La progression du livre audio aux États-Unis

Audiobook

Signalé en 2017 par l’excellent Lettres Numériques, un rapport de l’Audio Publishers Association sur la bonne marche des ventes de livresaudio soulignait quelques éléments-clés :

– Les ventes de 2016 ayant augmenté de 18,6% vs celles de 2015, il s’agissait de la troisième année consécutive où l’augmentation des ventes se situait près de 20%.

– Le nombre d’auditeurs progressait lui de 22% par rapport à l’année précédente pour atteindre 67 millions de personnes; un marché considérable totalement orienté vers la fiction (mystère, suspenses, science-fiction, fantasy).

L’an dernier, Publishing Perspectives analysait les chiffres sortis pour 2018. Les ventes avaient alors augmenté dans une proportion de 27,3%, rejoignant la moitié de la population américaine à partir de 12 ans et plus. Les catégories de livres vendus se situaient encore une fois dans les mêmes catégories de fiction.

Les ventes de 2019 seront probablement analysées lors de la conférence annuelle de l’Association fin mai 2020.

Ça va être à suivre!

Conférence Unesco sur l’édition et l’intelligence artificielle!

Unesco

Le 23 avril prochain à Paris, dans le cadre de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, l’UNESCO organise une conférence sur les liens et les impacts entre l’intelligence artificielle et le monde de l’édition. Le programme peut être trouvé ici : https://tinyurl.com/tbmacaw

 C’est franchement une idée aussi originale qu’utile et qui souhaitons-le, ne souffrira pas d’annulation causée par le coronavirus.

Un roman policier transmédia

Malfosse

Récemment l’excellent webzine Lettres Numériques signalait le lancement de Malfosse Piloté par Damien Maric, le projet, gigantesque, a demandé trois ans d’efforts de plus d’une centaine de collaborateurs différents incluant plusieurs auteurs de romans policiers.

Malfosse inclut notamment le site web, une série audio de 13 épisodes, une application, un documentaire, un roman papier et enfin; un jeu.

Musetouch : un webzine d’art qui renait

Musetouch 2

Musetouch, qui publiait à la fin de l’année dernière un 30e numéro titanesque de 1662 pages, est un webzine extrêmement élégant consacré à la peinture, la sculpture, la photographie et l’illustration modernes. Il s’agit également de l’un des tout premiers webzines puisque ses débuts remontent à une dizaine d’années. Son éditrice, Maia Sylba nous récemment accordé une entrevue que l’on retrouvera bientôt dans Mammouth numérique.

Et en attendant d’en découvrir les secrets de publication, le webzine, qui se distingue par le choix remarquable des artistes publiés et l’élégance de la mise en page, vaut la peine d’être exploré. L’art est probablement à l’heure actuelle le milieu qui expérimente le plus avec le webzine et les formats numériques de publication.

Un hackathon pour les auteurs Français

Hackathon

Les 13 et 14 mars derniers, le Laboratoire de l’édition de Paris organisait un hackathon tout à fait spécial, destiné à renforcer la protection dont profitent (ou ne profitent pas) les auteurs/trices.

Le terme « Hackathon » est peut-être utilisé hors contexte ici, le terme « brainstorm » s’appliquerait sans doute mieux, mais reste que le concept est on ne peut plus pertinent : «…renforcer la protection des auteurs et autrices du livre et de l’audiovisuel, en travaillant directement avec eux pour trouver des pistes, sécuriser leurs trajectoires professionnelles et défendre leur statut social.»

 Outre le Labo, les coorganisateurs regroupaient bien du monde : les Jeunes Universitaires Spécialisés en Propriété Intellectuelle (JUSPI), l’Institut des Sciences Sociales du Travail de l’Ouest (ISSTO), la Guilde française des scénaristes, la Ligue des auteurs professionnels, la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse et les États-Généraux de la BD

Vivement les résultats!

La pauvreté et le livre

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Théophile Alexandre Steinlen Poor People (Les pauvres gens), 1914, NGA_10520.jpg / Source: Wikimedia Commons

Littérature Hub publiait récemment un billet de l’autrice Alison Stine sur le fait que les coûts de participation élevés constituent une barrière à l’entrée de beaucoup d’écrivains à la conférence annuelle de l’Association of Writing Programs la plus importante conférence littéraire en Amérique du Nord.

La pauvreté des auteurs est souvent soulignée, mais la pauvreté en général est souvent oubliée lorsqu’il est question des facteurs susceptibles d’influencer ou d’entraver les progrès du livre. Les métadonnées, la chaine de blocs, les cryptomonnaies ou les formats numériques du livre sont des sujets qui apparaissent immédiatement sur le radar.

Mais la pauvreté se fond dans le paysage social, elle n’a rien de glamour et n’éveille aucun intérêt technologique. Et pourtant : une enquête nationale sur les ménages au Canada nous apprenait en 2011 que : Des 478 quartiers à faible revenu au Canada, 35,8 % sont à Montréal (comparativement à 15,7 % à Toronto et 7,1 % à Vancouver). 36% des ménages montréalais sont pauvres. Avec de pareils résultats, inutile de préciser que Montréal est de loin la ville la plus misérable du Canada et probablement de l’Amérique du Nord.

La pauvreté est bien moindre à Paris, mais elle touche néanmoins pas mal de monde. Près de 40% dans certains arrondissements. 14,7 des habitants de l’Île-de-France vivent sousle seuil de la pauvreté. Il n’y a probablement aucun facteur qui influence autant l’économie du livre que la pauvreté.

S’il lui faut soustraire au départ 15% ou même 30% de son lectorat potentiel, avant même d’enlever ceux qui ont de la difficulté à lire, ceux qui préfèrent lire en anglais, ceux qui préfèrent lire strictement des magazines ou des trucs techniques, avant même d’évaluer les effets de la compétition des autres pays, etc., un secteur éditorial national va avoir toutes les difficultés du monde à simplement surnager.

Autant de gens qui ne peuvent simplement pas acheter de livres c’est un très lourd handicap.

Actualités : le virus

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Les acteurs Wallace Reid et Bebe Daniels dans le film Sick Abed, 1920. Par Brewster Publications – https://archive.org/stream/motionpicturecla1920broo#page/n495/mode/2up, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=43777079

Biologique de son état, le coronavirus ne prétend même pas être un algorithme, mais voilà, ces jours-ci il grippe quand même sérieusement les rouages de l’édition et on nous pardonnera les jeux de mots faciles. Le virus impie a eu raison jusqu’ici des salons du livre de Paris , de Londres, de Leipzig, décalés le Abu Dhabi International Book Fair, la Foire du livre de Bologne et sérieusement érodée l’ampleur de la conférence annuelle de lAssociation of Writing Programs aux États-Unis.

Aucune technologie n’aura réussi à embêter autant l’édition sur une aussi courte période de temps.