Médias sociaux et piratage de livres

Howard Pyle /
Illustration de pirates séparant leur butin / Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1744246

L’excellent webzine Lettres numériques fait état du piratage de livres via l’application russe Telegram.

Conçue pour protéger ses utilisateurs de la surveillance de l’État, l’application peut en effet être utilisée sans vergogne pour y orchestrer le téléchargement illégal non seulement de livres, mais de toute forme de contenu numérique : photos, musique, vidéo, etc.

Mais ce n’est pas que le cas de Telegram. La piraterie de livres et de contenus touche l’ensemble des réseaux sociaux. L’an dernier nous avions écrit sur le piratage à grande échelle de textes d’auteur sur Amazon.

Il y a là un problème de fond que les approches actuelles ne résolvent pas.

Spotify dans le livre audio? Heu…

L’excellent webzine ActuaLitté rapporte que Spotify manifeste de l’intérêt pour le livre audio. Bien sûr, Amazon, Kobo, et même Deezer publient des livres audio.  Mais Spotify rapporte des nèfles aux créateurs musicaux. Amazon a au moins le mérite de payer les auteurs pour les livres vendus!

Dans la mesure où Spotify décide de développer ses propres produits, l’entreprise devient en même temps un énorme concurrent dont les éditeurs peuvent se passer! C’est une situation à suivre de près pour voir le modèle d’affaires qui sera mis sur pied.

Une plateforme d’histoires interactives graphiques basées sur l’intelligence artificielle.

En septembre dernier nous avions parlé de Inkle et de son logiciel Ink destiné à permettre la rédaction d’histoires interactives. Cette année nous découvrons Charisma, de la firme du même nom.

Ink est un langage de programmation, simplifié pour les auteurs, et accolé à Unity. Charisma produit ses histoires interactives à partir de l’intelligence artificielle (IA). Cette intelligence ici est utilisée afin d’élargir considérablement la qualité de l’interaction entre le « lecteur » et les personnages de l’histoire. Ces personnages peuvent en effet s’adresser directement au lecteur, adapter leurs comportements, en fonction des réactions du lecteur, etc.

Le matériau de base est le « graphic novel », un format inspiré de la bande dessinée, mais l’entreprise, qui a la BBC comme partenaire, crée également à des projets télé. Charisma propose également aux aspirants auteurs de créer leur propre histoire interactive. Nous sommes intrigués chez Mammouth et cherchons à en savoir davantage!

À suivre!

Un petit tour de poésie numérique

Un extrait du poème « Black Perls » sur Wikipedia https://en.wikipedia.org/wiki/Black_Perl
Publié de manière anonyme en 1990, le texte est évidemment écrit en Perl

L’excellent webzine Lettres Numériques propose un petit tour d’horizon de ce qu’offre la poésie numérique à partir d’un article de l’académique The Conversation

Le tour d’horizon est décidément bref et centré sur les mêmes thèmes structuralistes qui hantent la littérature (et la poésie) depuis plus d’un demi-siècle : générer des mots à partir de codes ou les remixer. En y ajoutant timidement la vidéo poétique et le poème codé.

Le menu est mince et laisse de côté de grands pans de la poésie en vidéo numérique en plus de la micropoésie, de la poésie sur Instagram, de la poésie interactive, etc., mais il a le mérite de montrer au moins une petite partie d’un univers qui grandit chaque jour.

Le Digital BookWorld se fait entièrement en ligne

L’organisme annonce la programmation de l’évènement qui se déroule entièrement sur le Web du 14 au 16 septembre. Il y a des sujets tout à fait dans l’air du temps : le rôle des minorités dans l’édition, les leçons et les méthodes apprises durant la pandémie et le traitement des données des usagers, pour les grands et petits éditeurs, parmi d’autres sujets.

Le prix pour les 3 jours de l’évènement est de 307,00$ US soit 261 euros ou 410 $ CAN.

La Commission européenne contre Apple

De nombreux sites l’ont signalé, dont l’excellent Lettres Numériques la Commission européenne a ouvert à la mi-juin une enquête sur les présumées pratiques anticoncurrentielles d’Apple concernant son App Store.

Plusieurs corporations ont porté plainte contre Apple dont Spotify, Telegram et Kobo (Rakuten) parmi les plus importantes.

Les entreprises qui déposent des applications dans le App Store voient Apple prélever automatiquement 30% sur chacune des transactions qui se fait via l’application une fois celle-ci est téléchargée par l’usager, un tarif jugé prohibitif. Apple en même temps vend ses propres livres et sa musique.

La poursuite s’inscrit dans une remise en question du pouvoir immense des GAFA. Il faudra voir si cette fois il y a aura une suite concrète. Le débat risque de s’intensifier parce que Apple vient tout juste d’interdire les applications de jeux venues de chez Microsoft, Google ou Facebook.

La Commission européenne ne va pas manquer de travail, car elle enquête également sur l’acquisition par Google de Fitbit, une plateforme qui vend conseils et produits de mise en forme et qui accumule d’énormes quantités de données sur ses utilisateurs. C’est ce monstrueux couplage de données avec ce que possède déjà Google qui inquiète la Commission.

Parution prochaine de l’entrevue avec Maia Sylba, éditrice de Musetouch

Musetouch menu

Le 7 avril à 7 heures du matin (13 heures à Paris) pour être précis.

