Un site pour visualiser la partialité des moteurs de recherche

Non les résultats de recherche de Google ne sont pas neutres, bien au contraire. Ils varient selon le profil de recherche que l’algorithme attribue à un individu en fonction de ses recherches passées, et ils changent également selon les régions et les pays.

Signalé par Wired, le geste des chercheurs Rodrigo Achigame du Massachusetts Institute of Technology et Katherine Ye de la Carnegie Mellon University qui ont créé Search Atlas leur propre engin qui, en agglomérant les résultats d’une même recherche sur Google dans différents pays; permet de visualiser clairement les disparités dans l’affichage de ces mêmes résultats.  

Les résultats sont spectaculaires comme le montre l’image ci-haut, tirée du site de Search Atlas

Pourquoi les spéculateurs s’intéressent tout à coup aux œuvres numériques vendues à travers la chaine de blocs

Derrière la fièvre actuelle de ventes d’oeuvres grâce aux NFTs, il y a l’intérêt d’investisseurs et de spéculateurs qui achètent ou enchérissent.

Comme nous l’avons vu dans l’article précédent, le NFT confère une valeur à une œuvre numérique en l’identifiant comme étant unique. Cette authenticité est évidemment entièrement virtuelle. Le propriétaire d’un tableau l’a à son mur. Cette réalité est indéniable. Le propriétaire d’une œuvre numérique ne peut s’appuyer que sur le NFT pour affirmer sa propriété et l’unicité de l’œuvre. Ceux qui investissent à travers les NFT ont donc un intérêt évident à mousser le concept afin de consolider la valeur de leur(s) propriété(s) par l’adhésion d’un plus grand nombre au phénomène. Plus il y a de joueurs, plus le jeu prend de la valeur, même si à la base, tout l’édifice repose sur ce qui est un acte de foi : accorder de la valeur financière à quelque chose qui n’existe pas concrètement.

En parallèle au contexte spéculatif prévalent, les NFT s’appuient généralement sur l’Ethereum, la cryptomonnaie la plus forte derrière le Bitcoin. Les possesseurs d’Ethereum veulent les utiliser et une manière utile de le faire d’un point de vue marketing est d’encourager les arts : on peut ainsi contribuer à valoriser financièrement et ses Ethereum et les œuvres achetées.

De plus, la chaine de bloc, qui enregistre chaque transaction, favorise la revente des œuvres, ce qui alimente l’effet spéculatif. Comme les œuvres sont souvent vendues sous forme d’enchères, l’attrait de la spéculation prend de l’ampleur.

La BBC a produit un excellent reportage sur le phénomène.

The Guardian a également pondu une analyse éclairante sur le sujet.

Wired de son côté a tenté de déchiffrer les aspects monétaires de ces transactions de NFT liées aux arts.

Savoir qui est propriétaire des nouvelles de l’actualité

Vendeur de journaux en Russie, fin XIXème siècle

Il sort encore de bonnes idées des États-Unis. Tel que rapporté par le  Nieman Lab, l’organisme The Future of Media Project, hébergé à Harvard, vient de créer une base de données; le US Media Index, qui identifie 176 groupes de journaux et médias ainsi que les entreprises parentes. La base de données couvre également 231 médias numériques à but non lucratif et leurs donneurs.

Une brillante initiative!

3 courtes leçons en vidéo pour comprendre les algorithmes

Le génial Richard Byrne vient de faire un post sur son blogue où il propose trois courts vidéos, qui chacun permettent de comprendre ce que sont les algorithmes, comment les utiliser et même, comment les écrire.

Ses leçons sont destinées à des publics d’étudiants entre 12 et 16 ans et elles sont donc en principe accessibles à n’importe quel professionnel du milieu de l’édition.

La première leçon, tirée des conférences TED : qu’est-ce qu’un algorithme

La deuxième leçon s’attarde à définir les concepts derrière l’algorithme et ses usages

La troisième leçon : comment écrire un algorithme (l’exemple choisi est la Bourse)

Voilà une excellente occasion de vous familiariser avec l’algorithme, un élément essentiel du web d’aujourd’hui. Derrière la promotion des livres, leur vente, les commentaires et les références que l’on peut faire à leur propos; il y a des algorithmes.

La romance en hausse

Cet article de l’excellent webzine Lettres Numériques, fait état de la croissance du marché du livre de romance en France en 2020.

