et les petites et moyennes boites. Pour une maison de 5 ou 6 personnes, même la gratuité des réseaux sociaux sur le plan promotion représente un coût financier puisqu’il faut y dédier le temps de quelqu’un. L’IA? La majorité des maisons n’ont pas les moyens d’internaliser l’expertise nécessaire pour la manipuler et encore moins pour faire appel à des services extérieurs.

Corollaire à l’argument, les GAFAs, qui n’ont pas de problèmes financiers, vont en profiter pour accroitre leur contrôle sur la diffusion, la commercialisation, mais éventuellement aussi la création de livres.

L’un des problèmes les plus toxiques créés par les algorithmes des Google, Facebook et compagnie est de « proposer » aux utilisateurs des contenus en fonction des préférences que l’algorithme leur suppose, créant de facto une ségrégation parmi les contenus disponibles et pertinents.

Cette ségrégation, culturelle  ici, va s’accentuer, nuire à la visibilité des œuvres,  nuire à l’universalité de l’accès et favoriser indûment les «best-sellers » au détriment d’autres livres.

Avec ses formules « d’aide à l’écriture », proposant des structures narratives « à succès » l’IA risque d’uniformiser la création et en fait, de l’étouffer à petit feu.

Corollaire nauséabond, l’IA va en même temps « industrialiser » le travail d’auteur. Elle ne va pas le remplacer, mais va le forcer à se conformer à un système de production à la chaine.

Voilà donc autant de bonnes raisons non pas de fuir l’Intelligence artificielle, mais au contraire de s’y intéresser de très près afin de prévenir les dégâts parce que cette fois-ci, les gens de l’édition n’auront pas le temps de guérir avant de disparaitre ou de devenir invisible dans la conformité.

Le secteur romance en mode numérique augmente ses ventes aux Etats-Unis

Signalé par la version en ligne de Publishing Perspective, les ventes de ebooks dans le secteur romance augmentent de 17 points de pourcentage de janvier à mai seulement. Même si ses ventes sont impressionnantes depuis plusieurs années, le secteur de la romance demeure difficile à cerner, car c’est le domaine des auteurs autopubliés qui profitent d’un public extrêmement loyal.

Nous avons hâte de voir les chiffres de vente de mai à septembre!

Facebook et Google contre… nous

Par Victor Hugo

Les nouvelles ont fait le tour de la planète : l’Australie est ciblée à la fois par Facebook qui menace d’empêcher là-bas le partage des nouvelles des médias et par Google qui demande à ses Youtubeurs de faire pression sur le gouvernement en place et qui prétend que la sécurité des données des internautes, serait menacée.

Dans ce dernier cas, Google qui commercialise les données privées des internautes et qui a été accusé moult fois, avec sérieux, de lire les courriels de ses utilisateurs, ne manque pas de culot. Dans un cas comme dans l’autre, ces deux éminents membres des GAFAs refusent que l’on touche à leurs privilèges d’entreprises supranationales au-dessus des lois des États. Ils s’en prennent à l’Australie comme à n’importe quel autre État.

Si un effort doit être fait afin de mettre les GAFAs au pas, ce doit être maintenant. Google et Facebook ont lourdement  investi dans les recherches en intelligence artificielle (IA), laquelle commence déjà à être utilisée à toutes les sauces dans nos sociétés. Les deux titans technologiques ont notamment investi dans le fameux projet MILA de l’Université de Montréal sur l’IA. Facebook y a mis 7 millions de dollars canadiens (4,52 millions d’euros) en 2017 et Google 4,5 millions de dollars (2,91 millions d’euros) en 2016.

L’intelligence artificielle contrôlée par les GAFAs constitue éventuellement une menace bien plus grande à nos démocraties et à nos cultures que le contrôle économique de la concurrence et des produits, la désinformation systématique et l’impunité face à l’impôt et aux lois des États.

Notre indolence face au numérique a laissé les GAFAs devenir un monstre. Il ne pourra pas être stoppé une fois en contrôle de l’IA.

Une étude (gratuite) sur les ventes du livre audio

La Foire de Francfort publie gratuitement une étude (« White Paper ») sur le livre audio. Linda Lee, qui durant quatre ans fut présidente de l’Audio Publishers Association aux États-Unis a produit l’étude qui analyse la croissance du marché, les données démographiques disponibles sur les acheteurs et usagers en terminant avec les perspectives d’avenir vues par quelques-uns des principaux joueurs de l’industrie.

Pour davantage d’informations sur les grandes lignes de l’étude, le webzine Publishing Perspectives en publie un survol complet.

Amazon accusé de comportement anticoncurrentiel dans le livre aux États-Unis

Devant le comité antitrust de la Chambre des Représentants, les trois principales associations américaines liées au livre, l’Association of American Publishers, l’Authors Guild et la American Booksellers Association pointent du doigt Amazon pour son contrôle abusif du marché du livre dans une lettre conjointe livrée aux membres du comité.

Nous sommes en 2020. Amazon opère dans le marché du livre depuis au moins 20 ans. Le titan des ventes a grandement profité du fait que les grands éditeurs, pour nuire au livre numérique, ont choisi d’en augmenter artificiellement les prix à l’époque et laissé le champ libre à Amazon pour profiter de la situation.

Est-ce que les GAFA exercent un contrôle monopolistique? Évidemment. Mais le milieu du livre a contribué ici à son malheur.

Les prix du film de la Foire du livre de Francfort

Cette Foire, la plus importante au monde, reconnait depuis longtemps l’importance de ce qui est appelé le « Cross Media » ou transplateforme pour mettre en valeur le contenu littéraire. Le film figure parmi les plus importants de ces médias. Aussi la Section Arts+ de la Foire accepte-t-elle jusqu’au 28 août les soumissions pour des films dans trois catégories :

Meilleure adaptation littéraire internationale

Meilleure adaptation internationale pour le livre enfant et jeune adulte

Le meilleur livre illustré en film

La Foire aura lieu du 14 au 18 octobre à la fois sur place, avec les mesures de distanciation sociale appropriées et en ligne.