La micropoésie prend du volume

En gagnant des adeptes, la micropoésie devient multiforme. Le site Micropoetry offre un inventaire des différentes formules de poèmes courts (en anglais évidemment) comme le haïku, le twaiku, le senryu, etc.

Il présente les sites (nombreux) dédiés à ce type de poésie et les jeux et les compétitions qui existent. Micropoetry a surtout le mérite de bien expliquer comment évolue la micropoésie sur Twitter et en mode SMS et offre pour les nouveaux adeptes un vaste répertoire de hashtags qui leur permet de joindre leur production à celle des habitués.

Une plateforme pour observer la création littéraire en mode numérique :

Un être valeureux, Franck Queyraud, Chef de projet des Médiations numériques de la ville de Strasbourg, s’est servi du CRM Padlet pour créer une plateforme complète dédiée à ce qui touche la création littéraire numérique du moins, lorsque reliée aux bibliothèques.

On y trouve une foule de projets, classés par thèmes et par couleurs. On y découvre plusieurs analyses d’universitaires concernant la littérature numérique, mais aussi de la création, notamment en volet dit « Littératube » où l’auteur/l’autrice lit un texte soutenu par un vidéoclip

Exemple ici avec le canal YouTube de Gracia Bejjani :

Le projet est remarquable par son côté éclectique et aussi la solide recherche qui a permis de trouver et grouper les textes d’analyses.

Amazon : les auteurs en profitent ou pas?

Image : Par Moriz Jung – This file was donated to Wikimedia Commons as part of a project by the Metropolitan Museum of Art. See the Image and Data Resources Open Access Policy, CC0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=60859469

L’excellent webzine l’ActuaLitté a récemment publié un article qui s’interroge sur les profits que les auteurs qui choisissent de publier sur Amazon ou pas peuvent recevoir du géant de la vente.

Amazon prétend en effet que ses auteurs se sont partagé environ 290 millions $ US, que des milliers gagnent plus de 50 000,00 $ US grâce à leurs ventes sur Amazon et plus d’un millier de ces heureux créateurs obtiendraient annuellement plus de 100 000,00 $ US en confiant leurs récits à Amazon.

Tout ce que l’on sait d’à peu près fiable à propos des ventes de livres sur Amazon date déjà de quelques années. À l’époque où le défunt site Author Earnings avait envahi la plateforme de vente du géant américain avec ses bots pour y amasser l’information; vente de livre par vente de livres ,et en faire exécuter l’analyse par des algorithmes sophistiqués.

Qu’avons-nous appris qui s’est vérifié au fil du temps?

Que les ventes de livres numériques sur Amazon dépassaient de deux fois celles des livres papier aux USA incluant les ventes papier d’Amazon qui de toute manière surpassaient celles de tous ses concurrents réunis. Nous étions donc devant un cas où de manière un peu caricaturale, Amazon ebook vendait deux fois plus qu’Amazon papier.

Que ces ventes profitaient de la vitalité de secteurs largement sous-estimés par l’édition traditionnelle; comme les romans à l’eau de rose.

La publication des rapports de Author Earnings a l’époque (2015 à 2018) a bouleversé l’industrie du livre aux États-Unis. Notamment parce que ces rapports mettaient en lumière que la collecte des données par l’industrie traditionnelle souffrait de nombreuses faiblesses et présentait un portrait très biaisé de la réalité du marché.

S’il y a des ventes, et si elles sont massives, il y a donc, en principe, des revenus pour les auteurs. Maintenant combien d’auteurs touchent combien de recettes et dans quels marchés? Il faudrait avoir les chiffres des sommes versés par Amazon pour le savoir.

Nous aurions surtout besoin d’un nouveau Author Earnings ou plus utilement un Revenu des Auteurs qui applique ses algorithmes de collecte et d’analyse de données  au marché francophone.

La personne derrière Author Earning a depuis profité de la visibilité et du prestige engendré par ses rapports pour lancer Bookstat ; un service de cueillette et d’analyse des données pour les besoins des grandes maisons d’édition.

Ça vaut la peine de jeter un œil sur la page d’accueil où Bookstat montre en quoi il se distingue des sociétés traditionnelles spécialisées dans la collecte et l’analyse des données de ventes des éditeurs, par exemple nommément Nielsen.

