Remettre aux créateurs le contrôle de la distribution et des revenus de leurs créations

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Tribler

Le professeur Johan Pouwelse de la Delft University of Technologie, située aux Pays-Bas travaille depuis 15 ans sur un projet particulier du nom de Tribler, la seule plateforme BitTorrent véritablement décentralisée, par où peuvent transiter de manière confidentielle et sécuritaire les fichiers de créations culturelles.

Dans le cadre de leur programme de recherche sur un « Internet de la confiance » (Internet of Trust), les universitaires de la Delft University of Technologie ont reçu 3,3 millions d’euros (environ 5 millions $ canadiens) dont une bonne partie va aller au professeur Pouwelse et Tribler.

Tout ce qui s’appelle producteur, éditeur et distributeur a en horreur le concept derrière BitTorrent système informatique d’échange privilégié par les pirates de contenus. Mais pour le Professeur Pouwelse, il s’agit plutôt d’offrir aux artistes la possibilité d’éliminer les puissants intermédiaires de l’industrie du divertissement afin de récupérer les revenus de leurs créations et de contrôler ainsi entièrement leur destinée artistique.

Le Professeur Pouwelse croit que la combinaison du format de partage BitTorrent avec la chaine de blocs (Blockchain), qu’il vient d’ajouter à son protocole, va enfin permettre aux artistes de réaliser ce vieux rêve de contrôler eux-mêmes leur distribution et leur carrière.

Il s’agit certainement d’un projet à suivre.

Un lecteur e-book en mode open source

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open project

Le webzine techno Gizmodo signalait récemment l’apparition prochaine sur le marché d’un lecteur e-book en mode open source et totalement débarrassé des restrictions que les entreprises y mettent, y compris la surveillance des habitudes de lectures de leurs clients et usagers.

Le Open Book Project est apparu dans le cadre d’un hackaton mis sur pied par Hackaday une communauté de développeurs de matériel informatique et par Diki-Key, un distributeur de composantes électroniques. Diki-Key va d’ailleurs assurer la production d’une première fournée de ces lecteurs au look très dépouillé qui laisse voir la partie électronique comme la photo permet de le constater.

Construit à partir des micro-ordinateurs d’Adafruit Feather, lui-même dérivé d’Arduino, le lecteur de l’Open Book Project offre le grand avantage de pouvoir être aménagé cousu main par quelqu’un qui a un minimum de connaissances dans l’électronique de type Arduino. Les services de base comprennent un écran de 400 X 300 pixels, très modeste comparé à ses concurrents, mais consommant très peu d’énergie, une prise pour des écouteurs et un microphone avec un algorithme d’intelligence artificielle offrant la possibilité de commandes vocales. Une entrée pour une carte microSD permet à l’usager du lecteur d’y insérer tous les textes et livres numériques qu’il souhaite, sans aucune restriction.

Reste à connaître le prix, la date de sortie et la quantité de ces lecteurs qui seront disponibles.

L’intelligence artificielle et ses droits d’auteurs

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Auteur : Tamur, Wikipedia https://en.wikipedia.org/wiki/User:Tamur Image for use in basic articles dealing with parse trees, nodes, branches, X-Bar theory, linguistic theory

L’excellent webzine sur le livre et l’édition, l’ActuaLitté, souligne un débat actuellement en cours aux États-Unis: les droits d’auteurs éventuels des algorithmes d’intelligence artificielle (IA) qui écrivent des livres, des romans, des chansons, etc., bref, qui font de la « création ».

 Le regroupement national des écrivains, « The Author’s Guild » vient de produire un rapport sur le sujet qui met en lumière certains aspects ténébreux de l’intervention des AI dans la sphère de la création culturelle.

Il y a évidemment le risque que l’intelligence artificielle prenne la place de véritables auteurs en chair et en os et que la culture en général n’en soit appauvrie d’autant. Cependant l’aspect le plus troublant de l’usage de l’IA dans la création littéraire reste que les algorithmes nourrissent leurs « compétences » à partir de l’ingestion de millions de livres dont de multiples chefs-d’œuvre et « bestsellers ». Ce sont donc ces oeuvres à partir desquelles l’IA va « rédiger » et il y a là la possibilité de violer les droits de multiples auteurs.

