Un livre blanc sur les bibliothèques de demain en France

Signalé à nouveau par le Labo de l’édition de Paris, ce livre blanc intitulé « La bibliothèque de demain » explore précisément de quoi pourrait être fait l’avenir de l’institution. Le document présente notamment la bibliothèque de l’avenir comme un lieu intégré socialement offrant une multitude de services incluant le raccrochage à l’école, la formation, etc. Tout ça grâce à des bibliothécaires ultra-performants capables d’agir sur différents fronts en même temps. Ce qui en met beaucoup sur leurs épaules.

Née au sein de l’Université des Sciences et Technologies de Lille, Archimed, la firme qui a produit le livre, est une société technologique qui offre des services multimédias aux bibliothèques et musées.

L’édition en mode crypto-monnaie un an plus tard

À l’automne 2019 nous avions couvert l’émergence des plateformes d’édition en mode cryptomonnaie. Où en sommes-nous un an plus tard?

Revue H, la première revue littéraire francophone appuyée sur les crypto-monnaies, continue courageusement son chemin, mais ses interrelations avec ses publics se déroulent sur le web.

Steemit, la plateforme d’édition sur laquelle Revue H s’est appuyé à l’origine semble avoir été adoptée par les asiatiques qui y créent l’essentiel du contenu en chinois et coréen notamment.

Publish Ox est devenu une sorte de méga plateforme d’évangélisation à propos des crypto-monnaies.

Minds est un repaire de Trumpistes et complotistes en tous genres, une sorte d’infection numérique que seuls les amateurs du genre peuvent fréquenter.

Le navigateur Brave offre un programme de récompense pour les créateurs, récompenses bien sûr également en cryptomonnaie. Le problème est que non seulement le système est extraordinairement complexe, mais qu’un auteur doit au départ dépenser de l’argent pour acquérir la série de « portefeuilles » ou logiciels financiers qui permettent de recueillir les récompenses et d’en faire les transferts en argent véritable.

Notable également le fait qu’ouvrir un compte sur une de ces plateformes y laisse une trace permanente. Un compte une fois ouvert ne peut être effacé. Bref; pour le moment, et peut-être pour toujours; l’édition en mode crypto-monnaie est une bonne idée de départ qui vit mal avec le passage du temps.

Nouvel outil d’exploration des publications académiques

Created with GIMP

Fondée en 1967, OCLC est une coopérative qui réunit des bibliothécaires et chercheurs de plus de 100 pays dans le but d’améliorer l’accès aux livres et notamment aux publications académiques grâce à la technologie.

L’OCLC a récemment consolidé son outil numérique principal WorldCat.org, le plus large catalogue de données de bibliothèques au monde et son complément WorldCat Discovery un engin de recherche performant qui permet de fouiller parmi les innombrables données que contient World Cat.

FutureBook commence bientôt

FutureBook, aussi connu sous le vocable  The Bookseller FutureBook Conference se tient cette année du 16 au 20 novembre. La série d’ateliers et de conférences, COVID oblige, est entièrement virtuelle. 

Il y a les thèmes du jour. Par exemple :

(Don’t) publish like a white man (dans la foulée de Black Lives Matter)

ou State of the (audio) nation

ou encore: What’s up : audio sales and the growth in listening

Les habituels trucs marketing :

Attention grab : capturing new readers

Mais aussi des ateliers sur les orientations stratégiques à prendre face au contexte prévalent :

Bookselling in the Time of Covid: how online buying patterns changed for print, ebooks and audiobooks

Ou encore :

Tune up: building a competitive landscape with audio

La dernière des cinq journées est consacrée à l’innovation. 

Le coût est de 205 livres/ 225 euros / 350 dollars canadiens.

Le virtuel a au moins l’avantage non négligeable d’éviter les frais d’avion et d’hébergement.

Twitter et la littérature

Il y a la twictée (contraction de Twitter et dictée)

https://www.twictee.org/

Le twaïku

La twittérature

https://twiterrature.blogspot.com/2013/05/le-tweet-une-forme-litteraire-par-nelly.html

Twitter et la littérature font bon ménage depuis plusieurs années, en anglais comme en français.

Twitter cependant c’est aussi la caisse de résonnance de dizaines, sinon de centaines de magazines et de webzines de littérature, notamment en poésie. Le gros du contingent hélas est en anglais, mais en parler c’est déjà stimuler un peu.

Voici quelques exemples de fils Twitter littéraires :

The Poetry Question @poetryquestion

Sequestrum @SequestrumLit

Dark Marrow @dark_marrow

Poetry Daily @Poetry_Daily

Ink Sweat & Tears @InkSweatTears

The Rialto @RialtoPoetry

Magma Poetry @magmapoetry

Carcanet Press @Carcanet

Verve Poetry Press @VervePoetryPres

Nine Arches Press @NineArchesPress

lyrikline.org @lyrikline

Poetry Foundation @PoetryFound

Crucial : La Foire de Francfort publie une étude – gratuite – sur l’intelligence artificielle et l’édition!