Madame Sylba nous a accordé une entrevue sur le fonctionnement de son magazine numérique qui a comme particularités sa dévotion à l’art, sa beauté, sa longévité, et ses très nombreux fans.

Elle nous parle notamment de son  dernier numéro exceptionnel qui réunit les oeuvres de pas moins de vingt artistes.

À découvrir et à lire le 7 avril!

Oui, la chaine de blocs et le « token » vont bouleverser l’édition

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Désolé auteurs et éditeurs. Vous avez mal digéré le livre numérique, mais la prochaine vague de transformation numérique s’annonce de plus grande ampleur.

Depuis 1993 que l’animal explore les frontières virtuelles, Mammouth numérique s’est rarement (sinon jamais) trompé lorsqu’il s’agit de flairer un bouleversement. Le dernier en date étant l’érosion de la télé au profit des productions diffusées à partir du Web. Ceux qui ont suivi L’Argent du Web sur Facebook au tournant des années 2009 et 2010 s’en souviendront.

En bien comme en mal, la chaine de blocs s’annonce comme un acteur de changements incontournables. L’édition a géré le livre numérique en sabotant le produit le mieux possible; notamment avec une pratique systématique de prix très élevés. Ce qui a permis à Amazon de s’ériger en premier fournisseur de livres numériques partout dans le monde et de créer ainsi deux réseaux du livre : l’ancien et celui d’Amazon.

La chaine de blocs et le token ou jeton offrent de grands avantages au secteur du livre :

– la transparence des transactions et donc aussi de la distribution des revenus et des droits;

– la simplicité de la gestion qui peut se passer d’intermédiaires. Ça ne fera pas le bonheur de tous, évidemment;

– la possibilité d’établir des relations plus saines entre auteurs et éditeurs grâce à des processus transparents;

– la possibilité de se réconcilier également avec les usagers puisque la chaine de livres permet la revente d’un exemplaire dans risque de spoliation pour les détenteurs de droits et que le jeton sert de marqueur d’une manière bien plus simple et respectueuse que l’infâme DRM;

– la possibilité de financer de l’édition de livres grâce à la chaine de blocs, ce qui peut être plus simple et plus facile que le sociofinancement.

Évidemment le contraire est possible. Par exemple :

– en laissant encore une fois tout le terrain aux Amazon de ce monde, notamment tout ce qui concerne la gestion des droits des livres. Parce qu’Amazon c’est énormément d’auteurs autopubliés et de petites boites d’édition. Il ne manque pas grand-chose pour que les auteurs traditionnels s’y joignent systématiquement;

– en aggravant la piraterie. Sur ce sujet, les ingénieux et joviaux créateurs technos sont prompts à imaginer le bien commun à travers leurs inventions. Le problème c’est que l’éditeur et l’auteur en ont déjà plein les bras avec la pratique de leur métier. Plus les couches de technologie à connaitre s’accumulent, plus leur métier devient difficile.

Parce que jeton et chaine de blocs sont en voie de devenir des éléments majeurs du paysage de la culture numérique, Mammouth a entrepris de publier une série d’articles pour expliquer les tenants et les aboutissants du phénomène. Ici ou sur des sources d’information qui vous conviennent mieux, prêtez attention.

Peut-être (…) qu’il serait souhaitable que les États de l’Occident s’associent afin de bannir cryptomonnaies et chaine de blocs mais les chances que cela puisse se réaliser et mis en pratique sont infimes.

 

 

La modération des contenus en ligne : possible ou pas ?

 

Abraham Ortelius - The Library of Congress

Source : Le Québec étant particulièrement pudibond, Mammouth a préféré ici montrer les origines de la mappemonde.
C’est presque la même chose, l’angle est légèrement différent…

Pour Tech Dirt, un site américain spécialisé dans les chinoiseries juridiques liées à l’usage des technologies, et Dieu sait s’il y en a (!) modérer le contenu est tout simplement une tâche impossible.

Pour preuve, le site prend un récent jugement d’un cour française de justice qui a établi que Facebook avait eu tort 8 ans auparavant de fermer le compte d’un enseignant français ayant l’œuvre de Gustave Courbet « Les origines du monde » sur sa page Facebook.

Or souligne Tech Dirt, la même peinture aux É.-U. indigne les politiciens qui exigeraient eux qu’elle soit retirée de Facebook. Ce qui rend la modération impossible n’est donc pas seulement l’aspect technique; par exemple un algorithme qui repère un sein pouvant aussi bien censurer une image pornographique que le contenu légitime d’un artiste et provoquer un des nombreux tollés que l’on sait. La difficulté est également politique : ce qui convient dans un pays provoque dans un autre.

Cette combinaison politique et technique rend donc à toute fin pratique la modération des contenus absolument impraticable selon Tech Dirt qui a le mérite de connaître à fons le sujet.

 

Unrd a lancé de nouvelles histoires interactives

unrd écran 2

Nous avions déjà parlé de la boite qui se spécialise dans la création de fictions pour le téléphone cellulaire.

unrd pousse depuis un peu plus loin. D’abord l’entreprise a élargi son rayon d’action en adaptant ses produits pour les téléphones qui fonctionnent avec Google.

Son modèle d’affaire s’oriente également vers l’abonnement à la semaine au mois ou à l’année. 4,99$ US par semaine pour suivre quelques histoires interactives ça paraît un coût très élevé. L’évolution de unrd va être à observer dans les prochaines semaines.