Formations en édition/écriture numérique

VR Arles Festival

Pour les auteurs et éditeurs que le numérique intéresse, des organismes français proposent des formations en édition et aussi en écriture numériques.

Ainsi Le VR Arles Festival tient du 23 au 28 août une résidence d’écriture orientée vers la narration immersive. Numipage offre de son côté différentes formations, par exemple comment produire un ebook à l’aide de InDesign, en plus de mettre à disposition quelques ressources pour aider à produire un livre numérique.

Enfin, la plateforme associative Pilen déploie pour sa part un ensemble de formations sur le numérique de la production au marketing en passant par la distribution

 

Un livre sur la vidéopoésie

Livre videopoesie

Deux artistes canadiens vidéopoètes (c’est le terme utilisé) reconnus; Valerie LeBlanc et Daniel H. Dugas viennent de faire paraitre un livre, bilingue, sur la vidéopoésie. Publié par Small Walker Press, la maison d’édition de la Marilyn I. Walker School of Fine and Performing Arts at Brock University (Ontario, Canada), le livre intitulé Videopoetry / Vidéopoésie décrit le travail des artistes à partir du milieu des années 80.

Particularité intéressante en ces temps de confinement, le livre est d’abord diffusé, gratuitement, en mode pdf (cliquer à gauche sous l’image de la page couverture du livre), et la version écrite sera distribuée plus tard.

« Poésie Partout » et la promotion numérique de la poésie

Poésie Partout

Installé au Québec, l’organisme la poésie partout (avec des minuscules) use à fond des ressources du numérique pour innover en matière de médiation et de promotion de la poésie. La poésie partout passe du Web à la rue et vice-versa avec l’organisation d’activités comme la Journée du poème à porter ou encore Dehors est un poème

L’organisme dispose d’un outil très efficace avec son calendrier en ligne. Celui-ci peut être utilisé comme agenda, un clic sur une activité permet d’en voir tous les détails et l’activité peut être intégré directement dans un agenda Google via Gmail.

Calendrier

La poésie partout utilise pour ce faire une structure informatique mise sur pied par NT2, le Laboratoire de recherche sur les œuvres hypermédiatiques créé par Bertrand Gervais dont nous parlions l’an dernier,  et qui titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les arts et les littératures numériques a également contribué à mettre sur pied Littérature québécoise mobile (Opuscules) partenaire actuel de la poésie partout.

Cadavre exquis numérique au Portugal

Cadavre exquis

Pour résister à la pandémie 46 auteurs portugais se sont associés pour créer Bode Inspiratório, un cadavre exquis à plusieurs mains qui s’appelle en anglais  Escape Goat et où 22 des 46 chapitres (un par auteur) sont déjà en ligne

Le projet est rapporté par l’excellent webzine littéraire Literary Hub. On peut trouver sur le Web un reportage vidéo en portugais sur le projet ainsi que sa page Facebook

Les auteurs précisent travailler sans filet, donc ils peuvent évidemment se casser la figure, mais ils veulent offrir aux publics une évasion dans l’inspiration.

 

 

Wikipedia et son réseau social

WTSocial

En début d’année, Jimmy Wales, fondateur de Wikipedia, a annoncé le lancement d’une version bêta d’un réseau social produit et géré par la célèbre encyclopédie : WT.Social

Il s’agit de la réponse, longuement méditée, aux Twitter, Facebook et autres Instagram ou Pinterest de ce monde. Avec une différence majeure : WT.Social n’est pas une société à profit, mais un organisme à but non lucratif ce qui lui permet de mieux revendiquer le terme « social ».

Le réseau n’est pas encore ouvert à tout le monde, il faut recevoir une invitation, mais pour les auteurs, les éditeurs et les autres acteurs du monde culturel il pourrait s’avérer une réponse viable et durable aux problèmes posés par les « médias sociaux » corporatifs : moins de censure, une plus grande transparence, un plus grand contrôle sur l’évolution de la page et avec moins de risque qu’un Facebook par exemple, décide de la fermer ou réduise drastiquement sa capacité à rejoindre le réseau de fidèles patiemment construit.

