Oui, la chaine de blocs et le « token » vont bouleverser l’édition

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Désolé auteurs et éditeurs. Vous avez mal digéré le livre numérique, mais la prochaine vague de transformation numérique s’annonce de plus grande ampleur.

Depuis 1993 que l’animal explore les frontières virtuelles, Mammouth numérique s’est rarement (sinon jamais) trompé lorsqu’il s’agit de flairer un bouleversement. Le dernier en date étant l’érosion de la télé au profit des productions diffusées à partir du Web. Ceux qui ont suivi L’Argent du Web sur Facebook au tournant des années 2009 et 2010 s’en souviendront.

En bien comme en mal, la chaine de blocs s’annonce comme un acteur de changements incontournables. L’édition a géré le livre numérique en sabotant le produit le mieux possible; notamment avec une pratique systématique de prix très élevés. Ce qui a permis à Amazon de s’ériger en premier fournisseur de livres numériques partout dans le monde et de créer ainsi deux réseaux du livre : l’ancien et celui d’Amazon.

La chaine de blocs et le token ou jeton offrent de grands avantages au secteur du livre :

– la transparence des transactions et donc aussi de la distribution des revenus et des droits;

– la simplicité de la gestion qui peut se passer d’intermédiaires. Ça ne fera pas le bonheur de tous, évidemment;

– la possibilité d’établir des relations plus saines entre auteurs et éditeurs grâce à des processus transparents;

– la possibilité de se réconcilier également avec les usagers puisque la chaine de livres permet la revente d’un exemplaire dans risque de spoliation pour les détenteurs de droits et que le jeton sert de marqueur d’une manière bien plus simple et respectueuse que l’infâme DRM;

– la possibilité de financer de l’édition de livres grâce à la chaine de blocs, ce qui peut être plus simple et plus facile que le sociofinancement.

Évidemment le contraire est possible. Par exemple :

– en laissant encore une fois tout le terrain aux Amazon de ce monde, notamment tout ce qui concerne la gestion des droits des livres. Parce qu’Amazon c’est énormément d’auteurs autopubliés et de petites boites d’édition. Il ne manque pas grand-chose pour que les auteurs traditionnels s’y joignent systématiquement;

– en aggravant la piraterie. Sur ce sujet, les ingénieux et joviaux créateurs technos sont prompts à imaginer le bien commun à travers leurs inventions. Le problème c’est que l’éditeur et l’auteur en ont déjà plein les bras avec la pratique de leur métier. Plus les couches de technologie à connaitre s’accumulent, plus leur métier devient difficile.

Parce que jeton et chaine de blocs sont en voie de devenir des éléments majeurs du paysage de la culture numérique, Mammouth a entrepris de publier une série d’articles pour expliquer les tenants et les aboutissants du phénomène. Ici ou sur des sources d’information qui vous conviennent mieux, prêtez attention.

Peut-être (…) qu’il serait souhaitable que les États de l’Occident s’associent afin de bannir cryptomonnaies et chaine de blocs mais les chances que cela puisse se réaliser et mis en pratique sont infimes.

 

 

La modération des contenus en ligne : possible ou pas ?

 

Abraham Ortelius - The Library of Congress

Source : Le Québec étant particulièrement pudibond, Mammouth a préféré ici montrer les origines de la mappemonde.
C’est presque la même chose, l’angle est légèrement différent…

Pour Tech Dirt, un site américain spécialisé dans les chinoiseries juridiques liées à l’usage des technologies, et Dieu sait s’il y en a (!) modérer le contenu est tout simplement une tâche impossible.

Pour preuve, le site prend un récent jugement d’un cour française de justice qui a établi que Facebook avait eu tort 8 ans auparavant de fermer le compte d’un enseignant français ayant l’œuvre de Gustave Courbet « Les origines du monde » sur sa page Facebook.