Il n’y a pas de chiffres globaux applicables à l’ensemble de l’édition mais le cas échéant, cela signifierait simplement que les publics francophones se mettent au diapason du marché anglophone où la romance constitue un secteur très actif. L’organisation Romance Writers of America rapporte que déjà en 2016, le marché du livre de romance représentait 23% du total des ventes dans le marché de la fiction aux États-Unis.

C’est un genre où le lectorat féminin domine très largement avec autour de 85% des usagers et 9 millions de livres vendus dans les six premiers mois de 2018. Ce, sans compter Amazon où la romance en mode numérique, et autopublié (!) constitue traditionnellement un secteur fort. En 2019 le livre autopublié constituait 60% de l’inventaire de Kindle et en 2018 déjà, plus d’un demi-million de livres numériques provenant de 142 000 auteurs différents avaient été publiés.

Cela fait un énorme marché dont on connait peu de choses depuis que le regretté Author Earnings a fermé ses portes.

Le livre numérique existe encore en France

Le Labo de l’édition de Paris couvrait récemment la publication d’une étude sur les usages du livre numérique en France. Produite par la Sofia, l’organisme qui gère le prêt en bibliothèque en France et qui prélève les doits payants pour chaque copie numérique et en collaboration avec Médiamétrie, cette étude montre notamment que 35% des Français de 15 ans et plus ont lu un livre numérique, une augmentation très notable sur les 25% de 2020. 15% de ces Français de 15 ans et + ont également écouté un livre audio (2020 : 11%) et enfin 34% des lecteurs numériques ont emprunté au mois une fois un livre numérique à la bibliothèque.

L’Allemagne s’inquiète pour la diversité du livre

L’excellent webzine Actualittés rapporte que suite à une étude  effectuée par l’institut DIW Econ et couvrant la période 2010 à 2019, le gouvernement allemand  étudie des mesures pour soutenir la diversité du livre sur son territoire.

Ce qui choque en particulier c’est cette fermeture de 22% des petites maisons d’édition. Cette vague s’accompagne d’une baisse des publications de nouveautés de 93 124 en 2010 à 78, 746 en 2019 et une baisse générale des achats de 36,9 millions d’unités en 2012 à 28,8 millions 7 ans plus tard.

En allemand, l’étude peut être téléchargée gratuitement

La Covid pour le livre anglophone? Une petite brise.

Jules Garnier: « Acrobates et charlatans »

Après que l’Association of American Publishers (AAP) ait publié ses chiffres de ventes pour 2020, révélant un surprenant bilan neutre pour l’année de la Covid, voilà que la Publishers Association du Royaume-Uni révèle que ses ventes de livres ont progressé d’un extraordinaire 7%, dans cette année 2020 qui a fait le malheur de la chaine du livre en français et dans presque toutes les autres langues. 

Selon The Guardian qui couvre l’affaire, cette performance spectaculaire est nourrie par un accroissement de 16% des ventes de fictions et de 12% des ventes de formats numériques, surtout le livre audio.

La publicité en ligne : du pur gaspillage

En étayant son propos de nombreuses références, l’experte en commerce numérique Michelle Blanc fait une démonstration soutenue des carences de la publicité en ligne, à commencer par la fraude massive qui caractérise ce type d’opération. La facilité avec laquelle les clics peuvent être accumulés via de simples opérations de piratage informatique et le fait que les agences se contentent de refiler à leurs clients des listes de statistiques sans en vérifier la valeur, font en sorte selon Madame Blanc, que la fraude publicitaire constituerait la deuxième activité criminelle la plus lucrative pour la pègre après la drogue. Rien de moins.

Ce qui nous stupéfie nous, c’est l’indigence absolue de cette publicité avec laquelle les YouTube, Twitter et autres Facebook de ce monde polluent nos fils. Pourquoi diable s’acharner à nous espionner soi-disant pour notre bien si c’est pour nous refiler un stock publicitaire aussi pourri?

2020? Une année neutre pour la vente de livres selon les éditeurs américains

L’Association of American Publishers (AAP) a publié ses chiffres de ventes pour 2020 et ils sont surprenants compte tenu de la Covid. Les ventes ont connu une baisse 8,5 % en décembre 2020, mais pour l’ensemble de l’année se sont maintenu avec une très légère croissance de 0,1%.

Évidemment, les librairies de l’Oncle Sam sont demeurées ouvertes durant la crise.  Pour janvier, les ventes de livres croissent d’un vigoureux 10,3%.