Les livres numériques et audio cartonnent au Royaume-Uni

Le quotidien The Guardian a fait état récemment des chiffres de vente des éditeurs (« publishers ») du pays pour les 6 premiers mois de 2020 et s’ils sont plutôt calamiteux pour le papier, ils se révèlent en revanche enthousiasmants pour le volet numérique.

Après 6 années de baisse  à partir de son sommet des ventes atteint en 2014, le livre numérique a vu grimper ses ventes de 17% entre janvier et juillet et le livre audio fait encore mieux avec une faramineuse augmentation de 42%. Ça ne compense pas complètement les chiffres du livre papier, mais ça met un baume. 2020 devrait être une année record pour les ventes numériques des éditeurs du Royaume-Uni.

Les librairies indépendantes contre-attaquent Amazon sur le web

Le journal anglais The Guardian a récemment publié un reportage sur la réplique que les libraires indépendantes américaines ont ébauché contre Amazon

Intitulé « Bookshop », le projet est mis sur pied par Andy Hunter, fondateur de Literary Hub, un média numérique américain dédié aux nouvelles quotidiennes de la vie littéraire. Lancé d’abord aux États-Unis, Bookshop vient de débarquer au Royaume-Uni. Il réunit dans une offre commune sur le Web, l’offre des librairies indépendantes aux lecteurs.

C’est tout à fait similaire à ce que fait l’Entrepôt numérique au Québec, à ceci près que le client sur Bookshop procède directement à l’achat sans avoir à retourner ensuite sur le site de son libraire pour y acheter le livre après l’avoir trouvé sur l’entrepôt. « Bookshop » se charge de répartir les profits entre les librairies.

Ebooks, livres audio et podcasts : produits complémentaires

La dernière Foire de Francfort a produit plusieurs études gratuites et l’une de celles-ci évalue la manière dont les usagers consomment livres numériques, podcasts et livres audio. L’idée derrière l’étude, réalisée auprès des publics allemands, est de savoir si ces produits numériques coexistent ou s’ils se font compétition.

L’étude a été produite par Bookwire l’outil de recherche bibliographique de Bowker, la principale institution de références bibliographiques sur le marché planétaire.

Intitulée « Listen And Read », l’étude a permis une constatation fascinante : les différents supports numériques pour le livre : audio, podcasts, ebooks sont complémentaires, et ce à un très haut niveau : 56% des utilisateurs de livres numériques, 57 % des usagers de livres audio et 51% des amateurs de podcasts vont consommer plus d’un média, c’est-à-dire qu’en usant de l’un, ils vont être ensuite incités à aller acheter les autres. Qui plus est, 28% des consommateurs de livres numériques vont être tentés d’acheter un livre traditionnel par la suite.

Voilà autant de bonnes nouvelles qui vont dans le sens du développement d’une stratégie diversifiée pour l’édition.

Édition aux États-Unis : papier stable, numérique en hausse continue.

Le webzine spécialisé américain InfoDocket publie le rapport mensuel de l’Association of American Publishers

On peut trouver gratuitement l’essentiel du rapport en ligne.

Ce que Mammouth en retient : les revenus de l’édition papier toutes catégories sont stables, ce qui dans les circonstances, n’est pas à dédaigner. Les revenus provenant du livre numérique eux continuent de grimper avec une hausse de18,4% des revenus. La hausse combinée pour les 8 premiers mois de 2020 atteint 14,8%, trainée par les catégories « Children » et « Young Adults ».

La hausse des revenus du livre audio pour août? Encore plus fort : 32,9% et 17,7% pour l’année.

Fournir les chiffres de vente aux auteurs devrait être une obligation

L’excellent webzine Actualittés, encore lui, publiait récemment une nouvelle intéressante.

Les maisons d’édition de l’empire Hachette fourniront dorénavant aux auteurs un espace numérique où ils pourront trouver les chiffres; tirages, ventes, etc., qui les concernent.

Cela amène deux réflexions :

D’abord, qu’il ait fallu attendre 2020 pour que quelque chose d’aussi fondamental se fasse, c’est proprement stupéfiant.