La célébrissime Foire, en mode COVID, met à disposition des éditeurs des études (« White Papers ») gratuites. La dernière, produite par la firme de gestion Gould Finch s’intitule : The Future Impact of Artificial Intelligence on the Publishing Industry

Si vous croyez que le numérique a modifié/transformé/bouleversé votre travail d’éditeur ou d’auteur, nous ne saurions trop vous recommander de jeter un œil sur l’étude, et sur toutes celles qui sortent gratuitement. L’Intelligence artificielle (IA) promet de bien plus grands bouleversements.

Avec 27 ans de recul et après avoir participé ou assisté nous-mêmes à des tonnes de célébrations quasi mystiques à propos des effets bénéfiques extraordinaires pour les entreprises de telle ou telle technologie, permettez-nous de prendre le contrepied des propos de Gould Finch et de vous expliquer pourquoi éditeurs et auteurs doivent se méfier de l’Intelligence artificielle (IA).

D’abord parce que l’IA risque d’accentuer le clivage économique entre les grandes maisons d’édition et les petites et moyennes boites. Pour une maison de 5 ou 6 personnes, même la gratuité des réseaux sociaux sur le plan promotion représente un coût financier puisqu’il faut y dédier le temps de quelqu’un. L’IA? La majorité des maisons n’ont pas les moyens d’internaliser l’expertise nécessaire pour la manipuler et encore moins pour faire appel à des services extérieurs.

Corollaire à l’argument, les GAFAs, qui n’ont pas de problèmes financiers, vont en profiter pour accroitre leur contrôle sur la diffusion, la commercialisation, mais éventuellement aussi la création de livres.

L’un des problèmes les plus toxiques créés par les algorithmes des Google, Facebook et compagnie est de « proposer » aux utilisateurs des contenus en fonction des préférences que l’algorithme leur suppose, créant de facto une ségrégation parmi les contenus disponibles et pertinents.

Cette ségrégation, culturelle  ici, va s’accentuer, nuire à la visibilité des œuvres,  nuire à l’universalité de l’accès et favoriser indûment les «best-sellers » au détriment d’autres livres.

Avec ses formules « d’aide à l’écriture », proposant des structures narratives « à succès » l’IA risque d’uniformiser la création et en fait, de l’étouffer à petit feu.

Corollaire nauséabond, l’IA va en même temps « industrialiser » le travail d’auteur. Elle ne va pas le remplacer, mais va le forcer à se conformer à un système de production à la chaine.

Voilà donc autant de bonnes raisons non pas de fuir l’Intelligence artificielle, mais au contraire de s’y intéresser de très près afin de prévenir les dégâts parce que cette fois-ci, les gens de l’édition n’auront pas le temps de guérir avant de disparaitre ou de devenir invisible dans la conformité.

Facebook et Google contre… nous

Par Victor Hugo

Les nouvelles ont fait le tour de la planète : l’Australie est ciblée à la fois par Facebook qui menace d’empêcher là-bas le partage des nouvelles des médias et par Google qui demande à ses Youtubeurs de faire pression sur le gouvernement en place et qui prétend que la sécurité des données des internautes, serait menacée.

Dans ce dernier cas, Google qui commercialise les données privées des internautes et qui a été accusé moult fois, avec sérieux, de lire les courriels de ses utilisateurs, ne manque pas de culot. Dans un cas comme dans l’autre, ces deux éminents membres des GAFAs refusent que l’on touche à leurs privilèges d’entreprises supranationales au-dessus des lois des États. Ils s’en prennent à l’Australie comme à n’importe quel autre État.

Si un effort doit être fait afin de mettre les GAFAs au pas, ce doit être maintenant. Google et Facebook ont lourdement  investi dans les recherches en intelligence artificielle (IA), laquelle commence déjà à être utilisée à toutes les sauces dans nos sociétés. Les deux titans technologiques ont notamment investi dans le fameux projet MILA de l’Université de Montréal sur l’IA. Facebook y a mis 7 millions de dollars canadiens (4,52 millions d’euros) en 2017 et Google 4,5 millions de dollars (2,91 millions d’euros) en 2016.

L’intelligence artificielle contrôlée par les GAFAs constitue éventuellement une menace bien plus grande à nos démocraties et à nos cultures que le contrôle économique de la concurrence et des produits, la désinformation systématique et l’impunité face à l’impôt et aux lois des États.

Notre indolence face au numérique a laissé les GAFAs devenir un monstre. Il ne pourra pas être stoppé une fois en contrôle de l’IA.

Rapport sur l’état de la culture numérique au niveau mondial

IFACCA

Le Laboratoire de l’édition de Paris se rappelle à notre souvenir en signalant la sortie récente d’un rapport de l’IFACCA (International Federation of Arts Councils and Culture Agencies) sur l’état général de la culture numérique au niveau international et comment la supporter.

L’IFACCA explique sa démarche. Rédigé par Octavio Kulesz, éditeur numérique de textes académiques en Argentine, le rapport n’apprendra rien à ceux qui sont familiers avec le domaine SAUF sur un point essentiel. L’auteur a pris au sérieux le volet « mondial » et nous présente donc la perspective de la culture numérique à partir d’exemples venus du Brésil, de la Colombie, de la Chine, de l’Afrique du Sud, etc. Une rareté rafraichissante qui élargit notre champ de vision.