Il ne le sera jamais assez dit : les réseaux sociaux ne sont pas gratuits : ils demandent du temps et ce temps reste un facteur très contraignant pour de petites maisons d’édition. Aussi lorsqu’après 3 ou 4 ans d’efforts soutenus, le réseau sur lequel une maison a beaucoup investi décide de réduire à seulement 5 ou 10% des fidèles le pourcentage de ceux qui verront une publication (« post »), l’investissement fait à grande peine perd autant de sa valeur. C’est le cas depuis quelques années sur Facebook et Instagram.

L’ouverture publique de WT.Social sera à surveiller. En attendant, vous pouvez voir plus haut, avant le début du texte, la configuration du fil de notre éditeur dans le réseau.

Quand le virus menace la petite édition

50% des éditeurs

Un reportage dePublic Sénat en France fait état du fait qu’environ la moitié des petites maisons d’édition du pays pourraient succomber aux répercussions économiques de la pandémie causée par la Covid-19.

La baisse des ventes en librairies, la fermeture des salons où ces maisons avaient l’habitude de faire une part appréciable de leur chiffre de vente, et l’incapacité de publier de nouveaux livres figurent au premier rang des facteurs négatifs.

En parallèle, c’est vrai surtout au Québec, mais aussi en France, une bonne part des éditeurs ont atteint ou dépassé l’âge de la retraite. Trouver un repreneur capable de continuer leur travail était déjà une tâche difficile dans un marché ébranlé par le numérique. Mais le contexte actuel signifie non seulement que les investisseurs possibles ont fort probablement nettement moins de possibilités ou d’appétit pour investir, mais également qu’une petite maison d’édition devient également une opération beaucoup plus à risque.

Nous ne savons pas encore exactement ce que seront à long terme les conséquences de la pandémie sur l’édition et la chaine du livre, mais nous savons déjà que de profonds changements auront lieu. Le virus risque d’avoir davantage affecté le livre que près de 30 ans de numérique.

Est-ce une mauvaise chose? Pas entièrement. Le milieu du livre a certainement besoin de renouvellement. Il y a néanmoins une quantité d’expertise considérable qui risque de disparaître.

Le Book Industry Study Group : pour soutenir le livre en temps réel

BISG

 

Le BISG pour reprendre son acronyme a été formé en 1975 aux États-Unis. L’organisme regroupe des éditeurs de tous les horizons, mais aussi les autres acteurs de la chaine du livre; libraires, imprimeurs, distributeurs, revendeurs, etc. Tous sauf les auteurs.

Le groupe constitue un exemple d’organisation concrète dont sont friands les Anglo-saxons, capable d’agir de manière ad hoc pour analyser une situation quelconque et proposer une analyse et des solutions. Il propose par exemple une série de webinaires sur des sujets pratiques pour les éditeurs.

Parmi les sujets: comment démystifier les mots-clés qu’utilise Amazon, faire le point sur les normes du W3C concernant le livre audio, gérer les métadonnées, expliquer la chaine de blocs, etc.

Le BISG n’avait pas produit d’étude majeure depuis 2014, mais tel que rapporté par l’excellent webzine Actualitté il s’est récemment penché sur les conséquences actuelles de la crise pandémique sur le livre, avec d’abord un sondage destiné aux membres, suivi d’une discussion collective enligne tenue le 9 avril dernier. Un sujet commun : comment renforcer la chaine du livre.

Dans le flux des réponses, une évidence s’est dégagée : le livre numérique constitue à l’heure actuelle un filet de protection inattendu pour les éditeurs et les libraires. Inattendu parce que le live numérique a toujours été un encombrement plus qu’une solution pour le monde du livre.

Mais la Covid-19 agit comme un révélateur : dans un monde en changement constant, le livre numérique est un produit accessible facilement et en tout temps.

Si la chaine du livre américaine décide que le livre numérique ce n’est pas seulement pour Amazon, les changements à survenir pourraient avoir de fortes répercussions sur l’univers francophone de l’édition.