Or souligne Tech Dirt, la même peinture aux É.-U. indigne les politiciens qui exigeraient eux qu’elle soit retirée de Facebook. Ce qui rend la modération impossible n’est donc pas seulement l’aspect technique; par exemple un algorithme qui repère un sein pouvant aussi bien censurer une image pornographique que le contenu légitime d’un artiste et provoquer un des nombreux tollés que l’on sait. La difficulté est également politique : ce qui convient dans un pays provoque dans un autre.

Cette combinaison politique et technique rend donc à toute fin pratique la modération des contenus absolument impraticable selon Tech Dirt qui a le mérite de connaître à fons le sujet.

 

Unrd a lancé de nouvelles histoires interactives

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Nous avions déjà parlé de la boite qui se spécialise dans la création de fictions pour le téléphone cellulaire.

unrd pousse depuis un peu plus loin. D’abord l’entreprise a élargi son rayon d’action en adaptant ses produits pour les téléphones qui fonctionnent avec Google.

Son modèle d’affaire s’oriente également vers l’abonnement à la semaine au mois ou à l’année. 4,99$ US par semaine pour suivre quelques histoires interactives ça paraît un coût très élevé. L’évolution de unrd va être à observer dans les prochaines semaines.

Bibliothèques publiques et livres numériques : la misère

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Source : création originale pour Wikipédia – février 2004 – par Colporteur

La nouvelle a été rapportée un peu partout, mais mérite qu’on la souligne » les grands éditeurs, ceux qui composent le fameux « Big Five » à savoir Hachette, Harper Collins, Macmillan Publishers, Penguin Random House, et Simon & Schuster, ont décidé de sevrer les bibliothèques en imposant une limite de deux ans aux livres numériques qu’elles achètent. Auparavant une bibliothèque possédait le livre numérique acheté sans aucune limite de temps, comme pour un livre papier. Les coûts de maintien du catalogue viennent donc d’exploser donc pour les bibliothèques publiques anglophones et les francophones qui achètent beaucoup de contenu chez Hachette.

Peut-être que cette forme d’avidité financière du « Big Five » servira à terme la cause des petits éditeurs indépendants et du livre autopublié.

Les sous-titres dans les livres audio : cause de friction

Écran Audible

L’excellent The Bookseller explore une nouvelle parue récemment.

Plusieurs éditeurs américains poursuivent Audible, l’entreprise d’Amazon responsable de produire les livres audio. Pourquoi? Parce qu’Audible inclut des sous-titres descriptifs dans ses enregistrements. Un ajout au texte originel donc et ajout qui outrage les éditeurs qui n’ont pas été consultés.

En soi c’est peu, mais ça constitue une démonstration de plus que la technologie pense essentiellement en fonction de ses propres besoins. Nous n’osons même pas penser à ce qui va arriver avec l’intelligence artificielle…

Mammouth numérique le sent ; ça chauffe pour la rentrée

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Auteur: Voytek Pavlik

La nouvelle de septembre et même de l’automne c’est la multiplication inattendue des plateformes d’édition et de publication appuyées sur les cryptomonnaies. C’est un tout nouvel univers, techniquement et surtout financièrement complexe, qui vient s’ajouter au portrait, très fluide est un euphémisme poli, de l’édition numérique. Récompenser financièrement les lecteurs, les auteurs, le repiquage du modèle média social est là. Avec Amazon, Facebook et Google qui sont à quelques mois de lancer soit leur propre plateforme ou leur propre cryptomonnaie, il y a de quoi s’inquiéter pour le milieu de l’édition en particulier et celui de la culture en général. Publication en mode crypto-monnaie, c’est quelque chose que nous allons suivre tout au long de cet automne.

 

Un podcast de poésie peut-il contribuer à votre bien-être mental?

 “The Slowdown”

Comme vous le savez, les podcasts, ces contenus audios inspirés de l’antique radio à prennent de plus en plus de place dans la culture numérique.

Mais un podcast quotidien de poésie? Voilà un sérieux pari relevé par la poète (poétesse, poétrice???) Tracy K. Smith.

Slowdown

 

La source

https://electricliterature.com/could-a-daily-poetry-podcast-save-your-mental-health

Pour trouver le podcast en question :

https://www.apmpodcasts.org/slowdown