Ensuite, les maisons d’édition de la francophonie sont lourdement subventionnées par l’État, c’est-à-dire vous et moi. La transparence avec les auteurs ne devrait pas être une option. Cela devrait être obligatoire!

Le livre numérique et le livre audio poursuivent leur montée.

« The phonograph at home reading out a novel. » From ‘The Papa of the Phonograph,’ Daily Graphic (New York), April 2, 1878, 1 (The Western Reserve Historical Society, Cleveland, Ohio)./ Wikipedia

La pandémie favorise le virtuel. Livres numériques et livres audio semblent en profiter. L’excellent webzine Lettres numériques publie un article sur le sujet

On peut y trouver un lien vers une étude gratuite (en anglais cependant)

sur la hausse des ventes du livre numérique et du livre audio dans la zone Allemagne, Autriche et Suisse germanophone.

La tendance déjà observée ailleurs se poursuit donc.

Le secteur romance en mode numérique augmente ses ventes aux Etats-Unis

Signalé par la version en ligne de Publishing Perspective, les ventes de ebooks dans le secteur romance augmentent de 17 points de pourcentage de janvier à mai seulement. Même si ses ventes sont impressionnantes depuis plusieurs années, le secteur de la romance demeure difficile à cerner, car c’est le domaine des auteurs autopubliés qui profitent d’un public extrêmement loyal.

Nous avons hâte de voir les chiffres de vente de mai à septembre!

Une étude (gratuite) sur les ventes du livre audio

La Foire de Francfort publie gratuitement une étude (« White Paper ») sur le livre audio. Linda Lee, qui durant quatre ans fut présidente de l’Audio Publishers Association aux États-Unis a produit l’étude qui analyse la croissance du marché, les données démographiques disponibles sur les acheteurs et usagers en terminant avec les perspectives d’avenir vues par quelques-uns des principaux joueurs de l’industrie.

Pour davantage d’informations sur les grandes lignes de l’étude, le webzine Publishing Perspectives en publie un survol complet.

Abolition de la taxe de 20% sur les livres et les médias numériques au Royaume-Uni

Guardian

Après une campagne soutenue, le gouvernement britannique va finalement abolir sa taxe de 20% sur les livres (sauf les livres audio) et les médias numériques (comme les journaux). C’est ce qu’annonçait en mars dernier The Guardian.

C’était à la mi-mars, la Grande-Bretagne n’était pas encore en mode pandémie, mais il faudra voir dans les prochaines semaines si cette abolition a pu avoir un effet bénéfique sur les ventes de livres numériques.

Twitter et nous

EFF

Twitter a récemment avisé ses usagers de modifications à ses règles concernant la protection de leurs informations.

Vous avez sans doute vu apparaitre ceci sur votre compte Twitter:

An update to your data-sharing settings
The control you have over what information Twitter shares with its business partners has changed. Specifically, your ability to control mobile app advertising measurements has been removed, but you can control whether to share some non-public data to improve Twitter’s marketing activities on other sites and apps. These changes, which help Twitter to continue operating as a free service, are reflected now in your settings. Learn more.

 

L’Electronic Frontier Foundation organisme à but non lucratif dédié à la protection des droits des usagers numériques explique dans une analyse éclairante ce que signifient ces modifications.

En gros, dans le passé les annonceurs de Twitter profitaient d’un défaut de configuration qui leur permettait d’utiliser les données des usagers afin de les identifier et éventuellement de les pister plus facilement. Ce défaut avait été corrigé il y a quelque temps par les équipes techniques de Twitter qui a vu ses revenus publicitaires baisser par la suite.

La ligne des profits faisant foi de tout dans le monde des médias sociaux corporatifs, Twitter a donc modifié ses règles afin de revenir à la situation prévalant avant ses corrections et ses usagers ne peuvent plus choisir que leurs données ne soient pas partagées avec des tiers.

Sauf en Europe, où des lois protégeant la vie privée des usagers et leurs données existant. Ailleurs, aux États-Unis et au Canada notamment, c’est le laisser-faire total.

L’Electronic Frontier Foundation conclut à la nécessité d’avoir des lois protégeant les usagers. On se demande pourquoi une telle évidence n’a toujours pas trouvé écho auprès des gouvernements.