Les DRM et les livres, pour en avoir le coeur net :

Image : By Walter H. Pollok, F.C. Grove, Camille Prevost, E.B. Michell, Walter Armstrong – Книга « Fencing, Boxing & Wrestling », 1890, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=63440604
 

Un rapport paraît en janvier sur un sujet qui continue de diviser : l’usage des DRM ou droits digitaux. Ils sont utiles ou nuisibles les DRM à la fin?

The American Library Association a confié à Mirela Roncevic consultante, et éditrice du webzine sur l’édition numérique  « No Shelf Required » le soin de produire un rapport qui fasse le tour de la question des DRM en étudiant la question du point de vue des différents intervenants : les éditeurs, mais aussi les auteurs, les usagers, les bibliothèques, etc.

Les avantages et les inconvénients sont soupesés et es solutions alternatives présentées. 

Le rapport est disponible ici au coût de 43,00 $ US :

Histoire interactive en différents formats

Signalé par l’excellent webzine Lettres Numériques, une nouvelle histoire interactive se déploie en différentes versions dont l’une théâtrale pour raconter les aléas du quotidien où la répétition rend l’imprévisible, comme un accident, encore plus dramatique.

Acqua Alta est une production du duo Adrien M et Claire B deux artistes férus de technologie. La partie édition de leur œuvre Aqua Alta consiste en un livre papier dont les pages s’ouvrent en mode pop-up. En utilisant une tablette ou un téléphone intelligent, le papier devient le décor d’un spectacle narratif en réalité virtuelle.

Le troisième volet du dispositif consiste d’ailleurs en un casque de réalité virtuelle qui permet de vivre l’une des scènes de l’histoire de manière immersive.

Le retour du feuilleton grâce au numérique?

Le webzine We Demain a récemment produit une analyse sur le phénomène de la microlittérature que les adeptes dévorent à coup de cinq minutes par-ci par-là sur leur téléphone cellulaire.

Wattpad est évidemment le modèle pris en exemple par l’article puisque la plateforme compte des millions d’usagés et des dizaines de milliers de textes qui sont souvent le produit de l’univers de la fan fiction.

L‘article cite également un émule français de Wattpad : Pitch Series. Bref, des histoires racontées par épisodes, chaque épisode comprenant peu de pages. Le modèle n’est pas nouveau, car les journaux Français de la fin du XIXe et du début du XXe siècle ont beaucoup utilisé le feuilleton avec lequel l’écrivain Gaston Leroux, auteur du «Fantôme de l’opéra » gagnait sa vie.

Le modèle du feuilleton offre de l’intérêt, car il se plie à des conditions de lecture aléatoire; dans le métro, dans l’autobus, en attendant quelqu’un, etc. Wattpad a la masse de contenu pour exploiter le genre et a déjà formé sa propre maison d’édition pour exploiter des versions papier des produits que les usagers préfèrent.

Mais ce n’est pas tant le format qu’il faut considérer que sa commercialisation. Est-ce que les prix et les conditions de vente conviennent? Est-ce que les acheteurs sont au rendez-vous?

Faudrait avoir les chiffres de Wattpad pour le savoir…

Poésie algorithmique

La poésie interactive retient notre attention en janvier par son originalité. À Austin il y a le projet « Every Thing Every Time » de l’artiste Naho Matsuda, dont le travail remarquable a tété signalé par plusieurs médias dont l’une de nos ressources favorites : EnGadget

« Every Thing Every Time » utilise les données générées par les citoyens d’une ville pour créer de la micropoésie à l’aide d’un algorithme à la mesure d’un poème à la minute soit 1440 micropoèmes par jour, par endroit. Les données proviennent de sources publiques (API) et varient : le niveau d’humidité, le taux d’ensoleillement, l’horaire d’un resto, etc. Un cinquième des données sort directement de l’imagination de l’artiste et réfère à des étapes variées de la vie d’une personne.

L’artiste crée ainsi une véritable poésie algorithmique qui met en scène le quotidien d’un endroit. Les poèmes sont présentés sur des tableaux électroniques comme on en trouve dans les gares, les stations de métro, etc.

Ce court vidéo résume « l’œuvre » de l’artiste.