Mammouth souligne que c’est sans compter évidemment que fondamentalement, une intelligence artificielle qui « rédige » le fait en trichant: elle construit un contenu pseudo-original en réaménageant de manière systématique à la lettre près, le travail de véritables écrivains.

Il y a également ce petit problème de la protection du consommateur : si un « livre » est rédigé par une intelligence artificielle, le lecteur devrait en être dûment avisé. On peut même se demander pourquoi il devrait payé pour un « livre » produit gratuitement.

Enfin, il existe aussi avec l’IA cette remise en cause de la notion d’éditeur, qui devient alors l’informaticien derrière l’algorithme.

En attendant « The Author’s Guild » recommande de n’accorder aucuns droits à l’IA.

 

La Chine serait prête à lancer des projets de cryptomonnaie

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Dans une édition récente, le MIT Review rapporte que la Chine est prête dès maintenant à lancer un projet de cryptomonnaie.

Le MIT s’appuie sur ce rapport (en chinois). En fait, la Chine comptait lancer un premier projet pilote à Shenzhen dès la fin de 2019 avant de l’élargir dans une deuxième étape à la ville de Suzhou pour ensuite étendre le projet au niveau mondial; dans le transport, l’éducation et les services médicaux.

L’un des objectifs poursuivis est de se débarrasser en Chine de la monnaie papier. Les paiements numériques y sont déjà la norme. L’article du MIT souligne les préoccupations quant à la vie privée des citoyens chinois (et de tous ceux éventuellement qui utiliseront ce moyen). Mais il se profile également la question du contrôle de ce qu’un individu pourra acheter …ou pas.

Bref, la question de la cryptomonnaie, qui triture de larges franges du milieu culturel verra peut-être bientôt son premier laboratoire à large échelle. La Chine, la Russie, les GAFA; la cryptomonnaie a d’étranges compagnons de jeux…

 

Parler en images

Qu’arriverait-il si nos paroles pouvaient instantanément se muer en images?

Une équipe chez Google Experiments s’est penchée sur le sujet. Les membres de Scribble Speech ont réussi à produire des animations complexes animées par les structures linguistiques du discours. Les chercheurs et programmeurs ont utilisé notamment l’apprentissage machine et les réseaux de neurones récurrents pour y parvenir.

Il n’y a pas besoin d’un grand effort pour imaginer l’impact que cette technologie pourrait avoir sur le livre numérique et le livre tout court. Lire un livre et voir en même temps le contenu du récit? Ouf! Quel bouleversement ce serait!

En passant, Google Experiments compte à ce jour plus de 1500 projets. Il s’agit probablement de la plus grosse boite à surprises de l’univers des technologies.

Un outil de financement pour les journalistes et les éditeurs indépendants

Un jour cinq journalistes slovaques s’unissent, quittent leur journal et fondent Dennik N : Dennik signifie journal quotidien et le N Nezavislost: indépendance.

Le quintette a la volonté d’œuvre à un journalisme objectif et de haut niveau. Comment le financer?  En essayant comme d’autres journalistes de faire appel directement aux lecteurs. Mais Dennik N, avec l’aide du Digital News Innovation Fund (DNI) fait appel à la technologie pour mettre au point un outil capable d’être efficace le REMP pour Readers’ Engagement and Monetization Platform partie marketing, partie module d’abonnement, REMP permet aux éditeurs de sonder et tester leur lectorat pour savoir ce pour quoi les lecteurs sont prêts à payer.

Les outils sont en mode open source et offerts gratuitement. Dennik N a plus de 27 000 abonnés et 75% de ses revenus proviennent de l’utilisation de REMP.

Mammouth numérique se promet d’essayer à la première occasion.

Le Digital News Innovation Fund

également appelé DNIet partiellement créé à l’origine par un autre programme, de Google cette fois; le Google News Initiative, le DNI supporte la mise au point de concepts technologiques susceptibles de contribuer au maintien d’un journalisme de qualité. Plusieurs des projets ont vu le jour et au moins un que nous verrons plus tard s’annonce comme un outil de financement crédible pour les journalistes et les auteurs.